L'asthme est une maladie respiratoire chronique, due à une hypersensibilité des bronches face à certains allergènes ou substances (pollens, moisissures, fumées, etc.) Elle se traduit par des crises d'essoufflement pouvant mettre la vie en danger. En France, les crises d'asthme aiguës sont ainsi responsables de 1 500 à 2 000 décès par an.

Pourtant, il existe des traitements permettant de soigner et prévenir ces épisodes. Pris avec régularité et soin, ils permettent aux personnes asthmatiques de mener une vie normale, y compris en voyage ou pendant une grossesse.

L’asthme, une maladie de plus en plus fréquente

Actuellement, en France, la fréquence de l’asthme varie avec l'âge.
Elle touche 6 à 9 % des enfants en école primaire, 15 % des 13-14 ans et 5 % des adultes. Ces pourcentages font de l'asthme l'une des maladies chroniques les plus fréquentes en France.

Plusieurs motifs sont avancés pour expliquer la progression de l'asthme depuis le début des années 2000 :

  • le changement de mode de vie
  • la pollution (domestique, atmosphérique et industrielle)
  • le tabagisme
  • les agents infectieux (notamment les virus)
  • l'augmentation du nombre d'animaux domestiques
  • l'apparition de logements mieux isolés et moins aérés, favorisant l'humidité et l'exposition aux acariens.

Une maladie qui s’exprime par crises

La plupart du temps, cette maladie chronique se manifeste seulement par des crises aiguës. Elles viennent troubler des périodes de calme où tout semblait aller bien, et où la personne touchée pouvait se croire guérie.
De fait, certains asthmatiques voient leurs symptômes diminuer, parfois disparaître pendant plusieurs années. Par exemple, 30 à 50 % des enfants touchés n'ont plus aucune manifestation à la puberté, même si les rechutes à l'âge adulte sont fréquentes.

Une maladie qui persiste entre les crises
En dehors des crises, l'asthme reste souvent actif au niveau bronchique. En l’absence de traitement, une inflammation persiste à des degrés divers, irritant les bronches et provoquant un gonflement de leurs parois. De ce fait, l'air a moins de place pour circuler dans les poumons. Le patient ressent de la difficulté à respirer, hors épisode aigu.

Les symptômes de l’asthme

Les premiers signes d’une crise d’asthme sont parfois discrets (picotements dans la gorge, nez qui coule, éternuements, toux sèche, etc.). Puis la personne éprouve une gêne respiratoire plus ou moins importante : serrement de la poitrine, essoufflement accompagné éventuellement d'une toux (sèche, puis grasse), respiration sifflante. L'expiration se fait laborieuse et nécessite un effort de plus en plus important. L’épisode peut s’étaler sur quelques minutes à plusieurs jours.

Les facteurs déclenchants des crises d’asthme

Selon les patients, les crises peuvent survenir sous l’effet d’une grande variété de facteurs. Également appelés « pneumallergènes », ce sont des particules microscopiques présentes dans l'air ambiant. Une fois inhalées, même en quantité minime, elles peuvent déclencher des symptômes asthmatiques en arrivant au niveau des bronches.

Les principaux allergènes respiratoires sont :

  • les pollens
  • les particules provenant d'animaux (chats, chiens, rongeurs, acariens, cafards, etc.)
  • les moisissures.

Les farines de céréales, ou d'autres poussières végétales, peuvent également être en cause, ainsi que la poussière de latex. Sachez d’ailleurs que, si vous êtes allergique à cette matière, l’utilisation de gants en latex est proscrite (notamment si vous devez subir une intervention chirurgicale).

Le sport est recommandé pour les asthmatiques, car il développe la capacité pulmonaire et renforce les muscles respiratoires (comme le diaphragme). Cependant, l'inhalation d'air froid et sec, lors de l'exercice ou de la récupération, peut être à l'origine de **crises d'asthme dit « d'effort »**.

Certains traitements peuvent favoriser ou même déclencher une crise, et doivent donc être évités par les asthmatiques (ex. : « bêtabloquants » utilisés en cardiologie ou dans le cas d'un glaucome, pénicilline).

Chez les personnes asthmatiques souffrant de polypose nasale (syndrome de Widal), une crise peut aussi survenir suite à la prise :

  • d'aspirine (ou d’un autre médicament contenant de l'acide acétylsalicylique)
  • de certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), employés pour calmer les douleurs (ex. : ibuprofène).

Si vous devez bénéficier d'une intervention sous anesthésie générale, signalez que vous souffrez d’asthme. En effet, certains anesthésiques peuvent déclencher des crises ou des réactions allergiques.

En cas d’asthme, une gêne respiratoire ou une crise peut être déclenchée par l’inhalation de :

  • fumées (tabac, cuisson, cheminées, usines, etc.)
  • aérosols domestiques (insecticides notamment)
  • solvants (acétone, dissolvant, white-spirit, essence de térébenthine, essence, etc.)
  • certains parfums.

La rhinite non allergique (ou « rhume ») peut aggraver l'asthme lorsqu'il s’est déjà déclaré, ou précéder son apparition à plus long terme. De même, les infections des poumons et des bronches (grippe, bronchite bactérienne ou virale, pneumonie) provoquent souvent des crises, chez des personnes pour qui le traitement de fond était jusque-là efficace. Certaines maladies virales de la petite enfance (notamment les bronchiolites, fréquentes en hiver et très contagieuses) semblent aussi favoriser l'apparition d'un asthme chez l'enfant.

Globalement, les infections virales représentent environ 60 % des causes d'aggravation de l'asthme chez l'adulte, et 80 % chez l'enfant. Les sinusites et les foyers infectieux dentaires peuvent également aggraver cette affection chronique. Elle favorise ou aggrave les manifestations de certaines maladies allergiques, comme l'asthme ou la rhinite. Néanmoins, les asthmatiques suivant bien leur traitement de fond semblent protégés. Toutefois, lors des pics de pollution, on conseille aux personnes atteintes d'éviter les efforts, en particulier la pratique du sport en extérieur. Le traitement par bronchodilatateurs peut aussi être renforcé.

La prévention des crises d’asthme

La meilleure manière d'éviter une crise d'asthme est de se tenir éloigné d’éventuels facteurs déclenchants. Ainsi, quelles que soient les particularités de leur affection, il est déconseillé à tous les asthmatiques :

- de fumer ou de fréquenter des lieux enfumés ;
- de remuer la poussière (balayer, secouer des tapis, etc.) ;
- d'utiliser des produits irritants pour les voies respiratoires (peintures, colles, produits ménagers, etc.)

Pour éviter la prolifération des acariens, il faut concentrer ses efforts sur les chambres à coucher. Il existe un kit de dosage (Acarex test), vendu en pharmacie et non remboursé, qui permet d’analyser la poussière et d'évaluer précisément l'infestation par les acariens. Par ailleurs, essayez d’appliquer les conseils suivants :

  • aspirez régulièrement la poussière (y compris sur les matelas et fauteuils), si possible en l'absence de la personne allergique
  • dépoussiérez les meubles avec un chiffon humide
  • réduisez l'humidité et la température de la pièce (idéalement, à 18 °C)
  • aérez la chambre tous les jours, lit ouvert
  • choisissez un sommier à lattes
  • couvrez les oreillers et matelas avec des housses spéciales « anti-acariens », de qualité médicale
  • utilisez des aérosols anti-acariens ou « acaricides », disponibles en pharmacie, pour traiter literie et moquette (leur efficacité dure trois à six mois)
  • lavez les draps toutes les semaines et les couvertures tous les mois, à température élevée (60 °C)
  • évitez les moquettes, tapis et doubles-rideaux dans la chambre à coucher
  • pour les enfants, évitez les peluches dans le lit et lavez toutes les semaines (à 60 °C également) celle que l'enfant garde avec lui. On peut également mettre les peluches un jour ou deux dans le congélateur, à -20 °C (il semblerait que cela tue les acariens).

Si vous êtes allergique et si vous possédez des animaux domestiques, des précautions s'imposent :

  • interdisez-leur l’accès à votre chambre à coucher
  • supprimez les moquettes et meubles recouverts de tissu, qui peuvent retenir des poils
  • lavez votre animal toutes les semaines (en particulier s’il s’agit d’un chat), car cela permet de diminuer la quantité d'allergène dans le logement.

Si ces mesures sont insuffisantes, il est préférable de trouver un autre foyer pour votre compagnon. Par ailleurs, si votre métier implique de travailler au contact d’animaux, une allergie de ce type peut nécessiter un reclassement professionnel.

Des entreprises spécialisées proposent un traitement régulier des maisons et appartements, par des produits anti-cafards. De votre côté, vous pouvez prendre les mesures suivantes :

  • disposez des pièges ou de la poudre anti-cafards derrière les meubles
  • maintenez votre cuisine et votre intérieur les plus propres possible (ne laissez pas traîner d'aliments non protégés, et rangez les poubelles dans des lieux parfaitement fermés)
  • évitez d'apporter des aliments dans les chambres à coucher.

Pour être moins exposé aux moisissures :

  • supprimez les sources d'humidité, notamment en réparant les fuites d'eau
  • aérez et ventilez régulièrement votre salle de bains et votre cuisine
  • évitez les habitations humides et/ou situées à proximité d'un cours d'eau
  • nettoyez les surfaces sales, réservoirs de moisissures, avec de l’eau de Javel (ainsi que les humidificateurs d’air, au moins deux fois par semaine)
  • vérifiez que la terre de vos plantes vertes n'est pas recouverte de moisissures (le cas échéant, remplacez-la en surface par du terreau neuf)
  • jetez rapidement les aliments moisis
  • conservez le bois de chauffage à l'extérieur de votre habitation.

La prise d'un médicament bronchodilatateur, une demi-heure avant un effort physique, permet de prévenir une éventuelle crise d'asthme. D’autres mesures préventives peuvent aussi être prises :

  • échauffez-vous progressivement pendant plusieurs minutes (surtout quand il fait froid)
  • évitez les efforts en extérieur lorsque la pollution de l'air est importante, par temps très froid, ou lorsqu'il y a du brouillard
  • interrompez le sport pendant quelques jours en cas d'aggravation de votre asthme (liée à une infection respiratoire, par exemple).

La seul sport formellement interdit, en cas d’asthme, est la plongée sous-marine avec bouteille. En cas de crises d’asthme d’effort non contrôlées par les médicaments, il peut aussi être contre-indiqué de pratiquer des courses d'endurance.

Des traitements de crise mais aussi de fond

La plupart des personnes asthmatiques se voient prescrire des médicaments, qui peuvent être de deux types :

  • les médicaments pris en cas de crise qui dilatent très rapidement les bronches 
  • les traitements de fond qui, pris tous les jours, diminuent l'inflammation des bronches et dilatent celles-ci de façon prolongée.

Un vrai confort respiratoire durable, ainsi que la disparition ou la raréfaction des crises d’asthme, ne sont souvent obtenus que grâce à un traitement de fond. Son interruption conduit à une réapparition rapide des crises.

Asthme et grossesse

Lorsqu'elle souffre d'asthme, une femme peut s’inquiéter des conséquences de son affection en termes de maternité. Pourtant, asthme et grossesse sont tout à fait compatibles.

Elle n'est pas prévisible : l'asthme s'améliore chez un tiers des femmes enceintes asthmatiques, il reste stable chez un autre tiers, et s'aggrave pour le dernier tiers des futures mères. Toutefois, le risque d'aggravation est plus grand :

  • si la femme fume
  • si le traitement de fond est interrompu
  • si l'asthme était initialement sévère.

Ce risque est également plus important pendant le troisième trimestre de la grossesse. Celle-ci justifie donc une surveillance attentive de la maladie.

Après l'accouchement, l'asthme retrouve son état antérieur, généralement en un trimestre.

Un asthme maternel bien traité et bien suivi ne pose pas de problème pour l'enfant à naître. Le risque le plus important pour le fœtus serait de souffrir d'un manque d'oxygène, en cas de crise sévère chez la mère. Aussi, si vous êtes enceinte, n’hésitez pas à vous aider du débitmètre de pointe, pour vérifier que votre asthme est bien équilibré. De plus, pour prévenir l’apparition de crises, il faut suivre rigoureusement son traitement de fond et éviter les facteurs déclenchants.

Les médicaments anti-asthmatiques n'ont pas d'effets indésirables notables, ni chez la future mère, ni chez le fœtus (pour lequel ils ne sont pas toxiques). Les produits habituels sont donc autorisés pendant la grossesse. De ce fait, lorsque vous découvrez que vous êtes enceinte, vous ne devez en aucun cas arrêter votre traitement de fond. En revanche, si vous êtes allergique, sachez que la majorité des anti-histaminiques sont proscrits soit pendant le premier trimestre de la grossesse, soit pendant le dernier. Dans tous les cas, faites confiance à votre médecin et suivez ses conseils.

Chez les futures mamans asthmatiques, la meilleure préparation à l'accouchement consiste à arriver à l'hôpital avec un asthme bien équilibré. Cela implique un suivi régulier et une prise rigoureuse du traitement de fond, pendant toute la grossesse.

Pensez à informer au préalable l'anesthésiste de votre asthme et de vos allergies éventuelles, au cas où vous auriez besoin d'une césarienne sous anesthésie générale. Sachez aussi qu’une péridurale peut parfaitement être réalisée (sauf dans les cas exceptionnels où la future mère est allergique au produit anesthésique).

Tous les médicaments utilisables durant la grossesse peuvent aussi être administrés à une femme asthmatique qui souhaite allaiter. Notez toutefois que la théophylline, qui passe dans le lait maternel, peut causer irritabilité et nervosité chez le nourrisson.

Certains médicaments sont également déconseillés pendant l’allaitement, à savoir :

  • les anti-histaminiques ayant un effet sédatif (ceux qui « endorment »)
  • les antileucotriènes (en raison de l'absence d'informations sur leur passage dans le lait maternel et leur effet sur le nourrisson).
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