Envoyer à un ami Imprimer la page Générer la page en PDF Partager sur Facebook Partager sur Twitter

Troubles alimentaires

Goutte et alimentation : que faut-il éviter ?

L'acide urique est une substance provenant, entre autres, de la dégradation des noyaux des cellules contenues dans les aliments (en particulier des produits d'origine animale). Il est éliminé par les reins. Lorsque cette substance se trouve en trop grande quantité dans le sang, elle se dépose sous forme de cristaux dans une articulation et entraîne une inflammation : c'est la crise de goutte. Cette maladie est beaucoup plus fréquente chez les hommes. Chez les femmes, elle ne s'observe qu'après la ménopause et reste rare.

Quels sont les symptômes de la goutte ?

Typiquement, la personne atteinte de goutte est réveillée au milieu de la nuit par une douleur soudaine au gros orteil (mais il arrive que d'autres articulations soient touchées : doigt, coude, genou, cheville). L'articulation est chaude, rouge, enflée et extrêmement douloureuse. La crise s'arrête normalement au bout de quelques jours : l'orteil démange et pèle.

Après une crise, il est probable qu'une nouvelle crise survienne des mois ou des années plus tard. Si le taux sanguin d'acide urique reste élevé, celui-ci peut continuer à se déposer dans les articulations (sans provoquer de symptômes) et les déformer progressivement : c'est la goutte chronique.

Comment diagnostique-t-on la goutte ?

Un excès d'acide urique dans le sang est souvent découvert au cours d'un examen de routine pour un dépistage ou une surveillance systématique. Lors d'une crise, l'atteinte typique des orteils et l'intensité de la douleur suffisent à diagnostiquer la maladie dans la plupart des cas.

Quelles sont les complications de la goutte ?

Lors de goutte chronique (également appelée arthropathie uratique ou goutteuse), les articulations peuvent être très déformées. Les chevilles et les genoux sont touchés après les orteils. Les poignets et les mains peuvent également être atteints. La douleur devient permanente. À la radiographie, des signes d'usure peuvent apparaître au niveau des articulations.

De plus, les dépôts d'acide urique peuvent se faire au niveau des reins. Pour cette raison, les personnes sujettes à la goutte doivent être surveillées régulièrement afin de dépister une éventuelle atteinte des reins.

Qu'est-ce qui provoque une crise de goutte ?

La goutte touche surtout les hommes entre 50 et 60 ans et en particulier ceux issus d'une famille de "goutteux" (qui ont tendance à fabriquer beaucoup d'acide urique, environ 1 % de la population française). Les personnes qui souffrent de goutte sont souvent sujettes aux crises de coliques néphrétiques. L'obésité et les excès alimentaires aggravent la maladie.

D'autres affections peuvent également provoquer une crise de goutte, en particulier chez les femmes après la ménopause : insuffisance rénale, hypertension artérielle, troubles de la thyroïde, psoriasis, alcoolisme, etc. Des médicaments (par exemple, certains diurétiques) peuvent entraîner un taux élevé d'acide urique et nécessitent une surveillance régulière.

Peut-on prévenir les crises de goutte ?

Chez les personnes qui ont un taux élevé d'acide urique, il est possible de minimiser les risques de crise de goutte.

  • Évitez l'alcool. Il favorise la formation d'acide urique. Les crises de goutte font souvent suite à des repas bien arrosés.
  • Buvez au moins un litre et demi d'eau par jour pour éliminer l'acide urique. Une eau de pH basique (eau de Vichy, par exemple) est recommandée.
  • N'abusez pas de certains aliments susceptibles d'élever le taux d'acide urique : la charcuterie, les abats, les sauces, les poissons gras, les fruits de mer, les viandes et volailles, le gibier et certains légumes comme les champignons, les épinards, le chou-fleur, les asperges, l'oseille ou les lentilles.

Quels sont les traitements de la goutte ?

Les traitements de la goutte visent à soulager les symptômes des crises et, si nécessaire, à prévenir les récidives.

Les médicaments pour soulager la crise

Une crise de goutte est traitée par la colchicine ou des médicaments anti-inflammatoires (AINS ou, éventuellement, corticoïdes). Parfois, les deux familles de médicaments sont associées.

Les médicaments qui préviennent les récidives

Après la crise, le taux élevé d'acide urique est combattu par un régime alimentaire adapté (voir ci-dessous) et, éventuellement, par des médicaments favorisant son élimination par les reins (probénécide) ou freinant sa fabrication par l'organisme (allopurinol). Ce type de traitement vise à prévenir les récidives. Il doit être pris toute la vie et il est plutôt prescrit aux personnes qui présentent au moins deux crises de goutte par an, ou qui souffrent également de calculs urinaires, ou qui présentent des nodules d'acide urique au niveau des articulations (tophus). Ces médicaments préventifs agissent au bout de plusieurs mois et il n'est pas rare qu'une crise de goutte survienne pendant les premiers six mois de traitement.

Quels sont les aliments déconseillés en cas de goutte ?

Les personnes sujettes aux crises de goutte devraient s'abstenir de consommer les aliments suivants en grande quantité ou trop souvent : abats, gibier, charcuterie, oie, canard, anchois, sardine, saumon, hareng, truite, coquillages et crustacés, champignons, épinards, chou-fleur, asperge, oseille et lentilles. Ces aliments sont riches en substances qui sont dégradées en acide urique par le corps.

De plus, il est conseillé aux personnes goutteuses de ne pas abuser de l'alcool et de manger moins de 150 g de viande par jour. Les personnes qui souffrent d'obésité ont tendance à être plus sujettes aux crises de goutte et il leur est conseillé de prendre des mesures pour perdre du poids.