Quel équilibre trouver entre contrôle parental et liberté de navigation sur internet ? Comment accompagner nos enfants dans un usage responsable des réseaux sociaux ?

Ces questions on ne peut plus d’actualité ont été abordées le 9 février dernier, à l’occasion de la 18e édition du Safer Internet Day (SID). Cette année, la journée mondiale pour un internet plus sûr plaçait l’impact de la crise sanitaire sur les usages numériques des jeunes au cœur des discussions.

 

Internet Sans Crainte, Association AXA Prévention, Gendarmerie nationale, experts universitaires, Net Ecoute, Point de Contact : les acteurs de la prévention des risques numériques ont partagé les bonnes pratiques à adopter par les parents et enfants à l’occasion d’une conférence en ligne.

Plus de temps sur Internet et les réseaux sociaux

Selon une enquête, les enfants ont passé en moyenne 7h16 par jour devant les écrans en 2020 [1]. Une consommation en forte hausse, en lien direct avec la crise sanitaire qui a assigné à résidence les foyers français une bonne partie de l’année.

 

D’autre part, après avoir séduit les ados, les réseaux sociaux ont gagné le cœur des plus jeunes, dont vos enfants font peut-être partie. Et avec l’acquisition du premier portable autour de l’âge de 10 ans, c’est désormais dès le CM2 qu’ils côtoient ces modes de communication [2] : Snapchat, Youtube puis Instagram pour les ados ; Youtube, Snapchat puis WhatsApp et TikTok avant 13 ans [3].

 

Parfois peu habitués à ces réseaux, les parents se retrouvent désemparés, privés de visibilité sur les activités numériques de leurs enfants. Ne vous blâmez pas : ce sentiment illustre l’intérêt que vous portez à leur sécurité numérique.

Les risques liés à Internet

La mise en place d’un contrôle parental sur les supports de connexion (téléphone, tablette, ordinateur et téléviseur) permet, si ce n’est d’annuler ces risques, d’en réduire le spectre. Car vous le savez, un usage non averti d’Internet peut être synonyme de danger : troubles de l’attention, exposition à du contenu violent ou à caractère sexuel, cyberharcèlement…

 

Ce dernier a augmenté de plus de 30% depuis le début de la crise sanitaire avec l’augmentation des jeunes connectés aux réseaux sociaux : commentaires désobligeants, partage de photos sans consentement, critiques sur l’orientation sexuelle, hypersexualisation… La violence, bien que véhiculée par des actions virtuelles, est bien réelle pour les victimes.

 

Mais le cyberharcèlement revêt d’autres formes dont les adultes n’ont pas toujours connaissance :

 

  • Comptes « Ficha » : collecte et diffusion de contenu indésirable sur les réseaux sociaux par un auteur anonyme ;
  • Revenge porn : diffusion de contenu préjudiciable échangé à l’origine dans le cadre d’une relation amoureuse ;
  • Chantage à la webcam : demande d’argent contre menace de publication de contenu enregistré lors d’un échange privé [4].

3 chiffres clés sur le cyberharcèlement

  • Entre 10 et 15 % des enfants sont victimes de cyberharcèlement [5].
  • Un parent sur deux se déclare inquiet de l’activité de son enfant lorsqu’il est seul sur Internet [5b].
  • 38 % des enfants entre 9 et 11 ans déclarent avoir déjà eu peur sur internet [6].

L’importance de la sensibilisation

Les experts s’accordent à dire que sensibiliser les enfants par le dialogue est la clé d’une bonne utilisation du Web. Contrôle parental et du temps de connexion peuvent être utiles mais, nous le disions, ils sont vraiment efficaces en complément d’autres outils d’aide aux parents.

 

C’est le cas du « Permis Internet », dispositif lancé par les forces de l’ordre en partenariat avec AXA Prévention, qui a déjà sensibilisé 2,4 millions d’enfants [7]. Il utilise l’analogie avec la rue pour délivrer cinq conseils majeurs :

 

  • Respect : respecter les autres sur les réseaux sociaux comme on le fait dans la rue
  • Mauvaises rencontres : ne pas répondre à des inconnus sur Internet, comme dans la rue
  • Cyberharcèlement : en parler tout de suite à ses parents ou un adulte de confiance,
  • Esprit critique : même sur Internet, personne ne peut nous imposer ses idées ; tout ce qui est sur Internet n’est pas véridique
  • Troubles de l’attention : utiliser le Web et les réseaux est une activité à part entière qui ne doit pas occuper tout notre temps [7].

 

L’application FamiNum accompagne également les parents afin d’établir en famille les bonnes pratiques numériques et propose une soixantaine de conseils. A l’origine de cette initiative, l’association Tralalere met aussi à disposition des familles 35 ressources pour apprendre de manière ludique à utiliser Internet ;

 

  • Préserver sa vie privée : utiliser un pseudo, choisir ses contacts, désactiver la géolocalisation ;
  • Se protéger du cyberharcèlement : avoir un compte privé, réfléchir avant de publier une photo, filtrer les commentaires ;
  • Bien gérer sa vie numérique : désactiver son statut « en ligne », consulter son temps d’utilisation, couper les notifications [8].

 

L’édition 2021 du Safer Internet Day a également été marquée par le lancement de l’initiative gouvernementale « Je protège mon enfant » qui vise à lutter contre l’exposition des mineurs à la pornographie sur Internet. N’hésitez pas à consulter la plateforme dédiée.

Cadre légal et signalement, en faveur de la prévention

Depuis 2014, le cyberharcèlement est défini par la loi et constitue une circonstance aggravante lors d’un cas de harcèlement « classique ». En 2020, 1 723 mineurs ont été mis en cause dans des procédures pénales traitées par les services de gendarmerie [9].

 

Il est donc crucial de rappeler aux enfants que la loi régit aussi la vie sur Internet, et les bons réflexes à adopter s’ils sont victimes ou témoins de cyberharcèlement :

 

  • Alerter le plus vite possible ses parents, un adulte de confiance ou une plateforme dédiée telle que Net Ecoute : 0800 200 000 – Non au harcèlement : 3020 ou encore Point de Contact ;
  • Ne pas payer en cas de chantage ;
  • Bloquer son harceleur potentiel [10].

 

Enfin, il est important de garder en tête que son enfant peut être lui-même, sans le vouloir, acteur du cyberharcèlement, parfois à travers de simples commentaires, likes ou photos.

 

Si les écrans occupent une place grandissante dans la vie des enfants, le besoin d’accompagnement est lui aussi exponentiel pour s’assurer qu’ils seront des citoyens responsables à la ville comme sur Internet.

Retrouvez le replay de la conférence

Sources

[1] Enquête réalisée auprès de 1631 parents, conférence du SID du 08/02/2021 organisée par Internet Sans Crainte en partenariat avec AXA Prévention

[2] Chiffres AXA Prévention livrés lors de la conférence du SID du 08/02/2021

[3] Chiffres Net Ecoute livrés lors de la conférence du SID du 08/02/2021

[4] Informations Net Ecoute partagées lors de la conférence du SID du 08/02/2021

[5] & [5b] Chiffres Net Ecoute livrés lors de la conférence du SID du 08/02/2021

[6] Chiffres AXA Prévention livrés lors de la conférence du SID du 08/02/2021

[7] Site du Permis Internet

[8] Informations Internet Sans Crainte partagées lors de la conférence du SID du 08/02/2021

[9] Informations et chiffres Gendarmerie nationale partagées lors de la conférence du SID du 08/02/2021

[10] Informations Net Ecoute partagées lors de la conférence du SID du 08/02/2021

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