La noyade est le danger majeur des baignades. On peut également être victime de la faune aquatique, de parasites et d'autres agents infectieux, en particulier dans les pays tropicaux et en eau douce. Renseignez-vous avant de vous baigner et soyez prudent.

La noyade

La noyade reste une cause importante de mortalité chez les voyageurs. N'oubliez pas que quelques dizaines de centimètres de profondeur suffisent à un enfant (ou à une personne inconsciente) pour se noyer.

Renseignez-vous auprès des autorités locales ou des autochtones sur les plages à éviter. Respectez les interdits et les consignes : zones de baignade, pratique du surf, existence de courants dangereux, présence de requins ou de méduses, etc. En règle générale, méfiez-vous des plages non fréquentées. Dans les pays en voie de développement, les plages publiques ne sont généralement pas surveillées et les moyens de secours inexistants.

Ne vous baignez jamais seul. Ne présumez pas de vos forces et ne vous éloignez pas trop du bord de la plage, en particulier si l'eau est froide. Prenez garde aux courants, ils sont souvent en cause dans les noyades. Si vous êtes pris dans un courant et que vous n'arrivez pas à en sortir, ne vous épuisez pas à lutter contre. Laissez-vous porter en nageant vers une rive, même si elle est éloignée de votre point de départ.

Informez-vous sur la présence de ressacs ou de barres qui, une fois franchis, interdisent le retour. Si vous êtes en difficulté, essayez de ne pas paniquer. N'agitez les bras que si vous êtes sûr que quelqu'un a une chance de vous voir. Nagez sans précipitation ou faites la planche sur le dos en battant des pieds, le temps que les secours arrivent. Les mouvements frénétiques épuisent rapidement et un corps détendu flotte mieux qu'un corps raidi. Obligez-vous à vous relaxer et à respirer profondément et lentement.

L'hydrocution est un malaise dû à un choc thermique. Elle survient lorsque la différence de température entre l'eau et le corps est trop importante. Ainsi, une entrée trop rapide dans une eau froide peut provoquer une perte de connaissance à l'origine d'une noyade. Entrez progressivement dans l'eau, surtout s'il fait chaud. Mouillez-vous le visage et le cou. Évitez les baignades après un repas trop copieux ou arrosé. Au moindre malaise, frisson ou en cas de crampe, sortez de l'eau !

Les animaux dangereux

Renseignez-vous sur les dangers de la faune et de la flore aquatiques auprès des autorités locales. Soyez vigilant, ouvrez l'oeil et ne prenez pas de risque. Portez des chaussures en plastique pour aller dans l'eau, surtout dans les lagons, vous éviterez ainsi les blessures et les piqûres de nombreux animaux venimeux.

Le risque d'attaque par les requins est faible mais réel dans certaines régions (île de la Réunion, Australie, etc.). Le baigneur est généralement averti par des panneaux. Les requins sont attirés par le sang : si vous vous blessez en nageant, sortez de l'eau sans attendre. Attention, les surfeurs et les planchistes sont plus particulièrement exposés, les requins ayant tendance à confondre leur planche avec un gros poisson ou un phoque.

Les poissons venimeux se rencontrent dans de nombreuses mers du monde, y compris en Méditerranée (rascasse et vive). La piqûre de certains poissons, comme les poissons-pierre présents dans les eaux chaudes des lagons, notamment ceux de l'océan Indien, provoque une douleur très vive qui peut entraîner une perte de connaissance et donc un risque de noyade. Le venin provoque ensuite une destruction des chairs (nécrose) qui peuvent plus facilement s'infecter. Dans les lagons, en l'absence de sandalettes de plastique, ne posez pas les pieds sur le fond et évitez de toucher les rochers. Ces précautions valent également pour certains coquillages, les cônes par exemple.

Les morsures venimeuses des murènes, des congres ou des serpents de mer peuvent infliger des plaies graves. Ces animaux attaquent s'ils sont dérangés. Les plongeurs doivent être particulièrement vigilants.

Les coraux, les anémones de mer, les méduses et les physalies n'injectent pas de venin mais provoquent des brûlures lorsqu'on les touche. Attention, même échouées sur le sable, elles peuvent rester dangereuses ! Il existe des crèmes solaires qui protègent aussi des brûlures de méduses. Ces brûlures forment des traces rouges et filiformes sur la peau avec des cloques et laissent parfois une pigmentation sombre sur la peau après la guérison. L'application de vinaigre peut les soulager.

Les piquants d'oursins peuvent être très douloureux et doivent être retirés un par un.

En eau douce, prenez garde aux attaques de crocodiles, en particulier dans le nord de l'Australie où l'on recense régulièrement des accidents mortels. Attention également aux serpents venimeux.

Les baignades en piscine

Préférez les piscines surveillées par un maître nageur. Gardez toujours les yeux sur vos enfants. Mettez des brassards gonflables aux plus jeunes et à ceux qui ne savent pas bien nager. Interdisez aux plus grands les jeux turbulents autour de la piscine et dans l'eau.

Les piscines dont l'eau est suffisamment traitée ne comportent pas de risques infectieux ou parasitaires. Vérifiez toujours l'aspect de l'eau avant de vous baigner et évitez les piscines qui ont une coloration verte (signe de la prolifération d'algues microscopiques), des débris divers ou une eau trouble.

Les risques infectieux et parasitaires

Le risque infectieux et parasitaire est le principal danger de la baignade en eau douce, en particulier dans les pays tropicaux. Les eaux et les rivages humides peuvent être contaminés par des bactéries comme, par exemple, les leptospires ou le bacille de Whitmore (voir encadré) ; par des virus (ceux des hépatites A et E, par exemple) ou par des parasites. Les voyageurs se contaminent en ingérant de l'eau ou par pénétration de larves dans la peau. Par ailleurs, l'accumulation d'eau dans le conduit auditif peut être à l'origine d'otite externe.

Pour prévenir les infections, évitez de vous baigner en eaux douces, surtout quand elles sont chaudes et stagnantes (étangs, lacs, marécages, etc.). Renseignez-vous sur les parasites qui prolifèrent sur place, au besoin auprès d'un médecin. Ne mettez pas la tête sous l'eau afin de limiter le risque d'ingestion. Ne marchez pas pieds nus et ne vous asseyez jamais à même le sol.

Le bacille de Whitmore est une bactérie que l'on retrouve dans de nombreux pays et, en particulier, en Asie du Sud-Est et dans les îles de l'océan Indien. Ce bacille provoque une infection, la mélioïdose, dont les symptômes sont peu caractéristiques et le diagnostic souvent difficile. Cette infection se développe plutôt chez les personnes fragilisées (diabétiques, insuffisants rénaux, personnes immunodéprimées, etc.) et se traite avec des antibiotiques. Le tsunami de décembre 2004 a augmenté sa fréquence dans les pays affectés par cette catastrophe et chez les touristes en provenance de ces pays.

Ce sont des parasites microscopiques transmis par l'eau et les aliments. Au cours d'une baignade en eau douce, l'ingestion d'eau peut entraîner une contamination. Dans les pays tropicaux, les amibes provoquent des diarrhées accompagnées de glaires.

Une espèce d'amibe particulière et heureusement très rare, Acanthamoeba, peut créer de graves lésions au niveau de la cornée de l'oeil, en particulier chez les porteurs de lentilles qui utilisent l'eau du robinet pour les rincer. En voyage, nettoyez toujours vos lentilles avec des solutions antiseptiques et évitez les baignades en eau douce.

Un parasite intestinal, Giardia duodenalis, peut provoquer des diarrhées jaunâtres, des ballonnements et des maux de ventre (giardiose). La contamination se fait par de l'eau souillée ou des mains sales. Cette affection existe dans de nombreux pays tempérés (en Europe et Amérique du Nord).

Ce petit ver d'une vingtaine de millimètres de long s'attrape surtout en mangeant des végétaux cultivés en eau douce (du cresson, par exemple). La douve s'installe dans le foie ainsi que dans les voies biliaires et provoque une augmentation du volume du foie accompagnée de douleurs sous les côtes situées du côté droit. On observe parfois une jaunisse avec de la fièvre.

La bilharziose est une infection parasitaire parfois sévère, provoquée par des vers se trouvant dans les eaux douces. Les larves pénètrent dans l'organisme à travers la peau lors du contact avec une eau infestée et calme (au cours d'une baignade ou d'une marche dans l'eau). La contamination peut entraîner des démangeaisons ou de la fièvre. Les larves vont ensuite migrer dans les vaisseaux sanguins. Lorsqu'ils sont adultes, les vers pondent des oeufs qui endommagent les organes où ils se trouvent. La maladie peut mettre plusieurs semaines à plusieurs années à se déclarer. Ses symptômes varient selon les organes où vivent les bilharzies (organes digestifs et notamment le foie, système urinaire) et le stade de la maladie : sang dans les urines, diarrhée et troubles intestinaux, inflammation du rectum ou problèmes de foie (cirrhose). Les vers adultes peuvent vivre jusqu'à quinze ans dans l'organisme !

Ankylostomes et anguillules sont des vers microscopiques dont les larves vivent dans les sols humides. Elles pénètrent à travers la peau de la plante des pieds (ou des fesses chez les enfants qui jouent au bord de l'eau), provoquant des démangeaisons. Les larves migrent ensuite dans les poumons où elles sont à l'origine d'une voix rauque ou de toux. Au bout de quelques semaines, les vers s'installent dans l'intestin où ils déclenchent diarrhées et maux de ventre. Les ankylostomoses peuvent ensuite être responsables d'une anémie.

Si vous vous faites bronzer sur une plage tropicale fréquentée par des chiens, vous pouvez attraper un de leurs parasites : la larva migrans cutanée (ou larbish). La pénétration de sa larve sous la peau entraîne des démangeaisons parfois intenses et un bouton rouge pendant un à deux jours. Après quelques jours, un cordon rougeâtre de quelques centimètres de long et de 2 à 3 mm de large apparaît et progresse en zigzag. Plusieurs sillons peuvent se croiser. Ils siègent aux points de contact avec le sol : les pieds (entre les orteils), les mains, les fesses, les coudes, les genoux, le dos, etc. Cette trace avance de quelques centimètres chaque jour (la larve progresse sous la peau). Cette infection parasitaire n'est pas grave et peut disparaître spontanément en deux à douze semaines. Un traitement antiparasitaire efficace existe. Pour vous préserver de ce parasite, portez des sandales et utilisez une natte ou une serviette épaisse et sèche pour vous allonger ou vous asseoir. Si le sable est régulièrement nettoyé par la marée, le risque de parasitose est plus limité.

En mer, le risque infectieux n'existe quasiment pas, sauf à l'embouchure d'un fleuve ou aux abords des rejets d'égout. Ne vous baignez pas si la zone est déclarée polluée ou après une tempête : l'arrivée soudaine d'un volume important d'eaux de ruissellement peut entraîner la pollution des eaux de baignades par les eaux usées. Les infections surviennent généralement par l'intermédiaire d'une plaie, suite à une piqûre ou une morsure d'animaux marins, ou encore une écorchure causée par les coraux.

Des algues toxiques microscopiques peuvent pulluler sous certaines conditions climatiques. Elles provoquent des brûlures ou des démangeaisons après la sortie de l'eau. En général, lorsque ces algues envahissent les plages, la baignade est interdite.

Lire la suite