EN BREF

De nos jours, de nombreuses personnes âgées ont une alimentation déséquilibrée, qu'elles vivent à domicile ou en institution. Cette malnutrition entraîne des carences qui peuvent aggraver les problèmes de santé, affecter la qualité de vie et augmenter la mortalité. Il est important de dépister une mauvaise alimentation afin de rapidement la corriger.

Les facteurs de risque de malnutrition

Chez les personnes âgées, la première cause de malnutrition reste les maladies graves : maladie d'Alzheimer ou de Parkinson; cancers; insuffisances cardiaque, rénale ou hépatique; maladies inflammatoires chroniques; maladies digestives ou alcoolisme chronique. Leur dépistage médical et leur prise en charge précoce sont le meilleur moyen de prévenir la malnutrition qu'elles provoquent.

D'autres situations à risque sont à prendre en compte :

- Les facteurs liés à l'environnement : deuil, isolement, difficultés financières, maltraitance ou changement des habitudes de vie, par exemple.
- Les facteurs liés à l'état de santé : douleur, fracture, intervention chirurgicale, immobilisation, constipation importante, escarres, etc.
- Les effets indésirables des médicaments pris à long terme : sécheresse de la bouche, troubles digestifs, perte d'appétit, somnolence, modifications du goût, etc.
- Les problèmes de bouche et de dents : difficultés à mastiquer, mauvais état des dents, prothèse dentaire mal adaptée, par exemple.
- Les régimes alimentaires restrictifs : hypertension (sel), diabète (sucres), cholestérol (matières grasses animales), etc.
- Les troubles neurologiques ou psychiatriques : vertiges, faiblesse musculaire, dépression, etc.
- La dépendance pour s'alimenter ou se déplacer.

Le dépistage par les proches

Soyez attentif aux signes d'amaigrissement, de fonte des muscles, de pâleur (anémie), de perte d'appétit, de fatigue, de difficultés à se déplacer, de chutes plus fréquentes:

Proposez à la personne âgée de surveiller son poids. On considère qu'il y a dénutrition lorsque la perte de poids est supérieure à 2 % en une semaine, à 5 % en un mois, ou à 10 % en six mois. Cette dénutrition est considérée comme sévère si la perte de poids est supérieure à 10 % en un mois ou à 15 % en six mois.

Assistez à un repas pour évaluer ce que la personne mange de chaque plat : par exemple, un tiers, la moitié ou tout le contenu de l'assiette.

Un réfrigérateur ou des placards quasiment vides, ainsi que la présence d'aliments avariés, doivent vous alerter. Si le frigidaire ne contient pas plusieurs types d'aliments frais, de bonne qualité et en quantité suffisante, cela est souvent le signe d'une alimentation négligée.

Un point sur l'état nutritionnel est recommandé au moins une fois par an. Le médecin traitant pourra rechercher une éventuelle anémie et prescrire un dosage de l'albumine dans le sang, un marqueur de la consommation de protéines donnant une bonne idée de l'état nutritionnel général.

En institution, un bilan nutritionnel est habituellement pratiqué lors de l'admission et au minimum une fois par mois. La dénutrition est par ailleurs souvent présente lors d'une entrée à l'hôpital et risque de s'aggraver pendant le séjour pour de multiples raisons : symptômes, douleur, traitements, anxiété, perte des repères familiers, par exemple. Restez vigilant sur cet aspect de son séjour à l'hôpital.

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