EN BREF

Il n’existe pas de risque avéré de transmission du coronavirus par les animaux de compagnie. Les soins vétérinaires d’urgence sont assurés.

Certaines personnes ont exprimé leur inquiétude sur la possibilité que leur chien ou leur chat leur transmette le coronavirus SARS-CoV-2, responsable de la COVID-19. Malgré l’existence exceptionnelle d’un chien contaminé à Hong Kong, aucune donnée scientifique ne pointe sur un rôle des animaux domestiques dans la transmission de ce virus. Il est donc possible de continuer à sortir Toutou ou de l’emmener pour des soins en urgence… en respectant les consignes d’isolement physique !

L’affaire du loulou de Hong Kong

Les services vétérinaires de la région de Hong Kong a rapporté le cas d’un loulou de Poméranie âgé de 17 ans qui a partagé un petit appartement avec sa maîtresse, infectée par le coronavirus. Toutes les surfaces de l’appartement, et la fourrure de l’animal, étaient contaminées. Des tests ont retrouvé les gènes de ce virus dans les cavités nasales et la gorge de ce chien, « en faible quantité ». L’ARN retrouvé correspondait à celui du virus présent chez la propriétaire. Aucun virus entier n’a été isolé et le chien n’a pas développé d’anticorps contre le virus (ce qui signalerait une infection).

Selon l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), « la détection (des gènes du coronavirus chez ce chien) n’est pas une preuve suffisante pour conclure à une infection de l’animal. Une contamination passive n’est pas à exclure, notamment du fait de la survie possible du virus sur une muqueuse humide sans nécessairement s’y (multiplier). »

Les choses se sont compliquées lorsque, le 18 mars 2020, rendu à sa propriétaire et ne présentant aucun symptôme, le chien est soudainement décédé. Il souffrait depuis longtemps d’une insuffisance cardiaque et rénale, et on suppose que la séparation avec sa maîtresse a été trop éprouvante pour lui. L’autre chien de la propriétaire atteinte par le coronavirus SARS-CoV-2 n’avait jamais été positif. 

Aucune évidence de transmission du coronavirus par les animaux domestiques ou d’élevage

Dans un avis publié le 11 mars 2020 (donc avant le décès du loulou de Hong Kong), l’Anses conclut que, « à la lumière des connaissances scientifiques disponibles, il n'existe aucune preuve que les animaux de compagnie et d’élevage jouent un rôle dans la propagation du virus SARS-CoV-2. » Ni que les produits alimentaires d’origine animale puissent être un facteur de transmission du virus.

Attention, les animaux domestiques souffrent eux aussi d’infections par des coronavirus (par exemple, la péritonite infectieuse du chat), mais ceux-ci n’ont rien à voir avec le coronavirus SARS-CoV-2 et ne sont pas transmissibles à l’homme.

Des rumeurs d’euthanasie en hausse injustifiées mais peut-être une augmentation des abandons

Actuellement, des rumeurs circulent sur internet, en particulier émanant d’associations de défense des droits des animaux, sur une augmentation des abandons de chiens et de chats en France en lien avec l’épidémie de COVID-19. Ces rumeurs ne sont pas confirmées, même si certains centres d’accueil signalent une légère augmentation des abandons, possiblement en prévision des mesures de confinement. Une situation similaire avait été signalée en Chine.

D’autres rumeurs annoncent que, dans les cliniques vétérinaires, les demandes d’euthanasie « de convenance » (sans raison médicale) auraient augmenté. Outre le fait que la très grande majorité des vétérinaires refusent de pratiquer ce type d’euthanasie, aucune information de ce type n’est signalée par les instances de la profession.

Sortir le chien en période de confinement

Les consignes relatives au confinement et à la réduction des déplacements données le 17 mars 2020 par le Ministre de l’intérieur précisent qu’il est possible de sortir son chien « mais chacun devra le faire avec parcimonie dans le respect des consignes sanitaires et des gestes barrières sans se retrouver en groupe. » Les personnes concernées devront imprimer et remplir l’attestation de déplacement dérogatoire disponible en ligne sur le site du Ministère.

Les soins vétérinaires sont-ils toujours assurés ?

Le 16 mars 2020, l’Ordre des vétérinaires a précisé les conditions selon lesquelles seront assurés les soins vétérinaires d’urgence pendant la période de confinement. Ils seront assurés à la condition que le vétérinaire ait été prévenu par téléphone pour pouvoir évaluer le degré d’urgence et organiser la circulation des patients sans qu’il y ait contact, ni attroupement à la clinique. Tous les actes pouvant être différés doivent l’être. C’est le cas par exemple des rappels de vaccination des animaux adultes, mais pas ceux des chiots et des chatons qui doivent être faits dans les temps, pour la santé de l’animal et pour éviter que des épidémies s’installent localement.

Les consignes officielles relatives au confinement précisent qu’il est possible de sortir de chez soi pour se rendre en urgence chez son vétérinaire, avec l’attestation adéquate.

Source

« COVID-19 : questions/réponses pour les propriétaires de chats et de chiens » (en anglais), Association médicale vétérinaire américaine, 16 mars 2020

« First dog found with coronavirus has died after returning home virus-free from quarantine, Hong Kong authorities reveal », South China Morning Post, 18 mars 2020

« COVID-19 : pas de transmission par les animaux d’élevage et les animaux domestiques », Anses, 11 mars 2020

« COVID-19 : Informations sur le cadre général de la continuité de service assuré par les vétérinaires », Ordre national des vétérinaires, 16 mars 2020

« Peut-on promener son chien avec le confinement ? », Check News, Libération, 17 mars 2020

Les consignes de sortie du confinement en lien avec les animaux, Ministère de l’intérieur

L’attestation de déplacement dérogatoire, Ministère de l’intérieur

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