Au cours du suivi médical des enfants, de nombreux examens permettent de s'assurer que leur développement psychomoteur est harmonieux et cohérent. L'objectif commun de ces examens est de dépister le plus précocement possible les éventuelles anomalies, afin d'améliorer l'efficacité des traitements mis en place.

La complexité du développement psychomoteur chez l'enfant

Au cours des premières semaines, la psychomotricité du nouveau-né se limite essentiellement à des réflexes. Le système nerveux est encore immature et l'enfant réagit de manière automatique.

Au fur et à mesure du développement des organes des sens, du cerveau et des capacités en termes de mouvement, les réactions de l'enfant deviennent plus réfléchies et plus fines. Il analyse son environnement, apprend et agit de manière appropriée. Ce développement est dit "gras]psychomoteur" car il met en jeu la capacité à ressentir, raisonner et contrôler ses mouvements. En fait, la psychomotricité de l'enfant se développe en même temps que ses capacités intellectuelles, linguistiques et affectives ; elle ne peut guère en être séparée.

Pour cette raison, un trouble psychomoteur est complexe à analyser car il peut avoir, parmi d'autres, des causes sensorielles, mentales, musculaires ou affectives.

Parmi les troubles du développement psychomoteur, on distingue, par exemple,

- les retards moteurs (retards de la capacité à tenir une posture ou à effectuer un mouvement complexe),
- les troubles de la coordination motrice (maladresse, imprécision ou lenteur entre autres),
- l'instabilité psychomotrice (turbulence, hyperactivité, agitation par exemple),
- les tics (mouvements ou vocalisations involontaires, irrésistibles et répétitifs).

Des examens psychomoteurs réguliers, prévus dans le suivi habituel des enfants, permettent de dépister de façon précoce d'éventuelles anomalies de la psychomotricité et, au besoin, de déclencher rapidement une prise en charge adaptée.

Les réflexes chez le nourrisson

À la naissance, de nombreux réflexes sont normalement présents. Le nouveau-né les effectue automatiquement, sans intervention de la volonté. Le médecin vérifie systématiquement la présence de ces réflexes et du tonus musculaire.

- Le réflexe de succion : le nouveau-né est capable de téter.
- Le réflexe de Moro, ou réflexe d'embrassement : quand un adulte s'approche, les bras du bébé s'écartent symétriquement puis se rejoignent.
- Le réflexe de fouissement : le bébé recherche le sein de sa mère et s'oriente naturellement vers lui.
- Le réflexe de redressement : lorsqu'on exerce une pression au niveau de ses plantes de pied, l'enfant étant sur le dos, il pousse instinctivement sur ses jambes.
- Le réflexe de marche automatique : soutenu sous les aisselles, l'enfant se met à marcher dans le vide.
- Le réflexe de préhension : lorsqu'un doigt est passé dans sa paume de la main, les doigts du bébé cherchent à s'y agripper.

À l'exception du réflexe de succion, ces réflexes disparaissent au bout de quelques semaines et sont remplacés par des mouvements où la volonté commence à entrer en jeu.

Les examens psychomoteurs lors des visites obligatoires

Au cours de chaque visite obligatoire, le médecin effectue un ensemble de tests psychomoteurs adaptés à l'âge de l'enfant. Ces tests sont détaillés dans les pages du carnet de santé qui gardent la trace de ces visites, sous la rubrique "Développement".

Par exemple, à quatre mois, le médecin s'assure que le bébé tient sa tête droite lorsqu'il est assis, et que, sur le ventre, il peut soulever la tête et les épaules, et s'appuyer sur ses avant-bras. Ces tests mesurent le développement du tonus musculaire du bébé.

À un âge plus avancé, ces tests évaluent, par exemple, la capacité de l'enfant à monter un escalier en alternant les jambes ou à se tenir sur un pied pendant trois secondes. L'ensemble de ces examens évalue à la fois le tonus musculaire, le développement sensoriel (dont la vision et l'audition), la motricité (effectuer un mouvement), l'éveil et les capacités de communication avec l'entourage, l'acquisition de la propreté, l'apprentissage du langage et le développement intellectuel dans son ensemble, ainsi que le développement affectif.

Si le médecin observe un retard avéré dans l'acquisition de certaines de ces capacités, il interroge les parents ou pratique des examens complémentaires pour connaître l'origine de ce retard. Par exemple si l'enfant présente des troubles de l'élocution, il va devoir explorer à la fois l'audition (l'enfant entend-il le son qu'il produit ?), la motricité (la morphologie de sa gorge, de sa bouche ou de sa langue est-elle en cause ?), le développement affectif (l'enfant a-t-il des raisons de vouloir rester un bébé ?), le développement intellectuel, etc.

La recherche des causes d'un trouble du développement psychomoteur est un processus complexe qui demande du temps.

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