EN BREF

Substance illicite la plus consommée en France, le cannabis se fume sous forme de résine ou de plante séchée. Utilisée régulièrement, cette drogue peut avoir un effet néfaste sur le psychisme, en créant une dépendance ou en accentuant des troubles préexistants. Le cannabis altère aussi les capacités de concentration et la vigilance. De plus, il génère une démotivation, avec des conséquences possibles sur la scolarité et les relations sociales.

Une drogue multiforme beaucoup consommée en France

Le cannabis compte plus d’un million de consommateurs réguliers en France. Ainsi, le tétrahydrocannabinol (THC) qu’il contient est la troisième substance psychoactive la plus consommée (après l’alcool et la nicotine du tabac), et la première parmi les substances illicites. Si vous êtes concerné, il faut savoir que les prises régulières exposent à de nombreuses complications, dont les plus fréquentes sont :
- la démotivation ;
- les troubles de la concentration et de la vigilance ;
- l’aggravation de troubles psychiques préexistants.

Également nommée "chanvre indien", cette plante contient une concentration en THC variable selon le type de chanvre (entre 0,5 et 5 % de la plante sèche dans les variétés sauvages). Ces dernières années, des variétés sélectionnées pour leur haute teneur en THC (jusqu’à 22 %) ont commencé à circuler. Ainsi, consommer du cannabis aujourd’hui expose à des doses de tétrahydrocannabinol bien supérieures à celles des années 1970 ou 1980.

Le cannabis se présente sous deux formes :
- plante séchée (fleurs femelles, parfois feuilles) sous le nom de "marijuana", "ganja", "beuh", etc. ;
- barrettes de résine (haschich, "hasch", "shit", etc.) contenant davantage de THC que la plante séchée, soit jusqu’à 31 % de leur poids.
Sous ces deux formes, le cannabis se fume le plus souvent mélangé à du tabac (c’est le "joint", "spliff", "bedo", etc.). Dans les années 1970, un joint contenait en moyenne 10 mg de THC. Aujourd’hui, il peut en contenir 150 mg, ce qui a considérablement aggravé les conséquences négatives de l’usage du cannabis.
Parfois, la résine est aussi utilisée dans la préparation de gâteaux, les "space cakes".

Sur les 49 millions de Français âgés de 11 à 75 ans, 13,4 millions, soit 27 %, disent avoir expérimenté l’usage du cannabis, dont 3,8 au cours de l’année écoulée. De plus, 1,2 million de Français se déclarent "utilisateurs réguliers", et 500 000 d’entre eux fument tous les jours.
Par ailleurs, la consommation de cannabis est plus répandue chez les hommes : elle concerne 3,4 % des hommes entre 18 et 64 ans, contre 2,1 % de l’ensemble de la population adulte.

Enfin, parmi les adolescents âgés de 17 ans :
- 41,5 % ont expérimenté le cannabis au moins une fois ;
- 6,5 % se disent "consommateurs réguliers".

Ce chiffre est en baisse chaque année : en 2002, ils étaient 12,3 % à fumer régulièrement.

Des conséquences importantes sur le psychisme et la vie sociale

Le cannabis ne provoque pas de dépendance physique comme d’autres substances psychoactives (aussi, le sevrage ne s’accompagne pas de symptômes de manque).
Néanmoins, en utilisant régulièrement cette drogue, vous vous exposez à :
- des effets négatifs au niveau psychique et/ou sur votre vie scolaire, professionnelle ou sociale ;
- un risque d’accidents mettant en jeu votre vie.

L’emploi de cette substance est recherché pour son effet relaxant, euphorisant, désinhibant, et sa capacité à augmenter l’intensité des perceptions sensorielles.
Toutefois, les gros consommateurs risquent une aggravation de troubles psychiques préexistants :
- anxiété généralisée ;
- troubles paniques ;
- dépression.

Par ailleurs, en cas de prédisposition à la schizophrénie, la consommation régulière de cannabis semble accélérer ou favoriser l’apparition de cette psychose.
Chez certaines personnes, des doses élevées de THC peuvent aussi provoquer une bouffée délirante (épisode de délire qui survient brusquement, chez quelqu’un n’ayant jamais présenté ce type de problème auparavant). Pendant cet épisode, la perception de la réalité est modifiée, le fonctionnement de l’esprit et ses relations avec le monde extérieur sont profondément bouleversés. Cette situation peut se prolonger quelques heures, jours ou semaines, et nécessite une hospitalisation en urgence.
Enfin, dans certains cas, le cannabis provoque une véritable dépendance psychique. En l’absence de consommation, la personne ressent alors un malaise, souffre d’irritabilité et de troubles du sommeil.

En savoir plus : [Reconnaître les symptômes d’une addiction](https://www.axaprevention.fr/sante-bien-etre/sante-question/addictions)

La prise régulière de cannabis entraîne :
- des difficultés de concentration ;
- des troubles de la mémoire à court terme, tant que le THC est présent dans l’organisme.

Cela peut engendrer des difficultés scolaires ou professionnelles.
De plus, cette substance tend à provoquer une démotivation. Celle-ci se traduit parfois par un abandon de la scolarité ou de projets qui, jusque-là, tenaient à cœur à la personne. Cet impact sur la capacité à se projeter dans l’avenir, proche ou lointain, devient rapidement un sujet de préoccupation pour l’entourage des personnes concernées. Globalement, la perte de goût pour les activités interfère fortement avec la vie sociale.

Cette substance réduit aussi la vigilance, en particulier si l’on prend des boissons alcoolisées en même temps. En conduisant un véhicule, le risque d’être responsable d’un accident mortel est multiplié par :
- 1,8 avec la prise de cannabis ;
- 15 en cas de consommation simultanée d’alcool.

À cause de cet effet sédatif, des compagnies comme Air France, la SNCF ou la RATP testent régulièrement les urines de leurs conducteurs, afin d’y détecter d’éventuelles traces de THC.
Chez les personnes utilisant des machines-outils ou des outils dangereux, la consommation de cannabis augmente aussi le risque d’accident du travail grave (pour elles, comme pour leurs collègues).

En savoir plus : [La dépendance à l’alcool](https://www.axaprevention.fr/sante-bien-etre/addiction-alcool-alcoolisme)

Parce que le cannabis se fume le plus souvent avec du tabac, sa consommation expose à l’ensemble des complications du tabagisme, notamment :
- les cancers ;
- les maladies cardiovasculaires,
- les troubles respiratoires.

De plus, au-delà de l’effet du seul tabac, le cannabis semble augmenter significativement le risque de cancer du poumon.

Outre les effets néfastes de la perte de motivation, le quotidien de ceux qui fument du cannabis en grande quantité peut souffrir des conséquences de l’addiction psychique. L’existence de la personne devient centrée sur la recherche et l’achat de la substance, ce qui, dans certains cas, aggrave son isolement social. Pour assurer son approvisionnement, elle prend aussi de plus en plus de risques. Or, l’usage, la possession, la production et la vente de cannabis restent punis par la loi. Ainsi, les contrevenants encourent :
- jusqu’à 1 an de prison et 3 750 euros d’amende pour l’usage ;
- jusqu’à 20 ans de prison et 7,5 millions d’euros d’amende pour le trafic.

Chaque année, en France, environ 122 000 interpellations ont lieu pour usage de cannabis, et 15 000 pour revente.

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