EN BREF
Sources

C’est possible, à condition d’être équilibré et diversifié.

La question de l’évaluation d’un régime végétarien (que nous supposerons équilibré et diversifié, pour éviter les cas extrêmes) est une question difficile. En effet, les études les plus sérieuses sur le sujet ont suivi les habitudes alimentaires et la santé de centaines de milliers de personnes sur plusieurs années, et ont comparé le nombre de maladies déclarées selon ces habitudes.

Montrer que les personnes végétariennes sont moins sujettes aux maladies cardiovasculaires (ce qui a été constaté dans plusieurs études) ne signifie pas forcément que le régime végétarien est responsable de ce bénéfice, seul ou en partie. En effet, il a également été montré que les personnes végétariennes sont plus soucieuses de leur santé en général : elles sont moins nombreuses à fumer, elles ont un niveau d’activité physique moyen plus élevé, etc. Donc on pourrait tout aussi bien dire que le régime végétarien n’est que le marqueur aux effets neutres d’une attitude plus générale qui protège la santé.

Pour démontrer les effets du végétarianisme sur la santé de manière certaine, il faudrait constituer deux groupes de personnes homogènes (autant de fumeurs dans les deux groupes, des niveaux d’activité physique similaires, etc.) et s’assurer que l’un est strictement végétarien et l’autre non. Les résultats observés seraient plus fiables sur l’effet du végétarianisme, mais il serait encore possible de les critiquer en évoquant un possible effet placebo dans le groupe végétarien. Pour toutes ces raisons, la recherche sur l’impact des habitudes nutritionnelles sur la santé est toujours complexe.

Néanmoins, on peut dire que le régime végétarien est en général plus respectueux de certaines des recommandations nutritionnelles actuelles (moins de viande rouge et de charcuteries, plus de fibres, plus de légumineuses, par exemple), ce qui va dans le sens d’un bénéfice d’une alimentation végétarienne équilibrée sur la santé.

Attention, on peut être végétarien et manger trop de matières grasses et trop d’aliments sucrés. On peut être végétarien et en surpoids. On peut être végétarien et manger trop d’aliments préparés industriellement (d’autant plus que le marché des plats préparés végétariens est en pleine croissance). De fait, une étude américaine de 2017 a montré que les personnes végétariennes qui mangent davantage d’aliments transformés (jus de fruits tout prêts, sodas, céréales raffinées, frites, confiseries, etc.) ont un risque de maladie cardiovasculaire significativement plus élevé que celui de personnes végétariennes qui privilégient les aliments bruts (céréales complètes, fruits et légumes, légumineuses et fruits secs, etc.).

Pour celles et ceux qui souhaitent aller plus loin, le service Check News du quotidien Libération a récemment publié un excellent travail sur le sujet. (https://www.liberation.fr/checknews/2018/09/06/vaut-il-mieux-pour-la-sante-etre-vegetarien-vegan-ou-omnivore_1675452)

Sources

L’étude américaine de 2017 sur les effets des aliments végétariens transformés comparés aux aliments bruits sur la santé cardiovasculaire.

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