Oui, à fortes doses.

Les cas d’intoxication à l’aluminium sont observés chez des personnes accidentellement exposées à des doses élevées d’aluminium : professionnels des usines de production de ce métal, personnes insuffisantes rénales dialysées, par exemple. Cette intoxication se traduit par une atteinte du cerveau ou des os, voire, à long terme, l’apparition de cancers du poumon ou de la vessie. Dans la population générale, aucun cas d’intoxication par l’aluminium n’a été observé et les soupçons relatifs à la maladie d’Alzheimer ou au cancer du sein n’ont jamais été confirmés. Les doutes relatifs à l’usage de dérivés de l’aluminium dans certains vaccins ne sont pas liés à la toxicité de l’aluminium lui-même mais aux interactions de ces dérivés avec le système immunitaire.

Comment sommes-nous exposés à l’aluminium ?

À l’exception des personnes qui sont exposées à l’aluminium dans leur vie professionnelle (industrie de l’aluminium), notre exposition à l’aluminium est essentiellement alimentaire (aliments, boissons, ustensiles), cosmétique (en particulier les déodorants mais pas uniquement) et thérapeutique (certains médicaments).

En ce qui concerne l’alimentation, l’aluminium est faiblement absorbé par l’intestin : entre 0,1 et 1 % de l’aluminium ingéré passe dans le corps. Le reste est excrété dans les selles.

Quelles sont les sources principales de l’exposition à l’aluminium ?

Les sources alimentaires d’aluminium sont les céréales, les légumes (sauf les pommes de terre), le thé, le cacao (5 mg dans 100 g de chocolat !), le lait, par exemple. L’eau (du robinet ou minérale) et les sodas en cannette ne sont qu’une source minime d’aluminium (moins de 5 % des apports pour l’eau selon les régions ; 0,4 % pour les sodas). Des additifs alimentaires en contiennent également.

Le rôle des cosmétiques dans l’exposition est mal connue car nous disposons de peu de données sur l’absorption de l’aluminium à travers la peau.

Une autre source importante d’aluminium se trouve dans certains médicaments contre les brûlures d’estomac : les antiacides et les pansements gastriques.

Quelle est la toxicité d’une exposition excessive à l’aluminium ?

Les seuls cas de toxicité clinique avérée de l’aluminium ont été observés dans des populations particulières : professionnels de l’industrie de ce métal et insuffisants rénaux dialysés (lorsque l’eau de ville locale est riche en aluminium et les appareils de dialyse défectueux). Aucune étude n’a pu mettre en évidence de toxicité dans la population générale.

Lorsqu’il est absorbé en excès, l’aluminium est neurotoxique et peut provoquer des encéphalopathies (des maladies du cerveau) ou des troubles du psychisme ou du mouvement. Cependant, son rôle dans l’apparition de la maladie d’Alzheimer, autrefois suspecté, n’a jamais pu être confirmé. L’excès d’aluminium est également toxique pour les os.

Chez les personnes victimes d’une exposition professionnelle à l’aluminium, ce métal est suspecté de favoriser l’apparition de cancers du poumon et de la vessie. Cependant, les soupçons d’une toxicité de l’aluminium des déodorants dans l’apparition de cancers du sein n’ont jamais été confirmés.

Quelles sont les limites recommandées d’exposition à l’aluminium ?

Aujourd’hui, la « dose hebdomadaire tolérable provisoire (DHTP) » de l’aluminium est de 2 mg par kilo de poids corporel et par semaine (donc 120 mg/semaine pour une femme de 60 kg). Cette dose, définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), a remplacé en 2011 celle précédemment donnée par l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui était de 1 mg/kg/semaine.

Dépassons-nous les limites recommandées d’exposition à l’aluminium ?

En France, l’exposition moyenne à l’aluminium est de 0,28 mg/kg/semaine pour les adultes et de 0,42 mg/kg/semaine pour les enfants entre 3 et 17 ans (du fait de la plus grande consommation de lait et de chocolat), donc très en deçà des limites recommandées. On estime qu’en France seulement 0,2 % des adultes et 1,6 % des enfants dépassent la limite d’exposition recommandée.

Et l’aluminium des vaccins ?

Dans certains vaccins injectables, des doses infimes d’oxyhydroxyde d’aluminium sont utilisés comme adjuvant, c’est-à-dire pour amplifier la réaction immunitaire après la vaccination.

Les doutes qui existent sur la toxicité de cet adjuvant ne sont pas liés à la quantité d’aluminium présente : celle-ci est minimale et n’est administrée que très occasionnellement. Elle est sans commune mesure avec la quantité d’aluminium à laquelle nous sommes exposés tous les jours à travers notre alimentation.

Ces doutes sont liés à l’effet de doses infimes d’oxyhydroxyde d’aluminium lorsqu’elles sont associées à des antigènes (les protéines présentes dans les vaccins et qui sont à l’origine de l’immunisation). L’étude française qui a semé le doute en 2017 a observé un effet négatif sur l’activité motrice et l’anxiété des souris d’une dose d’oxyhydroxyde d’aluminium injectée de 0,2 mg/kg de poids corporel. Ces effets n’ont pas été observés à la dose de 0,4 ou 0,8 mg/kg de poids corporel, ce qui exclut la possibilité d’un effet lié à une toxicité quantitative (c’est-à-dire due à la quantité d’aluminium administré).

Néanmoins, le Haut Conseil de la Santé Publique a réaffirmé en 2013 la nécessité de la vaccination dans la lutte contre les maladies infectieuses potentiellement graves et a invité la communauté scientifique à continuer ses recherches sur les adjuvants à base d’aluminium.

« Exposition à l’aluminium par l’alimentation », Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), 2016

« Aluminium et risque de cancer », Cancer environnement, 2018

« Aluminium et vaccins », Haut Conseil de la Santé Publique, 2013

L’étude de 2017 sur les effets de doses minimes d’oxyhydroxyde d’aluminium chez les souris

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