EN BREF
Sources

Non et la comparaison n’a aucun sens.

Selon le DSM-V, le manuel de référence de l’American Psychiatric Association, l’addiction à une substance est diagnostiquée selon 11 critères :

  • Besoin impérieux et irrépressible de consommer la substance
  • Perte de contrôle sur la quantité et le temps dédié à la prise de la substance
  • Beaucoup de temps consacré à la recherche de la substance
  • Augmentation de la tolérance à la substance
  • Présence d’un syndrome de sevrage (symptômes provoqués par l’arrêt brutal de la consommation)
  • Incapacité de remplir des obligations importantes du fait de la consommation ou de la recherche de la substance
  • Usage de la substance même lorsqu'il y a un risque physique
  • Problèmes personnels ou sociaux liés à la consommation ou la recherche de la substance
  • Désir ou efforts persistants pour diminuer les doses de substance consommées
  • Activités réduites au profit de la consommation
  • Poursuite de la consommation malgré les dégâts physiques ou psychologiques

La présence chez une personne de 2 à 3 de ces critères signe une addiction faible, celle de 4 à 5 critères une addiction modérée, et celle de 6 critères ou plus une addiction sévère.

Remplacez dans cette liste le mot « substance » par « sucre » ou « aliments sucrés » et vous aurez du mal à trouver plus de 3 critères, même chez les plus gourmands d’entre nous. Avec la cocaïne, par contre, le nombre de critères peut rapidement augmenter. Donc l’addiction au sucre est bien moins nette que celle à la cocaïne qui peut détruire une vie, physiquement et socialement.
Mais la comparaison ne fait guère de sens en terme de conséquences sociales. Comme le dit Jean Zwiller, directeur de recherche CNRS au laboratoire de neurosciences cognitives de Strasbourg, cité dans un excellent article sur le sujet écrit par l’équipe de CheckNews Libération (des confrères chasseurs de fake news) : « Quand des gens me disent : « Je suis dépendant du chocolat », je réponds : « La dépendance à la cocaïne ou au crack pousse à voler, à se prostituer. Vous connaissez quelqu’un qui se prostitue pour un carré de chocolat ? » »
Même si le sucre possède un effet addictif certain et que l’abus de produits sucrés est sans aucun doute véritablement mauvais pour la santé, la comparaison entre sucre et cocaïne en terme d’addiction est abusive.

Sources

L’article de CheckNews Libération sur l’addiction au sucre

La définition d’une addiction selon le DSM-V

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