Seul ou à deux, rouler à moto impose quelques règles simples à respecter, aussi bien sur l’équipement que sur le comportement. Retrouvez quelques conseils pour allier plaisir et sécurité.

Rouler à moto seul est une chose, rouler à deux en est une autre. En effet, le comportement du deux roues est modifié et vous devenez automatiquement responsable de votre passager non seulement moralement mais aussi financièrement en cas d’accident. La loi française prévoit que le passager d’un deux-roues motorisé est couvert en responsabilité civile par l’assurance du conducteur. Ce dernier est donc responsable à 100 % de son passager. Vous devez par conséquent être en règle pour rouler en tandem, être conscient des incidences physiques mais également être au fait que votre passager est sous votre responsabilité. La communication est un élément primordial pour rouler en duo à moto.

Être en règle

La première chose à vérifier est que vous êtes bien autorisé à véhiculer un passager ! Cette autorisation est mentionnée sur la carte grise (voir case S1 sur le certificat d'immatriculation) et sous-entend que votre véhicule est bien équipé d’une deuxième place, de repose-pieds et de poignées de maintien pour le passager (art. R431-5).

Être conscient des incidences physiques

Si vous n’êtes pas habitué à rouler en duo, il est intéressant de rappeler que les réglages de votre moto doivent être modifiés, en effet ajouter 0.3 bar dans vos pneus et durcir les réglages de l’amortisseur arrière vont permettre de réduire l’écrasement de la machine. De plus un ajustement de la hauteur du faisceau de phare peut-être nécessaire notamment si vous roulez la nuit, la charge supplémentaire du passager risque d’augmenter la hauteur du faisceau de phare ce qui risque d’éblouir les autres usagers de la route mais également réduire le champ d’action de votre phare.

Souvenez-vous qu’étant moins actif, votre passager est plus rapidement sensible à la fatigue, au froid, à l’ennui et aux courbatures. Faites donc des pauses régulièrement.

N’oubliez pas que lorsque l’on fait de la moto à deux, le plus gros risque de chute est à l’arrêt. En effet, le poids et le manque de repères peuvent causer des déséquilibres.

Une chute à l’arrêt ne cause pas de gros dommages qu’ils soient physiques ou matériels (en général). Cependant, une chute reste une chute, elle peut donc engendrer une peur de la part du passager et un manque de confiance de la part du conducteur ce qui n’est jamais bon. Une fois que la moto roule à plus de 10km/h, et plus encore une fois passée la barrière des 40 km/h, la moto ne peut plus se renverser d’elle-même.

A l’arrêt et à basse vitesse, soyez prudents, essayez de minimiser les mouvements.

Pour un trajet agréable le passager ne doit pas faire de mouvements brusques, ne pas tourner la tête lorsque la moto roule à plus de 90km/h. Il doit également garder une position stable qui facilite la conduite du pilote, il faut éviter l’effet « sac de sable ». Pour savoir si votre position est bonne en tant que passager, vous devez être capable de vous lever légèrement sans vous aider de vos mains. Pour se faire, vos cuisses doivent être serrées contre celles du pilote et la pointe de vos pieds doit reposer sur les cale-pieds. Les mains servent uniquement à maintenir le haut du corps, pour un confort optimal c’est à vous de décider si vous préférez vous agripper aux poignées de la moto s’il y en a, au pilote, ou les deux. A vous de trouver la position qui vous convient le plus en fonction de l’environnement. (ville, campagne, autoroute…).

Un passager sous votre responsabilité...

Si votre partenaire est novice en tant que passager, prenez le temps de lui rappeler avant de prendre la route les règles de sécurité. Par exemple, quand monter et descendre du véhicule et de quelle façon. Montrez lui également quel comportement il/elle doit avoir lors d’accélérations, de freinages, et comment se tenir.

Une vérification de l’équipement s’impose avant le départ.

Vérifier que le casque est correctement ajusté, jugulaire attachée mais qui n’étrangle pas, col de veste renforcée fermé, emmanchures fermées, gants homologués, pantalon renforcé qui tombe jusqu’aux bottes. Il est important de ne pas se sentir engoncé, car l’on risque de mal respirer et d’avoir la circulation sanguine coupée, ce qui peut engendrer, frissonnements, fourmillements et augmentation de la sensation de froid. En hiver, il faut s’assurer que l’air n’entrera pas par les extrémités, car avec la vitesse le froid se fait très vite ressentir.

Que vous rouliez avec un passager habitué ou non, il est primordial de lui rappeler qu’il doit ajuster sa position uniquement en ligne droite et jamais dans un virage, il doit également éviter tout geste brusque, épouser les mouvements du conducteurs sans exagération, ne doit surtout pas aller à l’encontre de la machine, sortir sa tête de l’axe de la moto.

La communication

Avant de monter en selle, il est important de convenir des règles de communication et de définir la façon dont votre passager doit se comporter.

Tout d’abord, vous devez mettre le passager en confiance notamment si c’est une première pour lui/elle. Cette expérience peut-être stressante pour certains. Pour cela il est essentiel de dialoguer.

Adaptez votre conduite, adoptez une conduite souple, tout particulièrement s’il s’agit d’un débutant. Mettez-vous à la place de votre passager. Il est très courant d’entendre des motards expérimentés dire qu’ils détestent être passagers. Il convient de définir des codes en cas de problèmes, d’envie de ralentir, de besoin de s’arrêter etc. Chacun trouvera ses propres codes comme par exemple une petite tape sur la cuisse, le ventre… cependant évitez les tapes sur les bras et le casque qui peuvent déstabiliser le conducteur.

En tant que passager, vous devez signaler au conducteur que vous allez monter ou descendre du deux-roues motorisé. Ne mettez en aucun cas les pieds à terre au stop ou à un feu rouge vous risqueriez de déstabiliser le pilote.

L’essentiel est de vous mettre d’accord sur la méthode que vous souhaitez utiliser pour monter et descendre du véhicule.

Dans la majeure partie des cas, le passager passe la jambe par-dessus l’arrière de la moto, puis vient poser les deux pieds sur les repose-pieds.

Cette technique fonctionne sur les motos basses mais devient plus compliquée à réaliser sur les Grande Turismo ou encore les trails. Pour faciliter la montée sur des motos hautes, vous pouvez, une fois que le pilote vous donne son autorisation poser votre pied gauche sur le repose pied, votre main gauche sur l’épaule du conducteur afin d’enjamber plus facilement la machine. Le pilote peut partir uniquement lorsque le passager est confortablement installé.

En ce qui concerne le conducteur, ce dernier doit impérativement être parfaitement installé les deux mains sur le guidon et le frein avant serré afin d’empêcher tout mouvement de la moto.

Cas particulier du transport d’un enfant

Transporter un enfant sur un deux-roues motorisé est autorisé, mais fortement déconseillé pour les enfants de moins de 8 ans. Le Code de la route admet la possibilité de transporter un enfant de moins de 5 ans, sous réserve qu'il soit installé sur un siège muni d'une ceinture et qu'il porte un casque de moto. Les enfants de plus de 5 ans, et tous les passagers en général, doivent pouvoir poser les pieds sur les repose-pieds et se tenir à l'aide de la courroie de maintien ou des poignées latérales.

D’après les résultats du Baromètre AXA Prévention 2018, 1 conducteur sur 4 transporte des enfants occasionnellement et sur des trajets courts. 22% des enfants transportés ont moins de 11 ans et 9% ont moins de 7 ans. Alors que la quasi-totalité des conducteurs porte désormais des gants homologués (93%), ils n’équipent pas toujours les enfants qu’ils transportent : 21% des enfants passagers ne portent pas de gants homologués. Idem pour le blouson avec protections : si les conducteurs sont équipés à 79%, les enfants eux ne le sont qu’à 51%. 

L’enfant doit porter un casque et des gants, homologués et à sa taille. Demandez conseil à un expert en magasin, il saura vous orienter en fonction de sa taille et de son poids. Et il vous garantira la certification de l’équipement. Comme tout passager, l’enfant doit être aussi bien, voire mieux, protégé que l’adulte et porter une tenue de protection complète, qui couvre l’ensemble du corps. Choisissez des vêtements résistant un minimum à l’abrasion et au frottement. Protégez particulièrement les articulations : coudes, genoux, chevilles... Si vous n’investissez pas dans un pantalon renforcé, vous pouvez utiliser des protections amovibles de roller par exemple (coudières, genouillères, chevillères…). Pour protéger ses pieds, il peut porter des bottes de moto ou des bottines renforcées, des chaussures montantes ou de randonnée.

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