Le travail de nuit et le travail posté, par exemple en 3x8, correspondent tous deux à des horaires dits « atypiques ». En modifiant l’horloge biologique et le rythme veille-sommeil, une activité en horaires décalés perturbe l’organisme. Pourtant, plusieurs actions concrètes comme les micro-siestes, la régulation de la luminosité, la pratique d’un sport ou encore l’adoption d’une alimentation saine aident à rester en bonne santé

Infirmière, conducteur de véhicules, ouvrier sur une chaine de production… Le travail de nuit touche de nombreuses professions. Prévenir les effets sur la santé et rester connecté à un rythme « classique » reste tout de même possible. On vous éclaire…

Quelques chiffres sur le travail de nuit en France [1] :

  • le travail de nuit concerne 15,2 % des salariés
  • il touche 2 fois plus les hommes que les femmes (20 % des hommes et 10 % des femmes, environ)

Comment ces horaires atypiques affectent-ils notre santé ?

Le travail de nuit, en modifiant notre cycle biologique naturel, perturbe notre horloge interne. L’étude menée par l’ANSES [2] souligne l’impact négatif de ces horaires décalés sur le sommeil et plus généralement sur le métabolisme. Citons par exemple l’apparition probable de troubles psychiques, un risque accru d’obésité ou d’hypertension.

Chez la femme salariée en travail de nuit, on note également une plus forte propension à développer certains types de cancers, comme celui du sein.

Et concrètement, que faire pour préserver son sommeil et son organisme ?

L’objectif est de réunir les conditions idéales pour permettre au sommeil de jour d’être aussi réparateur que le sommeil nocturne. Parmi les conseils à suivre et à diffuser autour de soi, auprès de nos proches concernés par des horaires de travail atypiques :

  • dormir au moins 7 heures dans un laps de temps de 24 heures ;
  • faire le noir absolu dans sa chambre, en installant si besoin des rideaux occultants en plus des volets ;
  • s’isoler au maximum du bruit en utilisant des bouchons d’oreille ;
  • mettre son téléphone en silencieux.

Et pour faciliter l’endormissement, apprenez à doser la lumière ! Si l’effet positif de la luminothérapie sur l’organisme reste à démontrer [3], la modulation de l’intensité lumineuse au cours de la journée a un impact avéré sur le sommeil.

Comme pour mimer la lumière naturelle, l’exposition à l’éclairage artificiel en travail de nuit doit ainsi diminuer tout au long de l’activité en poste.

Une autre astuce : pendant les pauses, devenez adepte de la micro sieste ! Elle dure 15 à 20 minutes. Juste le temps qu’il faut pour se détendre, tout en étant immédiatement opérationnel dès le réveil. Ce repos express fait gagner en vigilance et réduit les risques d’accidents, au travail ou lors des trajets domicile travail [lien article plan mobilité].

Une hygiène de vie saine pour un meilleur équilibre biologique

Au même titre que le sommeil, une bonne hygiène de vie — c’est-à-dire une alimentation saine et la pratique régulière d’une activité physique — favorise la récupération du salarié en horaires décalés.

Les experts de l’INRS [1] soulignent l’importance de maintenir le rythme de 3 repas par jour et à heures fixes. Il est essentiel de bien s’hydrater tout au long de la journée, avec au minimum un verre d’eau par heure

Retrouver ou conserver une vie sociale et familiale

Concilier vie professionnelle et vie personnelle est un vrai défi lorsque l’on travaille en horaires atypiques. Que faire pour rester présent et profiter de sa famille et des amis ? Un mot d’ordre : anticiper.

Les responsables d’entreprises jouent, de ce point de vue, un rôle crucial en offrant la possibilité aux salariés d’aménager les plannings pour maintenir une vie sociale active, et en étant flexible sur les échanges d’horaires lorsqu’il y a un impératif familial notamment.

Le saviez-vous ?

Le Code du travail protège les femmes enceintes ou qui viennent d’accoucher. Selon l’article L 122-25-1-1 [4], ces salariées en travail de nuit peuvent être affectées à un poste de jour notamment durant leur grossesse, à leur demande ou par notification écrite du médecin du travail. Et ce, sans porter préjudice à leur rémunération.

Sources :

[1]

[2]

[3]

[4]

Lire la suite