EN BREF
Sources

Au-delà de ses vertus stimulantes, on n’en sait rien.

Le thé, et en particulier le thé vert, est abondamment vanté dans les médias pour une multitude d’éventuels bienfaits. Toutes les variétés de thés sont issues du même arbuste : Camellia sinensis. La durée de l’oxydation (appelée improprement fermentation) détermine le type de thé produit : un thé vert est oxydé durant quelques heures, un thé oolong un peu plus longtemps et un thé noir toute une nuit, voire plus. Les thés pu-ehr ou tuo-cha sont des thés soumis à une véritable fermentation bactérienne pendant des mois ou des années.

En phytothérapie, le thé est essentiellement proposé pour lutter contre la fatigue (une tasse contient 50 mg de caféine, improprement appelée théine) et comme diurétique. Des études ont été menées pour évaluer sa capacité à protéger des caries dentaires, des maladies cardiovasculaires et des cancers, du fait de sa concentration en polyphénols (80 à 100 mg par tasse) : catéchines (en particulier, l’épigallocatéchine-3-gallate ou EGCG), théaflavines, théarubigines, etc. Ces substances sont des antioxydants qui peuvent protéger les cellules des agressions chimiques. L’effet du thé dans la prévention des caries pourrait être lié aux catéchines, mais également à sa richesse en fluor.
Les études portant sur les propriétés préventives du thé dans le cadre des maladies cardiovasculaires (et du cancer) ont abouti à des résultats contradictoires. Ce sont essentiellement des études d’observation qui mettent (ou non) en évidence un plus faible risque de développer ces maladies chez les personnes qui consomment spontanément de grandes quantités de thé. Mais l’influence des autres facteurs (alimentation ou vie plus saine en général) n’est quasiment jamais prise en compte. Or les personnes qui consomment régulièrement du thé semblent avoir une meilleure hygiène de vie globale.


Dans le cadre de la prévention ou du traitement des cancers, aucune étude n’a clairement montré de bénéfice à consommer du thé. Les Instituts nationaux de la santé américains (NIH) ont publié un avis officiel rappelant l’absence de preuves quant aux effets du thé dans la prévention ou le traitement des cancers. Sur des cellules en culture, la catéchine EGCG a montré une capacité certaine à inhiber la croissance de plusieurs types de cellules cancéreuses. On pense que cet effet est lié à ses propriétés antioxydantes et à sa capacité à inhiber une enzyme nécessaire à la croissance des cellules cancéreuses, l’urokinase. Mais aucune étude clinique n’a évalué si cet effet se retrouve dans l’organisme.

Attention, les tanins contenus dans le thé peuvent diminuer l’absorption du fer par l’intestin. Il est préférable de boire moins de deux litres de thé par jour, loin des repas ou de la prise de suppléments de fer.

Sources

L’avis du NIH sur le thé vert


La fiche de l’Agence européenne sur le thé vert

Lire la suite