Probablement pas sur la fatigue oculaire, absolument aucun sur la DMLA.

Les écrans de nos nombreux dispositifs électroniques produisent beaucoup de lumière bleue (longueur d’ondes comprise entre 415 et 455 nanomètres), en particulier les écrans de type OLED ou AMOLED. Ces ondes véhiculent une plus forte énergie que les lumières plus chaudes et elles sont pour cela suspectées d’être délétères pour nos rétines. De plus, et c’est prouvé, la lumière bleue contribue à maintenir notre vigilance. Notre cerveau l’associe à la lumière du jour, le soleil produisant bien plus de lumière bleue que tous nos écrans réunis.

Des filtres relativement peu efficaces

Pour lutter contre les supposés effets négatifs de la lumière bleue, des lunettes avec des verres filtrants sont proposées, ainsi que des filtres à écran, pour une réduction estimée entre 20 et 30 % de la lumière bleue, pas plus. De plus, les logiciels des smartphones proposent également de « réchauffer » les couleurs de leur écran, par exemple après 22 heures pour s’endormir plus facilement.

La lumière bleue provoque-t-elle de la fatigue oculaire ?

Probablement pas. Ce qui provoque la fatigue oculaire (douleurs musculaires et sécheresse), ce sont essentiellement les défauts de correction, le fait de fixer un objet pendant des heures (en l’occurrence un écran, mais cela pourrait être un mur) et le fait de ne pas cligner suffisamment des yeux (ce qui arrive lorsqu’on fixe un objet). Aucune étude n’a prouvé que la lumière bleue aggrave la sensation de fatigue oculaire.

La lumière bleue est-elle toxique pour la rétine ?

Cette affirmation s’est retrouvée en première page de certains journaux au cours de l’été 2018. En effet, une étude publiée dans la revue Nature semble indiquer que la lumière bleue provoque une chaîne de réactions chimiques qui conduisent à la création de molécules toxiques dans la cellule. Sauf que cette étude a été menée sur des cellules non rétiniennes modifiées et cultivées in vitro. On est donc loin d’une étude sur des cellules de la rétine, naturellement protégées par la cornée, le cristallin et l’humeur aqueuse (la gelée transparente qui remplit l’œil).

Quid de la DMLA ?

En ce qui la concerne la DMLA, cette affirmation n’a guère de sens pour une maladie dont les facteurs de risque principaux sont l’âge et le tabagisme (risque multiplié par 3 à 6). D'autres facteurs peuvent intervenir : l’hérédité (risque multiplié par 4), l’hypertension artérielle, l’exposition importante à la lumière du jour dans l'enfance, la couleur claire de l'iris et des facteurs nutritionnels. La lumière bleue n’a jamais été associée au risque de DMLA et cela n’est qu’un argument marketing pour vendre des lunettes.

Sources

L’étude publiée dans Nature

Les causes de la fatigue oculaire

Les facteurs de risque de la DMLA

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