Les conducteurs de 2 roues-motorisés ressentent une grande vulnérabilité sur la route. Une insécurité dont ils se sentent d’ailleurs en partie responsable. Ainsi, les "2RM" prennent des risques réels avec la vitesse, le téléphone, l’alcool, le cannabis ou un équipement insuffisant… Et en ont conscience ! Un paradoxe souligné par le dernier Baromètre AXA Prévention.

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1. Un sentiment d'insécurité grandissant

En 2013, les conducteurs de 2RM (2 Roues-Motorisés) – motos de 125cc et plus et de scooters de plus de 50cc – représentent seulement 2% du trafic routier, mais 25% des tués sur la route. Des chiffres qui vont de pair avec l’accroissement de leur sentiment d'insécurité : ainsi 2/3 d’entre eux se sentent moins en sécurité qu’il y a 10 ans. C’est ce que révèle une étude menée par la TNS Sofres en décembre 2013, auprès d'un échantillon représentatif de conducteurs de motocycles et scooters âgés de 18 ans et plus.

2. Une responsabilité assumée

Face à cette vulnérabilité, les 2RM se dédouanent-ils sur les autres conducteurs ? À première vue, non : au total, ils sont même près de la moitié à se sentir directement responsables du danger. Là où les automobilistes, eux, ne sont que 31 % à s’accabler. Mais en observant les chiffres de plus près, on constate malgré tout des nuances : 45 % des motards considèrent que les scootéristes sont les plus dangereux, tandis que les scootéristes impliquent majoritairement (à 51 %) les automobilistes.

3. Téléphone : danger au guidon

Le paradoxe des 2RM ? Ils ont parfaitement conscience des comportements à risque, mais continuent de les pratiquer. Au premier rang desquels, le téléphone. Ainsi, 88 % d’entre eux estiment dangereux d’utiliser leur mobile sur la route, mais 18 % des motards et 38 % des scootéristes le font !

Dans la pratique, 23% des conducteurs de 2RM reconnaissent qu'il leur arrive de téléphoner en conduisant. Et ce n'est pas tout : 23 % des conducteurs de deux-roues motorisés n’utilisent pas le kit mains libres, et 29 % écoutent de la musique sur la route. À noter que les conducteurs de 2RM font tout de même mieux que les automobilistes, qui sont 34 % à téléphoner en conduisant.

4. Alcool et cannabis : entre lucidité et transgression

Les conducteurs de 2 roues ont une perception claire des autres comportements à risque, mais ne les évitent pour autant pas assez. Ainsi :

- 93 % estiment dangereux de conduire après avoir bu 4-5 verres d’alcool… Mais 13 % des motards et 21 % des scooters déclarent le faire.
94 % jugent dangereux de conduire après avoir fumé du cannabis… Mais 7 % des motards et 15 % des scooters s’y adonnent.

5. Des progrès en matière de vitesse, mais un carton rouge face au feu orange

Une note positive, tout de même : en 10 ans, les mentalités et pratiques se sont améliorées sur le front de la vitesse. Ainsi :

- 68% des 2RM considèrent imprudent de rouler à 65 km/h en ville (+ 19 points par rapport à 2004), et 57 % le font (contre 73 % en 2004)
Ils sont également 68% à estimer risqué de rouler à 160/170 km/h (+ 33 points par rapport à 2004) sur autoroute, mais 41 % continuent de le faire (contre 62 % en 2004)

La propension aux excès de vitesse est directement corrélée à la cylindrée du deux-roues. Ainsi, les motards sont les plus nombreux à rouler vite.

La situation concernant le non-respect du feu orange, elle, se dégrade. 58 % des conducteurs de 2RM déclarent le franchir (+ 9 % depuis 2004). Ce taux reste pourtant beaucoup moins élevé que chez les automobilistes, qui sont 72 % à reconnaître ne pas toujours s’arrêter à un feu orange.

6. Équipement : peut mieux faire… Surtout pour les scooters !

Autre progrès : l’équipement des conducteurs de 2RM s’est amélioré sur la décennie : + 33 points pour les pantalons avec protections, + 21 points pour le blouson avec protections, + 18 points pour les bottes de motos. La grande majorité (84 %) des 2RM a en effet conscience des risques liés au défaut du port de vêtement. Mais des progrès restent à faire, notamment concernant les conducteurs de scooters. Ainsi, si 37% des motards avouent conduire sans être convenablement équipés, ce taux atteint 66 % chez les scootéristes.
Autre information inquiétante : par méconnaissance des règles sur l’entretien de leur casque, les conducteurs de 2RM ne remplacent pas systématiquement leur casque après un choc (17% des scootéristes et 10% des motards). Préoccupant quand on sait que les blessures à la tête sont la cause principale de handicap et de décès pour les conducteurs de 2RM.

7. Quelles sont les attentes des 2RM ?

Les conducteurs de 2RM témoignent d’une forte sensibilité en faveur de la prévention routière. Pour 53 % d’entre eux, la prévention des accidents routiers est un enjeu essentiel. Pour améliorer leur propre sécurité, les conducteurs de 2RM considèrent qu’il faut :

- 1- Mieux prendre en compte la sécurité dans l’aménagement urbain (68 %)
- 2- Favoriser un meilleur équipement des conducteurs (39 %)
- 3- Légaliser la circulation entre les files (36 %)
- 4-Développer la sécurité active et passive des véhicules (34 %)

Ils voient en revanche moins l’intérêt de renforcer leur formation (33 %) ou d’améliorer leur visibilité via un éclairage dédié (27 %).

Qui sont les conducteurs de 2 roues-motorisés ?

- Une forte proportion d’hommes, qui représentent 91 % des conducteurs
- Une moyenne d’âge de 40 ans pour les scootéristes, 43 ans pour les motards
- Des motards passionnés, avec un usage centré sur les loisirs : 70 % achètent une moto par passion, 92 % l’utilisent pour les promenades et loisirs durant les vacances et week-ends
Des scootéristes pragmatiques, avec un usage davantage urbain : l’acquisition d’un scooter a pour but d’éviter les contraintes liées à la circulation en ville. Pour 25 % d’entre eux, l’aspect économique est aussi déterminant.

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