Il est possible d'agir pour prévenir l'apparition de certaines maladies liées à l'âge. Adopter une alimentation équilibrée, maintenir un niveau suffisant d'activité physique et ne pas fumer restent les piliers de la prévention. Au-delà de ses mesures, se faire suivre régulièrement par son médecin et effectuer les dépistages recommandés permet également de rester en bonne santé plus longtemps.

Prévention ou dépistage ?

Dans le domaine de la santé publique, la prévention des maladies repose sur deux types d'intervention :

La prévention primaire qui concerne l'ensemble de la population et vise à modifier les comportements susceptibles de provoquer ces maladies (fumer, manger trop gras, boire de l'alcool, etc.) ;

Le dépistage qui vise à repérer les signes précoces d'une maladie chez certaines personnes (ou certains groupes de personnes) plus exposées. Le dépistage peut être mené à l'échelle d'un pays ou consister en un programme individuel et personnalisé. Il permet de prévenir les complications d'une maladie lorsque les conseils de prévention primaire n'ont pas suffit à empêcher sa survenue (ou lorsqu'il n'existe pas de mesures de prévention primaire).

Les différentes formes de dépistage

Le dépistage individuel consiste en un programme d'interventions visant à suivre une personne d'une manière spécifique. Ce plan de dépistage ne suit pas un protocole général déterminé à l'avance. Les examens prescrits et leur fréquence sont définis au cas par cas par le médecin en fonction des caractéristiques de son patient (sexe, âge, antécédents familiaux et personnels, facteurs de risque, etc.). C'est le cas, par exemple, des examens qui sont faits régulièrement pour dépister l'hypertension artérielle ou un excès de cholestérol.

Le dépistage généralisé (ou universel, ou "de masse") consiste à rechercher systématiquement certaines maladies dans l'ensemble de la population. Il est mis en place par les pouvoirs publics lorsque les bénéfices que l'on peut en attendre apportent un réel avantage en matière de santé publique et sont nettement supérieurs aux inconvénients éventuels. Aujourd'hui, par exemple, le cancer du sein est systématiquement dépisté par mammographie (examen radiographique des seins) chez les femmes de plus de 50 ans.

Pour vous maintenir en bonne santé, votre médecin est partie prenante des campagnes de dépistage généralisé qu'il complète, si nécessaire, par des actions de dépistage individuel. Parce qu'il connaît bien votre histoire personnelle et familiale, il est le mieux placé pour adapter les recommandations officielles à votre cas. Dans le cadre du dépistage du cancer du côlon par exemple, il pourra, selon vos antécédents familiaux, recommander une coloscopie plutôt qu'une recherche de sang dans les selles. Pour cette raison et pour beaucoup d'autres, il est important de développer une bonne relation avec un médecin traitant, fondée sur une confiance mutuelle.

Quand met-on en place un dépistage généralisé ?

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a défini les critères préalables à la mise en oeuvre d'une campagne de dépistage généralisé.

La maladie doit représenter un problème de santé publique majeur : elle doit survenir fréquemment dans la population et provoquer de graves problèmes de santé.

Le déroulement et l'évolution de la maladie doivent être bien identifiés. On peut alors déterminer à quel âge ou à quelle fréquence le test de dépistage devra être effectué pour espérer un maximum d'efficacité.

Le diagnostic doit pouvoir être fait précocement, c'est-à-dire suffisamment tôt dans l'évolution de la maladie pour qu'un traitement efficace soit possible.

L'existence d'un traitement efficace doit être avérée. Il n'y aurait en effet aucun bénéfice à dépister une maladie contre laquelle on ne connaît aucun traitement.

Le test de dépistage doit être suffisamment sensible (pour ne pas passer à côté de la maladie), spécifique (pour éviter de pratiquer des examens complémentaires sur des personnes faussement diagnostiquées comme atteintes par la maladie) et doit prédire la maladie avec suffisamment de certitude.

Les moyens adéquats pour le dépistage et le traitement doivent être faciles à mettre en place.

La fréquence des tests doit pouvoir être déterminée de manière optimale. Si les tests sont trop fréquents, le dépistage sera inutilement coûteux. En revanche, s'ils sont trop éloignés, la maladie peut s'être déclarée entre-temps.

Les risques du dépistage doivent être acceptables. Si un test provoque des problèmes physiques ou psychologiques, il risque d'entraîner plus de mal que de bien.

Le coût économique du programme doit être compensé par les avantages attendus : le dépistage doit coûter moins cher à la collectivité que les traitements au long cours des personnes concernées par la maladie.

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