Les cartilages qui protègent la surface des os à l'intérieur des articulations perdent leur souplesse au fil du temps ; de ce fait, leur capacité d'amortissement diminue. Ils se fissurent sous les contraintes de pression liées aux mouvements. Les surfaces articulaires sont moins bien lubrifiées, les ligaments deviennent fibreux. La souplesse et la flexibilité générale s'en trouvent affectées.

Quels sont les symptômes de l'arthrose ?

L'arthrose provoque des douleurs articulaires et des raidissements des articulations. La personne se plaint d'avoir mal aux genoux, à la hanche ou d'avoir des difficultés à bouger ses doigts. Les symptômes disparaissent en général pendant le sommeil. Les douleurs des articulations sont plus intenses au réveil (jusqu'à ce que les articulations s'échauffent) et après un exercice plus soutenu qu'à l'ordinaire (jardinage, bricolage, randonnée, etc.). La maladie évolue par poussées, des épisodes douloureux alternant avec des périodes d'accalmies. Dans les stades avancés, la mobilité des articulations devient limitée : difficultés à saisir et manipuler des objets, à se déplacer, à s'habiller, etc.

Il ne faut pas confondre arthrite et arthrose. L'arthrite aiguë est généralement due à une infection due à des bactéries. Elle se traduit par une violente inflammation, de la fièvre, et nécessite un traitement d'urgence. L'articulation est rouge, chaude, enflée et très douloureuse. L'arthrite chronique évolue sur de longues périodes. Elle est souvent d'origine auto-immune (le système immunitaire agresse les cartilages articulaires) : c'est le cas par exemple de la polyarthrite rhumatoïde ou de la spondylarthrite ankylosante.

Quelles sont les causes de l'arthrose ?

L'arthrose est probablement une maladie résultant de facteurs héréditaires et de facteurs liés au mode de vie. L'utilisation excessive de certaines articulations pour des motifs sportifs ou professionnels, pendant de nombreuses années, favorise l'apparition de la maladie. L'obésité y contribue en surchargeant les articulations des hanches, des genoux et des chevilles. Néanmoins, l'arthrose apparaît également chez des personnes qui ne présentent aucun de ces facteurs de risque.

Comment diagnostique-t-on l'arthrose ?

Outre l'examen clinique, la radiographie permet de diagnostiquer et de suivre l'évolution de l'arthrose. La radiographie montre des images caractéristiques où l'os situé sous le cartilage se densifie tandis que des excroissances osseuses apparaissent autour de l'articulation.

Comment protéger ses articulations ?

La prévention de l'arthrose repose sur des mesures visant à protéger les cartilages articulaires tout au long de la vie. Par exemple, chez les sportifs, le respect des règles d'échauffement et l'acquisition de bons gestes techniques vont éviter de surcharger les articulations. Chez les personnes obèses, perdre du poids réduit les risques d'arthrose des hanches et des genoux.

Pour les personnes atteintes d'un début d'arthrose, des moyens simples et efficaces permettent de retarder l'évolution de la maladie. Faites de l'exercice. L'arthrose peut être aggravée par l'absence d'exercice physique. Poursuivez ou commencez une activité physique adaptée à votre cas. Pratiquée avec une intensité modérée et selon certaines règles, elle maintient les articulations en bonne santé. La marche et la natation sont particulièrement recommandées. Préférez les sports pratiqués sur un sol élastique (tennis sur terre battue, jogging sur des chemins de terre, etc.). L'hiver, planifiez des activités adaptées (natation, aquagym, sports en salle) pour continuer à faire de l'exercice. Votre médecin ou votre kinésithérapeute vous indiquera également des exercices à pratiquer chez vous.

Réapprenez à marcher. Certaines personnes plantent leurs talons dans le sol en marchant, soumettant ainsi leurs genoux et leurs hanches à des impacts brutaux. Marchez pieds nus sur du plancher : si vous entendez un bruit sourd à chacun de vos pas, il y a de fortes chances que vous ayez une démarche trop lourde. Imaginez que vous marchez sur des coussins d'air. Exercez-vous jusqu'à ce que vous ne fassiez plus aucun bruit en vous déplaçant.

Chaussez-vous bien. Investissez dans des chaussures de sport avec de bonnes semelles et des talons qui amortissent les chocs.

Refroidissez vos articulations. Si, après un effort, une articulation vous fait mal ou enfle, appliquez-y un sac de glace couvert d'un tissu sec pendant 15 à 20 minutes. Vous pouvez aussi utiliser un sac de petits pois congelés, offrant un contact plus enveloppant que des cubes de glace. Des compresses refroidissantes sont également disponibles en pharmacie.

Immobilisez l'articulation. Si une articulation est douloureuse, immobilisez-la avec une orthèse adaptée (un appareil destiné à limiter les mouvements, disponible en pharmacie). Toutefois, n'immobilisez pas une articulation au-delà de deux ou trois jours. Si la douleur persiste, consultez votre médecin.

Evitez le surmenage ! Le repos reste le meilleur des traitements pour une articulation douloureuse. Évitez les journées entières de jardinage, de bricolage ou de randonnée intenses ; ne surmenez pas vos cartilages.

Comment soigne-t-on l'arthrose ?

Les traitements de l'arthrose reposent essentiellement sur l'utilisation de médicaments contre la douleur et l'inflammation.

L'arthrose est habituellement soulagée par des traitements antalgiques pris par voie orale comme le paracétamol, l'aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS, comme l'ibuprofène ou le kétoprofène) à faible dose, parfois accompagnés de médicaments contre la douleur dérivés de l'opium (codéine, tramadol, dextropropoxyphène, etc.). Dans le traitement de l'arthrose, le paracétamol peut être pris à la dose de 1 gramme, quatre fois par jour, mais uniquement sur prescription médicale.

Des traitements antalgiques (AINS) peuvent être appliqués sur les articulations douloureuses (doigts, genoux, etc).

Lors d'arthrose sévère, certains médicaments sont injectés directement dans l'articulation douloureuse.

Les injections d'acide hyaluronique dans le genou permettent de soulager la douleur et de diminuer la gêne. Les injections ne sont remboursées par l'Assurance maladie que si elles sont prescrites et réalisées par un rhumatologue, un médecin spécialisé en réadaptation ou un chirurgien orthopédiste.

Les glucocorticoïdes, ou corticoïdes, sont des produits de synthèse, dérivés de la cortisone, une hormone sécrétée par les glandes surrénales. Les glucocorticoïdes sont également appelés corticostéroïdes. Ils diminuent les signes caractéristiques de la réaction inflammatoire (chaleur, rougeur et gonflement). Les glucocorticoïdes sont des médicaments délivrés sur ordonnance.

Dans le traitement de l'arthrose, les corticoïdes sont généralement administrés sous forme d'infiltrations. L'infiltration consiste à injecter une solution de glucocorticoïde dans ou autour d'une articulation pour calmer la douleur et réduire l'inflammation. Il s'agit d'un traitement local qui permet d'obtenir une forte concentration d'anti-inflammatoire à l'endroit de l'inflammation.

Avec les glucocorticoïdes injectables à effet retard (dont l'effet dure plusieurs jours), des réactions douloureuses au site d'injection peuvent survenir dans les douze heures suivant l'injection. Elles disparaissent spontanément. Les infiltrations ne doivent être pratiquées que par un médecin expérimenté et dans des règles d'asepsie strictes. Pratiquée dans de mauvaises conditions d'hygiène, une infiltration peut provoquer la survenue d'une infection au point d'injection, provoquant l'infection de l'articulation ou un abcès. Si vous constatez un gonflement très douloureux et chaud accompagné de fièvre dans les jours qui suivent une infiltration, prévenez aussitôt votre médecin.

Le médecin peut également faire appel à des orthèses, à la kinésithérapie ou à des cures thermales. Dans les cas graves, la pose d'une prothèse articulaire peut s'avérer nécessaire, par exemple au niveau de la hanche ou du genou.

Quelle place pour le thermalisme dans le traitement de l'arthrose ?

Le thermalisme propose de traiter, à l'aide de différents soins, des maladies particulières en tirant profit des éléments contenus dans certaines eaux minérales. Ces traitements peuvent prendre différentes formes : prises d'eaux en quantités précises et selon un horaire établi, douches chaudes sur certaines parties du corps, bains avec massages pulsés, bains de boue, etc. Une cure dure en général 18 jours.

Le thermalisme a ses détracteurs. Pour certains, il n'a aucun effet avéré et il n'est qu'un soutien déguisé de l'État à une certaine forme de tourisme. Les curistes, eux, sont convaincus des bienfaits du thermalisme. Face à cette polémique, les centres de thermalisme ont décidé de se regrouper en association avec les maires des villes de cure. Ensemble, ils veulent susciter des études scientifiques pour prouver le bien-fondé de ces traitements et justifier leur prise en charge par la collectivité. Ces études sont d'autant plus nécessaires que des mesures d'économie s'imposent à tous.

Pour être remboursée par l'Assurance maladie, une cure doit être prescrite par un médecin sur une demande spéciale à envoyer à votre Caisse primaire d'assurance maladie. Elle doit mentionner la station thermale choisie (qui doit être agréée) ainsi que l'orientation thérapeutique pour laquelle la cure est prescrite. Le patient doit par ailleurs remplir une déclaration de ressources qui lui permettra éventuellement de bénéficier du remboursement de ses frais de séjour et de déplacement ou de toucher des indemnités journalières.

Après examen du dossier, l'Assurance maladie renvoie au patient une attestation de prise en charge en deux volets (un pour les honoraires médicaux à remettre au médecin thermal, un autre pour le forfait des soins thermaux à donner à l'établissement lui-même) ou trois volets s'il y a prise en charge des frais de transport et d'hébergement (à renvoyer à votre Caisse primaire d'assurance maladie à votre retour). Les honoraires sont remboursés à 65 % et le forfait à 70 %. Vérifiez auprès de votre mutuelle si la différence vous sera remboursée.

Les affections prises en charge par le thermalisme

Une cure thermale peut être prise en charge par l'Assurance maladie à condition qu'elle soit prescrite dans l'un des domaines médicaux suivants :

affections des muqueuses de la bouche ou de la langue ;
affections digestives ;
affections psychosomatiques ;
affections urinaires ;
dermatologie ;
gynécologie ;
maladies cardiovasculaires ;
neurologie ;
maladies des veines ;
rhumatologie ;
maladies des voies respiratoires.

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