Les boissons alcoolisées font partie de nos traditions. Elles forment un élément central des célébrations et des moments de détente. Pour la majorité d'entre nous, leur consommation reste occasionnelle et modérée. Mais pour plusieurs millions de personnes en France, l'alcool est devenu un compagnon de tous les jours, voire un maître dont il faut sans cesse satisfaire les exigences.

L'alcool, un plaisir risqué

Pour pouvoir évaluer sa consommation personnelle, il faut être capable de mesurer la quantité d'alcool consommée au cours d'un repas, de la journée, voire d'une semaine. Quelques repères pour vous aider.

Combien d'alcool dans mon verre ?

Mesurer la quantité d'alcool dans un verre réserve une petite surprise : que ce soit un ballon de vin, un demi de bière ou un "shot" de vodka, tous contiennent la même quantité d'alcool (environ 10 grammes). Bien sûr, un demi de bière est plus volumineux qu'un petit verre de vodka, mais la bière est moins concentrée en alcool.

En fait, tout se passe comme si les traditions culturelles avaient adapté la taille du contenant au degré d'alcool de la boisson pour que, au final, on y retrouve environ 10 grammes d'alcool. Cette quantité d'alcool commune à tous les contenants s'appelle l'unité d'alcool. Ainsi, il est facile de s'y retrouver : si vous avez bu un pastis, deux verres de vin et un digestif, vous avez consommé quatre unités d'alcool. Attention, ces quantités sont celles servies dans les restaurants et les débits de boisson. Au domicile, entre amis, on se sert souvent des quantités plus généreuses et il faut en tenir compte.

Si l'on compte en bouteilles ou en canettes, les choses sont un peu plus compliquées. Une bouteille de vin correspond à 7 unités d'alcool, une cannette de bière à 5° vaut 1,5 unités (4 unités pour la bière à 10°), une bouteille de whisky 22 unités, etc. Ainsi, si vous avez bu deux bouteilles de vin à trois, chaque convive a consommé 7 x 2 bouteilles = 14 / 3 convives = 4,6 unités d'alcool par personne.

Cette notion d'unité d'alcool est également utile pour calculer la durée des effets de l'alcool : il faut une heure à une heure et demie pour éliminer une unité d'alcool. Ainsi, nos convives ci-dessus auront besoin d'environ cinq heures pour être de nouveau sobres.

Quels sont les risques liés à l'alcool ?

La consommation d'alcool expose à des risques. Certains sont des risques à court terme qui existent dès le premier verre. D'autres sont des risques à moyen ou long terme qui n'existent que lorsqu'on boit souvent et en grandes quantités.

Les risques de l'alcool à court terme

Ces risques immédiats de l'excès d'alcool sont essentiellement des accidents (de la circulation, du travail ou de la vie courante), des problèmes liés à la violence (on agresse ou on est agressé) et des problèmes de délinquance. De plus, la personne ivre peut se prêter à des comportements à risque, par exemple des relations sexuelles non protégées.

L'alcool est responsable d'un tiers des accidents de la route mortels (cinq fois plus fréquemment chez les hommes que chez les femmes). Il ralentit les réflexes et le jugement dès le premier verre. En France, il est interdit de conduire un véhicule (même un vélo) avec plus de 0,5 grammes d'alcool par litre de sang. Deux verres suffisent généralement pour atteindre ce seuil limite. Depuis le 1er juillet 2015, le taux d'alcoolémie légal est de 0,2 g/L pour les jeunes conducteurs

L'alcoolémie est la concentration d'alcool présente dans le sang. Elle varie selon :

  • la quantité d'alcool consommée
  • le poids de la personne : à consommation égale, elle est plus élevée chez les plus légers
  • le sexe : à consommation et poids égaux, les femmes ont une alcoolémie plus élevée
  • la vitesse de consommation : plus on boit son verre rapidement, plus l'alcoolémie est élevée
  • l'alimentation : à jeun, l'alcoolémie est plus élevée (la concentration d'alcool maximale est atteinte en une demi-heure contre une heure le ventre plein).

Les risques de l'alcool à moyen et long terme

Lorsque la consommation excessive d'alcool se poursuit sur des mois et des années, il existe un risque plus élevé :

  • de cancers de la bouche, de la gorge et de l'oesophage (un cancer sur neuf est dû à l'alcool), en particulier chez les fumeurs
  • de maladies cardiovasculaires (hypertension, problèmes cardiaques, "attaques") également plus fréquentes chez les fumeurs
  • de cirrhoses du foie (8 000 décès par an) et d'inflammations du pancréas
  • de maladies du système nerveux (par exemple, des tremblements)
  • de troubles psychiques (troubles de la mémoire, insomnies, anxiété, dépression, suicide).

    Chez les jeunes, l'abus d'alcool peut être à l'origine de fatigue, d'un manque de concentration, de l'arrêt des activités pratiquées depuis longtemps avec plaisir (sport, musique, etc.), d'absentéisme et de retard scolaire, voire d'un abandon de l'école.

Vrai ou faux ?

Petit tour des idées fausses et des contre-vérités sur les boissons alcoolisées.

Faux. Diluer ne fait que diminuer le goût de l'alcool. Un pastis serré ou très dilué contient toujours 10 g d'alcool.

Faux. La sensation de stimulation après un verre de boisson alcoolisée est en fait une désinhibition des freins psychiques. L'alcool diminue les réflexes et les performances sportives. Parce qu'il dilate les vaisseaux sanguins, l'alcool procure une sensation de chaleur, mais celle-ci se dissipe dans l'atmosphère.

Faux. Une douche ou un café peuvent réveiller mais ne compensent pas les effets de l'alcool sur la vigilance et les réflexes. Seul le temps permet d'éliminer l'alcool : une heure à une heure et demie pour chaque unité d'alcool consommée.

Faux. Au contraire, l'alcool déshydrate parce qu'il fait uriner davantage. Cette déshydratation est la cause du phénomène bien connu de "gueule de bois". Pour éviter ce problème, il est recommandé de boire un verre de boisson non alcoolisée entre chaque verre de boisson alcoolisée (ou plusieurs verres d'eau avant d'aller se coucher après un dîner ou une fête bien arrosés).

Vrai. Un gramme d'alcool apporte presque autant de calories qu'un gramme de matières grasses. De plus, l'alcool favorise le stockage de calories sous forme de graisse.

Faux. Les buveurs réguliers ressentent moins les effets de l'alcool mais ceux-ci restent les mêmes.

Vrai mais... Si certaines études ont montré que la consommation régulière de petites quantités d'alcool après l'âge de 50 ans semble protéger de certaines maladies cardiovasculaires, ces études ne justifient pas que les personnes sobres se mettent à consommer de l'alcool ! Avoir une alimentation équilibrée et pratiquer régulièrement une activité physique semblent avoir davantage d'effets bénéfiques sur la santé du coeur et des vaisseaux sanguins.

Qu'est-ce que le binge drinking ?

Le binge drinking (ou "cuite express") est le fait de boire beaucoup d'alcool en peu de temps pour obtenir une alcoolémie très élevée. Cette pratique est populaire parmi les adolescents et les jeunes adultes. Le binge drinking est dangereux et peut s'accompagner de nausées, de vomissements, de perte de mémoire, de délire, etc. Si la dose d'alcool consommée est trop élevée, la personne peut sombrer dans un coma éthylique qui peut, faute de soins d'urgence, provoquer la mort.

Alcoolodépendant ou à risque de le devenir ?

On définit l'alcoolodépendance (ou alcoolisme) comme le désir compulsif de consommer des boissons alcoolisées accompagné d'une perte de la maîtrise de cette consommation. La personne alcoolodépendante devient de plus en plus tolérante à l'alcool : il lui faut en consommer des quantités croissantes pour ressentir le même bien-être. Petit à petit, dans sa vie quotidienne, la recherche de boissons alcoolisées prend le pas sur toutes les autres priorités : emploi, famille, amis, etc.

Dès le matin, la personne alcoolique consomme de l'alcool pour éviter la sensation de manque. Tout au long de la journée, elle s'organise pour maintenir un apport d'alcool régulier et suffisant afin de ne pas ressentir les effets du manque.

On ne devient pas alcoolodépendant du jour au lendemain. Cette dépendance est précédée d'une phase plus ou moins longue où la personne consomme des boissons alcoolisées de manière excessive mais reste maître de sa consommation. Dans ce cas, on parle de personnes "à risque d'alcoolodépendance". L'Organisation mondiale de la santé définit cet état comme une consommation supérieure ou égale à 3 verres d'alcool par jour (pour un homme) ou à 2 verres par jour (pour une femme), ou une consommation supérieure ou égale à 4 verres à chaque occasion de boire (soirées, dîners, fêtes, etc.).

Plus on commence à boire jeune, plus on risque de devenir alcoolodépendant par la suite. De plus, les personnes issues d'une famille où l'alcool est un problème ont un risque plus élevé de devenir alcoolodépendantes au cours de leur vie.

Quelques chiffres sur l'alcoolisme

Selon la Haute autorité de santé, il y aurait environ 1,5 millions de personnes alcoolodépendantes en France, dont 75 % d'hommes. Chaque année, l'abus d'alcool serait à l'origine de 45 000 décès. Également selon la Haute autorité de santé, il y aurait 2,5 millions de personnes à risque d'alcoolodépendance en France.
Selon les baromètres santé de l'Institut national de prévention et d'éducation à la santé, 20 % des hommes et 8 % des femmes de 12 à 75 ans déclarent boire tous les jours de l'année ! Ce chiffre est particulièrement élevé chez les 65 - 75 ans : 56 % des hommes et 23 % des femmes consomment tous les jours.

Les jeunes sont également à risque : entre 20 et 25 ans, 48 % des garçons et 20 % des filles déclarent avoir été en état d'ivresse au moins une fois au cours de l'année écoulée. Leur consommation a essentiellement lieu le weekend, en particulier le samedi.

Quelques conseils pour ne pas gâcher sa soirée...

  • Mangez avant de boire.
  • Décidez à l'avance du nombre de verres que vous allez consommer et respectez cette limite.
  • Prenez le temps de savourer votre boisson et buvez à petites gorgées.
  • Si vous avez soif, buvez d'abord des boissons non alcoolisées.
  • Alternez boissons alcoolisées et boissons non alcoolisées.
  • Ne rentrez pas dans le jeu des tournées qui amène à boire plus que prévu.
  • Ne buvez pas si vous devez conduire. Prévoyez l'organisation du retour de la soirée.

L'alcool et moi

Lorsqu'on a l'habitude de boire régulièrement, la question se pose : suis-je à risque de devenir alcoolodépendant ? Pour évaluer ce risque, il existe de nombreux questionnaires. En voici trois, du plus rapide au plus complet.

Le questionnaire DETA se compose de quatre questions.

  • Avez-vous déjà ressenti le besoin de diminuer votre consommation de boissons alcoolisées ?
  • Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre consommation ?
  • Avez-vous déjà eu l'impression que vous buviez trop ?
  • Avez-vous déjà eu besoin d'alcool le matin pour vous sentir en forme ?

    À partir de deux réponses positives, la probabilité d'une consommation excessive et d'une dépendance est élevée.

Plus détaillé que le DETA, le questionnaire FACE contient cinq questions.

Depuis un an, à quelle fréquence vous arrive-t-il de consommer des boissons alcoolisées ?
- Jamais = 0
- Au moins une fois par mois = 1
- Deux à quatre fois par mois = 2
- Deux à trois fois par semaine = 3
- Quatre fois ou plus par semaine = 4

Depuis un an, combien de verres buvez-vous en moyenne au cours d'une journée ordinaire où vous buvez de l'alcool ?

- Un ou deux = 0
- Trois ou quatre = 1
- Cinq ou six = 2
- Sept à neuf = 3
- Dix ou plus = 4

Votre entourage vous a-t-il déjà fait des remarques au sujet de votre consommation d'alcool ?

- Non = 0
- Oui = 4

Avez-vous déjà eu besoin d'alcool le matin pour vous sentir en forme ?

- Non = 0
- Oui = 4

Vous arrive-t-il de boire et de ne plus vous souvenir ensuite de ce que vous avez pu dire ou faire ?

- Non = 0
- Oui = 4

Les scores sont additionnés et les résultats analysés selon la grille suivante :

- Hommes Score inférieur à 5 : risque faible ou nul
- Score de 5 à 8 : consommation excessive probable
- Score supérieur à 8 : dépendance probable

Femmes Score inférieur à 4 : risque faible ou nul

- Score de 4 à 8 : consommation excessive probable
- Score supérieur à 8 : dépendance probable

Le questionnaire AUDIT

Ce questionnaire très complet repose sur l'enregistrement de la consommation de boissons alcoolisées sur une semaine typique, en comptant les unités d'alcool bues. Aujourd'hui, il est le test de référence.

Le questionnaire AUDIT

Quand faut-il ne pas boire du tout ?​

Dans certains cas, il faut s'abstenir complètement de consommer des boissons alcoolisées.

- Lorsqu'on est enceinte ou que l'on allaite
- Lorsqu'on prend des médicaments.
- Lorsqu'on doit conduire un véhicule ou manipuler une machine-outil.
- Lorsqu'on a moins de 18 ans.
- Lorsqu'on exerce une activité qui demande de la vigilance ou de bons réflexes.
- Lorsqu'on souffre d'hépatite, d'épilepsie ou d'une inflammation du pancréas.
- Lorsqu'on a déjà été alcoolodépendant.

Que faire lorsqu'on a un problème avec l'alcool ?

Lorsqu'on consomme des boissons alcoolisées de manière régulière et excessive, il est important de faire le point sur les raisons de cet abus et de prendre des mesures pour réduire sa consommation. Dans cette démarche, votre médecin est un allié précieux qui saura vous aider à prendre les bonnes décisions et à les maintenir sur la durée.

L'excès de boissons alcoolisées peut avoir de nombreuses raisons et se manifester à différentes occasions. Pour diminuer sa consommation, il est essentiel de faire le point sur les facteurs qui amènent à boire.

Les raisons d'une consommation excessive d'alcool sont variées. Faire le point sur ses raisons de boire est un premier pas pour réduire sa consommation.

Quelques exemples :

- Je bois pour me détendre.
- Je bois parce que je n'ose pas refuser.
- Je bois par plaisir.
- J'en ai besoin pour m'amuser.
- Je bois pour me sentir mieux.
- Je bois pour avoir confiance en moi.
- Je bois par habitude.

Quand buvez-vous ? Pour agir sur sa consommation, il est essentiel de repérer les circonstances et les situations qui amènent à boire. Ainsi, on peut chercher à éviter ces occasions ou à être particulièrement vigilant lorsqu'elles se produisent.

Quelques exemples :

- pendant les bons repas entre amis
- pendant les repas d'affaires
- pendant les repas familiaux
- au restaurant d'entreprise
- dans les soirées ou en boite de nuit
- au bistrot
- après avoir fait du sport (entraînement, match, etc.)
- devant la télévision
- quand je suis seul et que je m'ennuie
- quand je n'ai pas le moral
etc.

Lorsqu'on cherche à diminuer, voire arrêter de boire, certaines mesures simples peuvent aider à commencer sa route sur le chemin de la modération ou de l'abstinence.

Que ce soit pour arrêter de fumer, de boire ou pour perdre quelques kilos, la motivation est essentielle. Faites le point sur les raisons qui vous amènent à vouloir réduire votre consommation de boissons alcoolisées.

Quelques exemples :

- pour me sentir mieux
- pour perdre du poids
- pour protéger ma santé et vivre plus longtemps
- pour ne plus me disputer avec mes proches
- pour faire des économies
- pour faire plaisir à mon entourage
- pour ne plus être dépendant d'un produit
- pour mieux dormir
- pour mieux contrôler mon caractère
- pour garder mon travail (ou en trouver un)
- pour réussir ce que j'entreprends
- pour refaire du sport
- pour ne plus me sentir coupable
- pour être autonome
etc.

Pour réduire sa consommation de boissons alcoolisées, il est important de se fixer des limites raisonnables et adaptées à sa situation personnelle. Bien sûr, il est préférable que ces limites représentent un changement considérable dans la quantité d'alcool consommée chaque semaine (par exemple, une diminution de moitié). Mais il serait déraisonnable de penser pouvoir arrêter toute consommation en une fois, sauf à recourir à des services spécialisés dans le sevrage alcoolique.
Fixez-vous des limites de consommation par jour et par semaine et, si vous le pouvez, respectez une journée sans alcool de manière régulière.

Lorsqu'on est véritablement alcoolodépendant, il est souvent impossible de réduire sa consommation sans l'aide de professionnels de la santé ou de personnes qui ont connu ce type de problème. Les proches ont également un rôle important à jouer.

Parlez-en à votre médecin généraliste. Il vous orientera vers des services spécialisés où vous pourrez être pris en charge par une équipe multidisciplinaire (médecins, psychologues, relaxologues, etc.). Le sevrage alcoolique est une intervention médicale qui requiert la prescription de médicaments destinés à atténuer les symptômes du manque (agitation, irritabilité, insomnie, cauchemars, sueurs, tremblements, nausées, anxiété, dépression, etc.). Il est toujours accompagné d'une prise en charge psychothérapeutique. De plus, la participation à un mouvement d'entraide (de type Alcooliques anonymes) augmente les chances de maintien de l'abstinence à long terme.

Après un sevrage, les rechutes ne sont pas rares, mais le plus souvent avec une consommation moindre qu'avant le sevrage. Ces rechutes ne doivent pas être vécues comme un échec mais comme une phase d'apprentissage qui permet de mieux cerner les raisons de l'alcoolodépendance et les motivations de la personne. Identifier les facteurs à l'origine de la rechute permettra d'augmenter les chances de réussite du prochain sevrage.

Écoute Alcool (Aide, soutien, information, conseils, orientation)
0 811 91 30 30 (coût d'une communication locale à partir d'un poste fixe)
7 jours sur 7, de 14h à 2h.

Alcool et grossesse

Chez la femme enceinte et celle qui allaite, il est recommandé de s'abstenir de toute boisson alcoolisée dès le début de la grossesse (voire avant pour les grossesses planifiées), pendant celle-ci et pendant toute la durée de l'allaitement maternel. Cette recommandation s'applique à toutes les situations, même les plus festives. En effet, les effets de l'alcool sur le foetus peuvent être gravissimes.

Lorsque le fœtus est exposé à l'alcool absorbé par sa mère (qui passe à travers le placenta), les conséquences sont proportionnelles à la quantité d'alcool à laquelle il est exposé. Lorsque l'exposition du fœtus à l'alcool est modérée, on observe plus tard des difficultés d'apprentissage, une immaturité et une instabilité émotionnelle, ainsi que des comportements impulsifs et asociaux. Ces effets sont variables selon le moment de la grossesse où le fœtus a été exposé à l'alcool.

Lorsque l'exposition du fœtus à l'alcool est plus importante et prolongée, on parle de syndrome d'alcoolisation foetale.

Le syndrome d'alcoolisation fœtale provoque un retard de croissance avant et après la naissance, ainsi que des anomalies du système nerveux : retard du développement, problèmes de comportement, modifications des fonctions intellectuelles, voire anomalies des structures du cerveau. De plus, des malformations de la tête et du visage sont parfois observées. La moitié des enfants atteints de syndrome d'alcoolisation fœtale présentent un retard mental et la plupart ont des problèmes d'apprentissage, de mémoire, d'attention et de comportement.

Pour toutes ces raisons, aucune boisson alcoolisée ne devrait être consommée pendant la grossesse et l'allaitement. Afin d'aider les femmes enceintes à repérer les produits contenant de l'alcool, un pictogramme les signale désormais (une femme enceinte qui boit, barrée de rouge).

Alcool, tabac, drogues et médicaments

La consommation simultanée d'alcool et d'autres substances potentiellement toxiques peut avoir des conséquences graves sur la santé.

Les personnes qui consomment des boissons alcoolisées en excès sont souvent également des fumeurs de longue date. Ces deux dépendances sont souvent intriquées : "L'alcool fait fumer et le tabac fait boire". Le tabagisme augmente très fortement les risques de maladies cardiovasculaires liés à la consommation excessive d'alcool.

Lors du sevrage d'une personne alcoolodépendante, il est fortement recommandé de mettre également en place des mesures de sevrage tabagique (substituts nicotiniques, par exemple). En effet, l'arrêt du tabac augmente les chances de réussite du sevrage alcoolique.

Consommer en même temps de l'alcool et des drogues récréatives (cannabis, cocaïne, ecstasy, etc.) amplifie les effets de chacun de ces produits et entraîne des risques d'autant plus graves pour la santé.

Il est déconseillé de consommer de l'alcool avec les boissons énergisantes. En effet, celles-ci diminuent la perception des effets de l'alcool et peuvent être à l'origine d'une consommation excessive.

L'alcool interagit fortement avec les médicaments, en particulier ceux destinés à soigner les troubles psychiques. Il peut perturber leur action et déséquilibrer un traitement jusque-là efficace et bien toléré. Il est parfois à l'origine de rechutes.

L'alcool peut entraîner des réactions avec les médicaments : par exemple accentuer fortement certains effets indésirables, comme la somnolence dans le cas des médicaments sédatifs. Il peut également provoquer des bouffées de chaleur ou des vomissements lorsqu'il est associé avec certains antibiotiques ou certains traitements du diabète de type 2. Dans le cas d'une maladie chronique, il peut également déséquilibrer un traitement jusque-là efficace et bien toléré. Par exemple, l'effet d'un traitement anticoagulant pris par voie orale peut être augmenté en cas d'intoxication alcoolique aiguë (une "cuite") ou diminué en cas d'alcoolisme chronique. Lorsque l'on prend des médicaments, il est toujours préférable de s'abstenir de consommer des boissons alcoolisées.

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