L’alimentation émotionnelle est sur les lèvres de bien des experts de la nutrition, et s’invite sur les couvertures des magazines. Mais de quoi parle-t-on vraiment, lorsque l’on évoque ce phénomène a priori moins physiologique que la « faim » ?

Maux de santé : Grignoter sans avoir vraiment faim

Une mauvaise nouvelle, un coup de stress, une tristesse passagère, un peu d’ennui… Certaines situations peuvent provoquer une envie de manger. L’aliment devient alors un réconfort, et peut aider à réguler l’humeur. Ce « réflexe » reste toutefois doté d’une connotation négative et il n’est pas rare de se sentir coupable lorsqu’on y est confronté.

 

Explications…

La saviez-vous ?

Les envies de manger émotionnelles ont toute leur place dans un rapport sain à l’alimentation. Après un « écart » alimentaire, le corps rééquilibre naturellement l’appétit durant le reste de la journée. Ainsi, la plupart du temps, la sensation de faim physiologique sera moins importante au repas suivant, ou le lendemain.

Faim ou envie de manger ?

Pour être exact, il n’existe qu’une seule faim. Faim et la satiété sont les deux sensations qui permettent au corps de se maintenir à son poids d’équilibre en nous informant sur la quantité de calories dont nous avons besoin. Le reste, ce ne sont pas des faims mais des envies de manger. 

L’alimentation émotionnelle, ou la nécessité de calmer une émotion avec de la nourriture

De multiples facteurs peuvent faire varier l’humeur d’une personne, notamment :

 

  • L’état de santé : une douleur, un rhume, une grosse fatigue…
  • Les pensées : parfois optimistes, parfois négatives ou pessimistes…
  • Les données extérieures : une mauvaise nouvelle, une dispute, une remarque désagréable…
  • Le stress et l’anxiété, passagers ou chroniques.

 

Et lorsque l’humeur flanche, la recherche de réconfort est une démarche saine et plutôt positive. C’est une manière de s’auto-guérir d’une contrariété ou d’une petite baisse de moral.

 

Chacun peut puiser du réconfort dans diverses activités, ou dans un rituel apaisant. Manger ses biscuits préférés ou une viennoiserie, c’est consommer un aliment qui procure une sensation de douceur

Les envies de manger : mieux les comprendre pour mieux les accepter

En cas d’envie de manger, le corps envoie un signal très précis : il souhaite un aliment pour le réconforter, et réguler une humeur négative. Remplacer la tablette de chocolat par une pomme, bien que judicieux sur un plan nutritionnel, ne permet pas d’apaiser ses émotions, et peut entraîner par la suite des comportements compulsifs.

En effet, si, vous vous dites que ce n’est pas raisonnable de manger de la glace, qu’elle va vous faire grossir, alors la glace devient stressante, même si vous avez éprouvez du plaisir en la mangeant. Ce climat de méfiance/suspicion, empêche l’aliment d’exercer son effet régulateur et va même dégrader votre humeur.

 

Pour résumer, ces envies de manger constituent un processus physiologique complètement naturel qui nous permet de réguler nos émotions par la nourriture.  Il nous donne la possibilité d’agir sur nos émotions, qu’elles soient positives ou négatives, en les modifiant dans leur durée ou dans leur intensité. Formulé autrement, on peut dire qu’il est tout aussi normal de manger quand on a faim, que de manger sous le coup des émotions. 

Les bons réflexes quand l’envie de manger émotionnelle apparaît

Primo : ne vous blâmez pas. Il peut vous être utile de veiller à :

 

  • l’accepter en pleine conscience ;
  • vous offrir exactement l’aliment qui fait envie ;
  • le savourer pleinement, en étant attentif à vos sensations de plaisir ;
  • une fois l’envie apaisée, ne pas culpabiliser.

 

Petit à petit, donc, il est important de se fabriquer une bulle de tranquillité au moment du repas, et c’est la succession d’expériences positives qui va permettre d’installer un état de sécurité stable et profond

 

En dehors de ces envies de manger émotionnelles, il est également important de savoir repérer ses sensations de faim physiologique et de satiété, afin de répondre de façon adaptée aux besoins de son organisme.

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