Avant de manier un deux-roues de 125 cm3 et plus, vous devrez passer par la case formation. Obligatoire depuis 2011 pour les nouveaux acquéreurs, celle-ci vous permet d’adopter de bons réflexes et vous assure plus de sécurité au guidon de votre moto ou de votre scooter.

Les fondamentaux pour rouler en sécurité en deux-roues

Diminuer les risques par la formation

Le bilan 2013 des motards victimes de la route en France est lourd, 4 motocyclistes tués sur 5 roulaient avec une cylindrée de plus de 125 cm3. Philippe Monneret, ancien champion du monde moto et conseiller technique d’AXA Prévention et Club 14, commente ce chiffre :

« La situation est en train de s’améliorer. Avant 2011, de nombreux conducteurs de deux-roues n’avaient jamais reçu de formation adaptée et étaient uniquement détenteurs du permis B, qu’ils soient scootéristes ou automobilistes ayant acquis un scooter ou une moto comme mode de transport alternatif. Face à l’extension galopante du parc des scooters, la formation est devenue indispensable pour appréhender un type de conduite très spécifique ».

La législation du permis A a évolué le 19 janvier 2013, pour favoriser un accès progressif aux véhicules deux-roues les plus puissants :
Le nouveau permis A2 permet à un débutant âgé de 18 ans de conduire une machine bridée à 48CV pendant 2 ans. Passé ce délai, une formation de 7h en moto-école, sans passage d’examen, suffit désormais pour l’obtention du permis A

La formation obligatoire est l’une des 6 propositions dédiées à la sécurité des motards, défendues depuis 2005 par Club 14 et AXA Prévention,

Maîtriser les fondamentaux

Pour Philippe Monneret, « une formation de 7 heures, c’est le strict minimum pour rouler en sécurité avec un 125 cm3. Avant de conduire un deux-roues, il faut maîtriser plusieurs grands principes :
D’abord, le freinage… avec les deux freins ! C’est le frein avant qui est le plus important à maîtriser en deux-roues. L’effet gyroscopique qui stabilise le deux-roues motorisé, s’interrompt en cas de freinage trop prononcé et bloque la roue avant, entraînant la chute de façon inévitable si la moto n’est pas bien en ligne. Si la roue avant est bien droite, relâchez le frein pour permettre à la roue de repartir en rotation.

Les problèmes d’adhérence sont très différents de ceux de la conduite en voiture : les pneus d’un scooter ou d’une moto portent sur une petite surface, contre 4 surfaces de roues beaucoup plus larges sur une voiture. Quand il pleut, quand il y a du gasoil sur la route, ou encore sur les bandes blanches, de nombreux changements d’adhérence surviennent tout au long d’un trajet en deux-roues. En formation, on apprend à maîtriser la prise d’angle pour préserver au maximum l’adhérence dans toutes les situations.

La façon de se placer sur la chaussée : nous apprenons à nos élèves à se placer au milieu de la chaussée, à ne pas serrer trop à droite, à guetter les pièges des voitures à l’arrêt, des automobilistes qui ouvrent leur porte, des piétons... En résumé, on apprend à anticiper les réactions des autres usagers de la route, pour rester en sécurité.

Le contrôle : l’usage des rétroviseurs est indispensable mais insuffisant car il y a beaucoup d’angles morts lorsque l’on conduit un deux-roues. Il est nécessaire d’apprendre à contrôler en vision directe, en tournant la tête beaucoup plus souvent qu’en voiture.

L’adaptation de l’allure et le respect des distances de sécurité sont aussi essentiels : il faut adapter la vitesse de son deux-roues en fonction de l’adhérence et de l’espace disponible, de la météo, de l’état de la route et des comportements des autres usagers de la route.

Enfin, pendant une formation, on apprend à contrôler l’état de son deux-roues : mieux vaut régulièrement contrôler la pression des pneus, le niveau d’huile et l’éclairage. Sur un deux-roues, un problème mécanique peut vite devenir très dangereux ! »

En résumé, un scootériste qui suit une formation acquiert des connaissances et développe une vigilance salutaire sur la route : "À deux-roues, on doit tout le temps analyser le rapport aux autres, à l’environnement, car on est plus fragile. Encore faut-il en prendre conscience", conclut Philippe Monneret.

Les scooters trois-roues pèsent lourd (entre 220 et 230 kg) et sont dotés d’un moteur puissant d’environ 40 CV. « La qualité de freinage est certes accrue par la présence d’une troisième roue, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut réduire les distances de sécurité. C’est en raison de ces spécificités que dans notre école, les formations 3 roues durent 2 heures supplémentaires, 9 heures donc au total », commente Philippe Monneret.

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