EN BREF

Le traitement de l’addiction se base avant tout sur la volonté du patient d’être soigné, après qu’il a pris conscience de sa dépendance. Dispensés par des addictologues, les soins se déroulent en centre de jour ou à l’hôpital. Le suivi psychologique est essentiel pour entretenir la motivation de la personne et éviter les rechutes. Pour un arrêt durable des pratiques addictives, les groupes d’entraide représentent aussi un soutien important.

Décider d’en finir avec son addiction et se faire aider

Se libérer d’une dépendance est un parcours qui demande de la motivation, du temps et un soutien adapté. Si vous êtes concerné, c’est à vous de décider d’entamer cette démarche, même si votre entourage vous suggère à plusieurs reprises de faire appel à un professionnel de l’addiction. Le "déclic" peut survenir :
- à la suite d’un événement ayant eu des conséquences plus graves que de coutume (ex. : accident de la route, perte d’emploi, arrestation), ce qui représente la situation la plus fréquente ;
- après une prise de conscience individuelle ou sur les conseils de proches inquiets ;
- après que vous avez identifié des éléments qui pourront soutenir votre motivation (projets personnels ou familiaux, désir de vivre sans "béquilles", etc.)

Parfois, la décision de suivre un traitement est le fruit d’un dialogue avec le médecin traitant qui, au cours d’une visite, a perçu que son patient souffrait d’une dépendance et discute avec lui de son souhait d’être soigné. Le rôle du généraliste est alors d’accompagner la réflexion de la personne, de l’aider à formuler ce qu’elle ressent et ce qu’elle se sent prête à accomplir.
Si elle exprime la volonté de guérir, son médecin lui conseille en général de consulter un spécialiste en addictologie :
- soit dans un service hospitalier spécialisé ;
- soit dans un Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA).

En savoir plus : [Reconnaître les caractéristiques de l’addiction](https://www.axaprevention.fr/sante-bien-etre/sante-question/addictions)

Des soins au cas par cas, portés par la motivation de la personne

Le traitement d’une addiction est envisagé uniquement si la personne émet le désir de réduire ou cesser sa consommation ou sa pratique. De plus, les soins doivent être programmés en lui laissant le choix du moment et de la méthode, tout en renforçant et en maintenant sa motivation. Idéalement, le traitement s’inscrit dans un projet de vie plus global, sur lequel le patient pourra se concentrer pour puiser forces et motivation, en cas de difficultés à contrôler son comportement.

Selon le type d’addiction et les particularités de l’individu soigné, le traitement peut être mené :
- soit en ambulatoire (la personne se rend au centre de soins dans la journée, mais rentre chez elle le soir) ;
- soit au cours d’une hospitalisation.

Cette deuxième solution est préférée pour :
- les patients dépendants à plusieurs substances (ex. : alcool et opiacés, alcool et médicaments) ;
- ceux qui souffrent de maladies psychiatriques ;
- ceux qui vivent dans la précarité ou dans un environnement peu propice à l’arrêt de l’addiction.

En savoir plus : [L’alcoolodépendance](https://www.axaprevention.fr/sante-bien-etre/sante-question/addiction-alcool-alcoolisme)

Contrairement à une idée reçue, le but d’un traitement contre l’addiction n’est pas nécessairement d’arriver à une abstinence totale. Pour les médecins, réduire la consommation ou la pratique à un niveau inférieur à celui qui caractérise la nocivité peut être l’objectif du traitement. L’arrêt complet et la prévention des rechutes sont difficiles. Aussi, le choix entre réduction de la fréquence et arrêt total doit être laissé au patient, qui choisira selon ce qu’il ou elle pense être capable d’accomplir.

Toutefois, dans certains cas, un sevrage complet doit impérativement être envisagé, par exemple lors de complications sévères de l’alcoolodépendance.

Un suivi médical et psychologique au long cours

Pour accompagner le traitement, le médecin peut prescrire des médicaments anxiolytiques à longue durée d’action. Leur objectif est d’aider la personne touchée à surmonter les symptômes de manque les plus pénibles.

Souvent, l’arrêt du comportement addictif s’accompagne de troubles dépressifs, qui ont tendance à s’estomper en quelques semaines. Pendant cette période, le suivi psychologique est renforcé mais il est d’usage de ne pas prescrire d’antidépresseurs. Cela évite d’exacerber un éventuel risque suicidaire. Par la suite, tout au long du traitement, le patient est suivi par un psychologue et, si nécessaire, par un travailleur social.

L’intégration d’un groupe d’entraide (de type "Alcooliques Anonymes" ou "Narcotiques Anonymes", par exemple) augmente les chances de réussite du sevrage. Les bénévoles, anciens dépendants, sont en effet des alliés efficaces vis-à-vis desquels la personne peut s’identifier et s’exprimer, sans crainte d’être jugée. De plus, chaque participant est associé à un "sponsor", disponible 24 heures sur 24 pour l’aider à passer les caps difficiles (en particulier la nuit et les week-ends, quand les psychologues ne sont pas disponibles).

Un soutien pour éviter les rechutes jusqu’à l’arrêt durable

La prévention des rechutes repose sur la prise en charge psychothérapeutique de longue durée, ainsi que sur la participation à un mouvement d’entraide. Ce double soutien vise à aider la personne :
- à maintenir sa motivation ;
- à mieux comprendre les situations qui l’exposent au risque de vouloir replonger dans le comportement addictif ;
- à analyser les facteurs environnementaux qui l’ont poussée à la dépendance (enfance, parcours de vie, etc.).

Elle doit être considérée non comme un échec personnel, mais comme un apprentissage. L’identification des éléments qui l’ont provoquée (anxiété, dépression, fréquentation de lieux de consommation, usage du tabac, etc.) peut se révéler utile au patient, pour développer des stratégies afin d’éviter les rechutes ultérieures.

Pour de nombreuses addictions, plusieurs tentatives sont souvent nécessaires avant de parvenir à un arrêt durable. Mais le plus souvent, après la rechute, la fréquence du comportement addictif reste moindre par rapport à ce qu’elle était avant le sevrage.

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