Les risques liés à l’hyperconnexion sont paradoxalement peu connus ou sous-estimés. La sédentarité, les troubles du sommeil et de la concentration, la prise de poids et le repli sur soi sont quelques-unes des conséquences de la surexposition digitale.

Quelques chiffres sur l’hyperconnexion

  • 221 : un adulte consulte en moyenne 221 fois son smartphone par jour. Il interrompt donc ses activités et ses conversations au moins autant de fois
  • 1 adulte sur 2 a conscience de délaisser la pratique sportive au profit de l’utilisation d’écrans connectés
  • 50 % : la quantité de fruits et légumes consommée en moins, par les millénials souvent hyperconnectés, par rapport à la génération précédente
Et vous, êtes-vous hyperconnecté ? Faites le test !

Hyperconnexion : de quoi parle-t-on au juste ?

En 2018, notre Observatoire de la prévention des risques du quotidien fait le constat suivant :  34 % des personnes interrogées reconnaissent ne pas pouvoir s’empêcher de consulter leur téléphone toutes les 10 minutes. L’un des signes d’une certaine dépendance à son portable, qu’il est possible de maîtriser en adoptant quelques bonnes pratiques.

4 points de vigilance autour de l’hyperconnexion

Il est tout à fait possible de réduire, chacun à son échelle, les risques associés à la surexposition aux écrans. Cela passe par une vigilance accrue à porter sur 4 domaines qui façonnent notre quotidien : notre activité physique, nos habitudes alimentaires, notre sommeil, et nos liens sociaux.

1. Je marche et je me dépense entre mes moments de connexion

Bon nombre d’heures passées devant les écrans le sont au détriment d’une activité sportive, pour nous comme pour nos enfants.

Moins bouger à tout âge, c’est s’exposer à des douleurs liées à de mauvaises postures, à des prises de poids largement évitables et à un certain nombre de pathologies. La bonne habitude à prendre ? Saisir toutes les occasions pour bouger et se reconnecter au réel (promenade en forêt, prendre l’air et marcher pendant sa pause déjeuner…)

2. Je porte mon attention sur ce que je mange pendant mes repas

Lorsque l’on mange face à un écran au travail, en regardant une série ou en checkant nos réseaux sociaux à la maison, notre attention se détourne de notre plaisir de manger ou de notre sensation de satiété. Nous risquons alors de manger bien plus que ce dont notre corps a besoin.

Happés par nos écrans connectés, nous rognons aussi sur les temps de préparation des repas au profit des plats préparés très caloriques et peu bénéfiques.

3. Je me reconnecte à mes cycles de sommeil

La lumière bleue des écrans peut causer des difficultés d’endormissement, et les conversations prolongées ou messages consultés tard dans la nuit sont incompatibles avec le respect d’un temps de sommeil satisfaisant.

Être à l’écoute des signaux de fatigue envoyés par son corps est le point de départ pour savoir quand éteindre nos dispositifs connectés et activer son propre mode repos… et pour ne pas laisser votre smartphone dans votre chambre, utilisez un vrai réveil !

4 Je profite des moments passés avec mon entourage

Virtuellement entourés sur les réseaux sociaux, certains jeunes souffrent parfois d’un isolement bien réel. La consultation trop fréquente de ces réseaux peut aussi impacter l’implication des adolescents dans leurs loisirs, là où ils pourraient s’ouvrir aux autres ou s’épanouir en se découvrant.

Enfin, l’omniprésence des notifications interrompt bien des conversations au détriment de la qualité des moments que l’on partage avec nos proches. À nous de les limiter pour réapprendre à partager de vrais moments en bonne compagnie, sans nous replier sur nos téléphones ou tablettes.

Ne vous sentez pas obligé(e) de déposer votre smartphone sur la table quand vous vous asseyez quelque part, lors des repas ou ailleurs. Ce réflexe « je dégaine mon smartphone » peut être désagréable pour les autres, et vous distrait lors de ces moments conviviaux ou professionnels.

Vous pouvez aussi, par exemple, mettre en place une « boîte à smartphone » pour la famille. Tout le monde place son mobile dedans, avant les repas et avant de se coucher. Hors de notre vue, il est plus facile de l’oublier, non ?

Agir ensemble et à notre niveau pour réduire l’impact de l’hyperconnexion

Voici quelques idées à appliquer et/ou à partager auprès de vos proches concernés, pour diminuer les effets de l’hyperconnexion. L’objectif : apprivoiser et cadrer l’usage de nos dispositifs connectés pour mieux vivre avec, au quotidien.

– Dialoguer : il n’est jamais trop tard pour sensibiliser les digital natives à ces risques et à leurs conséquences. Parlons-en aussi entre nous, adultes, pour découvrir et adopter les bonnes pratiques de nos proches.

– Contrôler : téléphones, ordinateurs et tablettes peuvent être paramétrés de façon à restreindre les applications disponibles, et à limiter les tentations des notifications.

Voici quelques bonnes pratiques pour réduire votre usage :

  • supprimez les notifications : sonneries, vibrations, alertes, flashs lumineux 
  • ne répondez pas toujours immédiatement 
  • ne vérifiez pas tout forcément lors d’une discussion 
  • privilégiez les SMS plutôt que les conversations 
  • utilisez le mode haut-parleur ou les oreillettes. Vous serez moins happé par votre conversation.

Ces petits gestes permettent de décrocher du téléphone. Si vous ne répondez pas tout de suite à vos messages, le monde ne va pas s’arrêter de tourner. Vous pouvez ainsi mieux vous concentrer sur vos activités.

Au quotidien, minimiser l’utilisation de votre smartphone lorsque vous êtes seul(e), avec vos enfants, en famille, en réunion, en cours, au cinéma, au théâtre, entre amis (« apéro smartphone »), au volant de votre véhicule.

N’hésitez pas non plus à utiliser le minuteur de votre smartphone quand vous naviguez sur Internet afin de ne pas laisser votre temps filer.

– Limiter : la connexion de nos enfants en construisant les règles avec eux et en montrant l’exemple, notamment avec les plus petits ! Cela peut passer par la récupération de leur téléphone à une heure donnée le soir, ou encore pendant les repas, les temps de devoirs, etc. Évitez l’effet « smartphone nounou » en donnant systématiquement leurs téléphones ou tablettes aux enfants durant les dîners et les sorties.

– S’auto-réguler : et si nous testions tous, de temps en temps, notre capacité à nous passer de nos écrans connectés pendant une journée le week-end ? C’est autant de temps gagné pour pratiquer un sport qui nous plait, et privilégier les activités toutes simples qui améliorent notre hygiène de vie : marcher, s’offrir une sieste, cuisiner des produits frais…

Dans les moments de déprime, ne voyez pas votre smartphone comme votre seul compagnon. Les réseaux sociaux peuvent avoir tendance à renforcer le sentiment de déprime et l’isolement. À la place, sortez avec des amis, bougez, lisez sans vérifier vos notifications. Mettez votre téléphone en silencieux ou éteignez-le complètement.

Et la digital detox, dans tout ça ? Si elle n’a pas encore fait ses preuves, préférez-lui des « smartphone breaks » réguliers. Profitez par exemple du week-end ou des vacances pour vous fixer des temps sans votre téléphone.

Vous pouvez même envisager d’aller en vacances dans un No Man’s Land numérique. Ces petites pauses sont très apaisantes…

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