L'asthme est une maladie respiratoire chronique, due à une hypersensibilité des bronches face à certains allergènes ou substances (pollens, moisissures, fumées, etc.) Elle se traduit par des crises d'essoufflement pouvant mettre la vie en danger. En France, les crises d'asthme aiguës sont ainsi responsables de 1 500 à 2 000 décès par an.

Pourtant, il existe des traitements permettant de soigner et prévenir ces épisodes. Pris avec régularité et soin, ils permettent aux personnes asthmatiques de mener une vie normale, y compris en voyage ou pendant une grossesse.

Points-clés

L’asthme est une inflammation des bronches qui se manifeste principalement par des crises d’essoufflement aiguës. Maladie chronique fréquente, elle touche 6 à 9 % des enfants, 15 % des 13-14 ans et 5 % des adultes.

L’asthme peut être lié à une allergie au pollen, aux moisissures ou aux poils d’animaux, ou à une sensibilité aux vapeurs irritantes (fumées, solvants, etc.) Dans certains cas, les crises se déclenchent lors d’un effort physique. Selon l’intensité de la maladie, elles sont plus ou moins longues et fréquentes, et elles peuvent affecter la qualité de vie.

Le diagnostic de l’asthme repose sur la recherche de signes caractéristiques et sur l’évaluation des capacités respiratoires. Ces examens permettent au médecin de prescrire un traitement de fond qui calme l’inflammation des bronches, et un bronchodilatateur à action rapide, pour dilater les bronches durant les crises.

Pour éviter les crises d’asthme, il faut se tenir éloigné des facteurs déclenchants et dépoussiérer, aérer et nettoyer son logement régulièrement. Des mesures spécifiques peuvent aussi être prises pour lutter contre la présence d’acariens. Le bon suivi des traitements prescrits est par ailleurs primordial.

Une maladie respiratoire chronique

L'asthme est une affection inflammatoire chronique des bronches qui peut se manifester par :

- des crises d'essoufflement aiguës (symptôme le plus fréquent), en particulier à l’effort ;
- une toux persistante ;
- une sensation d'oppression au niveau de la cage thoracique ;
- une respiration sifflante et une difficulté à respirer profondément ;
- parfois, une gêne respiratoire permanente.

Ces manifestations peuvent survenir à n'importe quel moment de la journée, mais elles surviennent surtout en pleine nuit ou au petit matin. La personne asthmatique se réveille alors parce qu'elle a du mal à respirer, ou à cause de la toux.
Ces troubles peuvent cesser spontanément, ou grâce à un traitement.

Actuellement, en France, la fréquence de la maladie varie avec l'âge. Elle touche 6 à 9 % des enfants en école primaire, 15 % des 13-14 ans et 5 % des adultes. Sept à 10 % des personnes interrogées déclarent en avoir déjà souffert au cours de leur vie. Ce pourcentage fait de l'asthme l'une des maladies chroniques les plus fréquentes en France. Néanmoins, d'une manière générale, chez l'enfant comme chez l'adulte, cette pathologie reste sous-diagnostiquée.
Plusieurs motifs sont avancés pour expliquer la progression de l'asthme depuis le début des années 2000 :

- le changement de mode de vie ;
- la pollution (domestique, atmosphérique et industrielle) ;
- le tabagisme ;
- les agents infectieux (notamment les virus) ;
- l'augmentation du nombre d'animaux domestiques ;
- l'apparition de logements mieux isolés et moins aérés, favorisant l'humidité et l'exposition aux acariens.

Les premiers signes sont parfois discrets (picotements dans la gorge, nez qui coule, éternuements, toux sèche, etc.). Puis, lorsque la crise est franchement déclarée, la personne éprouve une gêne respiratoire plus ou moins importante. Elle peut alors ressentir un serrement de la poitrine, un essoufflement accompagné éventuellement d'une toux (sèche, puis grasse), et sa respiration devient sifflante. L'expiration se fait laborieuse et nécessite un effort de plus en plus important, pouvant aller jusqu'à une sensation d'étouffement.

La durée d'une crise d'asthme est susceptible de varier considérablement selon les individus, les circonstances déclenchantes, la nature et le début du traitement. L’épisode peut ainsi s’étaler sur quelques minutes à plusieurs jours. S’il se prolonge malgré la prise d'un médicament ou recommence rapidement, cela signifie :

- soit que le traitement n'est pas adapté ;
- soit que la crise est inhabituelle, voire potentiellement grave.

Devant cette situation, mieux vaut contacter rapidement son médecin.

La plupart du temps, cette maladie chronique se manifeste seulement par des crises aiguës. Elles viennent troubler des périodes de calme où tout semblait aller bien, et où la personne touchée pouvait se croire guérie. De fait, certains asthmatiques voient leurs symptômes diminuer, parfois disparaître pendant plusieurs années. Par exemple, 30 à 50 % des enfants touchés n'ont plus aucune manifestation à la puberté, même si les rechutes à l'âge adulte sont fréquentes.

Cependant, en dehors des crises, l'asthme reste souvent actif au niveau bronchique. En l’absence de traitement, une inflammation persiste à des degrés divers, irritant les bronches et provoquant un gonflement de leurs parois. De ce fait, l'air a moins de place pour circuler dans les poumons. L'inflammation chronique provoque aussi la sécrétion de mucosités, qui contribuent à obstruer les bronches. Ces phénomènes peuvent engendrer une difficulté à respirer, hors épisode aigu.

En réalité, un vrai confort respiratoire durable, ainsi que la disparition ou la raréfaction des crises d’asthme, ne sont souvent obtenus que grâce à un traitement dit « de fond », pris en continu. Son interruption conduit à une réapparition rapide des crises.

Les causes de l’asthme

Chez une personne asthmatique, les bronches, fragilisées par une inflammation chronique, sont anormalement sensibles à certains facteurs (« hyper-réactivité ») comme :

- l'exercice physique ;
- le froid ;
- la fumée (de cigarette notamment) ;
- la sécheresse et la pollution de l’air ;
- l'exposition à des substances responsables de réactions allergiques (allergènes).

Lorsque les bronches sont agressées par l’un de ces éléments, elles se contractent et produisent du mucus. Cela gêne le passage de l'air dans les poumons : c'est la crise d'asthme.

Bien que l'on retrouve souvent une prédisposition familiale à la survenue de la maladie asthmatique, sa transmission de parents à enfants n'est pas systématique.

Le terrain allergique (atopie), facteur de risque majeur de l'asthme chez l'enfant, est héréditaire. La probabilité de développer une allergie peut être évaluée ainsi :

- lorsqu'on a un seul parent allergique, le risque de présenter un jour une allergie est de 20 à 30 % ;
- si on a un père et une mère touchés, cette probabilité atteint 40 à 60 %.

Pour éliminer un certain nombre de facteurs favorisant l'apparition d'un terrain atopique, des mesures préventives peuvent être prises, pendant la grossesse puis chez l'enfant (a fortiori dans les familles à risque) :

- Une femme enceinte doit absolument s'abstenir de fumer. Pour l'enfant à naître, le tabagisme maternel augmente en effet la probabilité de développer des troubles respiratoires (et peut-être certaines maladies de type allergique) dans les premières années de sa vie.
- Même si aucun régime alimentaire « hypoallergénique » n'a démontré son efficacité, la consommation d’aliments allergisants (ex. : cacahuète) est déconseillée durant la grossesse en cas d’asthme ou d’allergie.
- Après la naissance, il est préconisé de nourrir l'enfant au sein le plus longtemps possible (l'allaitement, prolongé plus de 3 mois, éviterait en effet l'apparition d'un terrain allergique). Si cela n'est pas réalisable, l'utilisation de laits hypoallergéniques (sans protéine de lait de vache) est recommandée.
- L'alimentation du bébé ne doit pas être diversifiée trop précocement.
- Il est conseillé de ne pas fumer en présence de l’enfant. En effet, lorsque les deux parents fument à la maison, leurs enfants ont deux fois plus de risque d’être asthmatiques à l’âge adulte.
- Pour réduire le risque d’asthme chez l’enfant, il est aussi préconisé d’agir contre les acariens, et d'éviter d'avoir un animal domestique.

Lorsqu'une personne asthmatique souffre d'autres manifestations allergiques (rhume des foins, eczéma, etc.), il y a de fortes chances que son asthme ait la même origine que ces pathologies. En cas de doute concernant l’allergène impliqué, le médecin peut demander des tests cutanés (prick tests). Grâce à eux, on peut dépister une réaction anormale aux acariens, à certains animaux, aux différents pollens, aux moisissures ou à des produits utilisés en milieu professionnel (farine, latex, etc.). Toutefois, la présence concomitante d'une allergie ne signifie pas forcément que l'asthme soit dû à celle-ci.

La fumée de tabac contient de nombreuses substances irritantes qui vont accentuer l'asthme. Elle provoque en effet une inflammation des voies respiratoires, avec une augmentation des sécrétions au niveau des bronches. Par ailleurs, fumer accroît la sévérité de la maladie et la fréquence des crises. De ce fait, les asthmatiques fumeurs ont une fonction respiratoire qui se dégrade plus vite que celles des asthmatiques non fumeurs. De plus, le tabac diminue l'efficacité de certains médicaments contre l'asthme.

À long terme, en cas de tabagisme, des lésions pulmonaires peuvent se développer (ex. : emphysème) et aggraver l'asthme. Ces atteintes sont irréversibles, même sous l'effet des traitements prescrits contre la maladie.

Pour toutes ces raisons, si vous êtes asthmatique, le tabac est formellement déconseillé. Il est également important de convaincre vos proches de ne pas fumer en votre présence. Sachez aussi que le tabagisme des parents peut aggraver les troubles respiratoires chez l'enfant asthmatique.

Non, il s’agit d’une affection bronchique et non psychologique. La plupart du temps, plusieurs facteurs déclenchants sont associés (par exemple, l'effort, les infections respiratoires, la fumée de cigarette, etc.) Ainsi, la contrariété ou les émotions peuvent être coresponsables des crises d'asthme, mais quand une personne est bien protégée par son traitement de fond, ces perturbations psychiques ne provoquent pas d'épisode aigu à elles seules.

Les facteurs déclenchants des crises d’asthme

Selon les patients, les crises peuvent survenir sous l’effet d’une grande variété de facteurs.

Également appelés « pneumallergènes », ce sont des particules microscopiques présentes dans l'air ambiant. Une fois inhalées, même en quantité minime, elles peuvent déclencher des symptômes asthmatiques en arrivant au niveau des bronches.

Les principaux allergènes respiratoires sont :

- les pollens ;
- les particules provenant d'animaux (chats, chiens, rongeurs, acariens, cafards, etc.) ;
- les moisissures.

Les farines de céréales, ou d'autres poussières végétales, peuvent également être en cause, ainsi que la poussière de latex. Sachez d’ailleurs que, si vous êtes allergique à cette matière, l’utilisation de gants en latex est proscrite (notamment si vous devez subir une intervention chirurgicale).

Le sport est recommandé pour les asthmatiques, car il développe la capacité pulmonaire et renforce les muscles respiratoires (comme le diaphragme). Cependant, l'inhalation d'air froid et sec, lors de l'exercice ou de la récupération, peut être à l'origine de **crises d'asthme dit « d'effort »**.

Certains traitements peuvent favoriser ou même déclencher une crise, et doivent donc être évités par les asthmatiques (ex. : « bêtabloquants » utilisés en cardiologie ou dans le cas d'un glaucome, pénicilline).

Chez les personnes asthmatiques souffrant de polypose nasale (syndrome de Widal), une crise peut aussi survenir suite à la prise :

- d'aspirine (ou d’un autre médicament contenant de l'acide acétylsalicylique) ;
- de certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), employés pour calmer les douleurs (ex. : ibuprofène).

Si vous êtes concerné, mieux vaut utiliser d’autres produits recommandés par votre médecin.

Par ailleurs, lorsque vous consultez un médecin pour la première fois, il est important de lui indiquer :

- que vous êtes asthmatique ;
- le cas échéant, que vous avez présenté par le passé des allergies à certains médicaments (votre praticien évitera alors de vous prescrire des substances de la même famille).

De même, si vous devez bénéficier d'une intervention sous anesthésie générale, signalez que vous souffrez d’asthme. En effet, certains anesthésiques peuvent déclencher des crises ou des réactions allergiques.

En cas d’asthme, une gêne respiratoire ou une crise peut être déclenchée par l’inhalation de :

- fumées (tabac, cuisson, cheminées, usines, etc.) ;
- aérosols domestiques (insecticides notamment) ;
- solvants (acétone, dissolvant, white-spirit, essence de térébenthine, essence, etc.) ;
- certains parfums.

La rhinite non allergique (ou « rhume ») peut aggraver l'asthme lorsqu'il s’est déjà déclaré, ou précéder son apparition à plus long terme. De même, les infections des poumons et des bronches (grippe, bronchite bactérienne ou virale, pneumonie) provoquent souvent des crises, chez des personnes pour qui le traitement de fond était jusque-là efficace. Certaines maladies virales de la petite enfance (notamment les bronchiolites, fréquentes en hiver et très contagieuses) semblent aussi favoriser l'apparition d'un asthme chez l'enfant.

Globalement, les infections virales représentent environ 60 % des causes d'aggravation de l'asthme chez l'adulte, et 80 % chez l'enfant. Les sinusites et les foyers infectieux dentaires peuvent également aggraver cette affection chronique.

Elle favorise ou aggrave les manifestations de certaines maladies allergiques, comme l'asthme ou la rhinite. Néanmoins, les asthmatiques suivant bien leur traitement de fond semblent protégés. Toutefois, lors des pics de pollution, on conseille aux personnes atteintes d'éviter les efforts, en particulier la pratique du sport en extérieur. Le traitement par bronchodilatateurs peut aussi être renforcé.

La prévention des crises d’asthme

La meilleure manière d'éviter une crise d'asthme est de se tenir éloigné d’éventuels facteurs déclenchants. Ainsi, quelles que soient les particularités de leur affection, il est déconseillé à tous les asthmatiques :

- de fumer ou de fréquenter des lieux enfumés ;
- de remuer la poussière (balayer, secouer des tapis, etc.) ;
- d'utiliser des produits irritants pour les voies respiratoires (peintures, colles, produits ménagers, etc.)

Pour éviter la prolifération des acariens, il faut concentrer ses efforts sur les chambres à coucher. Il existe un kit de dosage (Acarex test), vendu en pharmacie et non remboursé, qui permet d’analyser la poussière et d'évaluer précisément l'infestation par les acariens. Par ailleurs, essayez d’appliquer les conseils suivants :

- aspirez régulièrement la poussière (y compris sur les matelas et fauteuils), si possible en l'absence de la personne allergique ;
- dépoussiérez les meubles avec un chiffon humide ;
- réduisez l'humidité et la température de la pièce (idéalement, à 18 °C) ;
- aérez la chambre tous les jours, lit ouvert ;
- choisissez un sommier à lattes ;
- couvrez les oreillers et matelas avec des housses spéciales « anti-acariens », de qualité médicale ;
- utilisez des aérosols anti-acariens ou « acaricides », disponibles en pharmacie, pour traiter literie et moquette (leur efficacité dure trois à six mois) ;
- lavez les draps toutes les semaines et les couvertures tous les mois, à température élevée (60 °C) ;
- évitez les moquettes, tapis et doubles-rideaux dans la chambre à coucher ;
- pour les enfants, évitez les peluches dans le lit et lavez toutes les semaines (à 60 °C également) celle que l'enfant garde avec lui. On peut également mettre les peluches un jour ou deux dans le congélateur,
à -20 °C (il semblerait que cela tue les acariens).

Lorsque la présence de pollens à l'extérieur est importante :

- restez le plus possible à l'intérieur ;
- fermez les fenêtres en milieu de matinée et en fin d'après-midi ;
- portez un chapeau et des lunettes de soleil si vous devez sortir ;
- rincez-vous les cheveux, cils et sourcils après une promenade à l'extérieur, et lavez les vêtements qui pourraient héberger des grains de pollen.

En période pollinique, il est souhaitable de prendre des antihistaminiques (médicaments contre les allergies) et, surtout, de suivre régulièrement son traitement contre l'asthme. Dans certains cas, le traitement de fond est augmenté par le médecin pendant ces épisodes.

Si vous êtes allergique et si vous possédez des animaux domestiques, des précautions s'imposent :

- interdisez-leur l’accès à votre chambre à coucher ;
- supprimez les moquettes et meubles recouverts de tissu, qui peuvent retenir des poils ;
- lavez votre animal toutes les semaines (en particulier s’il s’agit d’un chat), car cela permet de diminuer la quantité d'allergène dans le logement.

Si ces mesures sont insuffisantes, il est préférable de trouver un autre foyer pour votre compagnon. Par ailleurs, si votre métier implique de travailler au contact d’animaux, une allergie de ce type peut nécessiter un reclassement professionnel.

Des entreprises spécialisées proposent un traitement régulier des maisons et appartements, par des produits anti-cafards. De votre côté, vous pouvez prendre les mesures suivantes :

- disposez des pièges ou de la poudre anti-cafards derrière les meubles ;
- maintenez votre cuisine et votre intérieur les plus propres possible (ne laissez pas traîner d'aliments non protégés, et rangez les poubelles dans des lieux parfaitement fermés) ;
- évitez d'apporter des aliments dans les chambres à coucher.

Pour être moins exposé aux moisissures :

- supprimez les sources d'humidité, notamment en réparant les fuites d'eau ;
- aérez et ventilez régulièrement votre salle de bains et votre cuisine ;
- évitez les habitations humides et/ou situées à proximité d'un cours d'eau ;
- nettoyez les surfaces sales, réservoirs de moisissures, avec de l’eau de Javel (ainsi que les humidificateurs d’air, au moins deux fois par semaine) ;
- vérifiez que la terre de vos plantes vertes n'est pas recouverte de moisissures (le cas échéant, remplacez-la en surface par du terreau neuf) ;
- jetez rapidement les aliments moisis ;
- conservez le bois de chauffage à l'extérieur de votre habitation.

La prise d'un médicament bronchodilatateur, une demi-heure avant un effort physique, permet de prévenir une éventuelle crise d'asthme. D’autres mesures préventives peuvent aussi être prises :

- échauffez-vous progressivement pendant plusieurs minutes (surtout quand il fait froid) ;
- évitez les efforts en extérieur lorsque la pollution de l'air est importante, par temps très froid, ou lorsqu'il y a du brouillard ;
- interrompez le sport pendant quelques jours en cas d'aggravation de votre asthme (liée à une infection respiratoire, par exemple).

Sachez par ailleurs que le seul sport formellement interdit, en cas d’asthme, est la plongée sous-marine avec bouteille. En cas de crises d’asthme d’effort non contrôlées par les médicaments, il peut aussi être contre-indiqué de pratiquer des courses d'endurance.

En France, 5 à 10 % des asthmes sont d'origine professionnelle, et leur nombre est probablement sous-estimé. Certains métiers peuvent ainsi être déconseillés aux personnes asthmatiques, à savoir :

- ceux qui exposent à des produits irritants (peinture, teinturerie, coiffure, nettoyage industriel, etc.) ;
- la profession de vétérinaire, les métiers de l'équitation et du toilettage d’animaux ;
- ceux qui se pratiquent en piscine (maître-nageur, animateur d'aquagym, etc.) ;
- ceux de la boulangerie.

Le diagnostic de l’asthme

Le diagnostic et le suivi médical de la sévérité de l'asthme reposent sur une série de tests et sur un examen clinique. Le médecin s'appuie tout d'abord sur :

- la description précise des symptômes (crises d'essoufflement, sifflements, toux) ;
- les circonstances dans lesquelles ces manifestations apparaissent ;
- leur ancienneté ;
- leur fréquence.

Le médecin recherche ensuite d’éventuels signes caractéristiques, comme le sifflement des poumons à l'auscultation ou la toux. Toutefois, en dehors des crises, cet examen est souvent normal.

Par ailleurs, la présence de personnes allergiques ou asthmatiques dans la famille du patient constitue un argument supplémentaire en faveur d'un diagnostic d'asthme.

Pour mettre en évidence l'obstruction des bronches observée dans l'asthme, le médecin fait ensuite réaliser des tests qui évaluent la capacité respiratoire. Si les résultats de ces examens sont anormaux, le praticien peut, en les renouvelant régulièrement, évaluer l'efficacité des traitements prescrits et suivre l'évolution de la maladie. La réalisation de ces tests permet ainsi d'ajuster le traitement de fond. Trois types d’examens peuvent être effectués dans ce cadre :

- Les tests utilisant un spiromètre : Cet appareil mesure les capacités respiratoires, selon une méthode facile et indolore. On demande au patient d'inspirer ou d'expirer par un embout relié au spiromètre, qui établit des courbes et des calculs caractérisant la respiration. Les résultats obtenus sont comparés à ceux que l'on obtiendrait chez une personne du même âge, du même sexe et de la même taille, dite « normale » (valeurs « idéales »).
- Les tests mesurant les gaz du sang : Les gaz dissous dans le sang sont analysés. On mesure les taux d'oxygène (PaO2) et de gaz carbonique (PaCO2), qui reflètent l'efficacité de la respiration.
- Les tests utilisant un débitmètre de pointe : Cet instrument portatif mesure le débit expiratoire de pointe ou « DEP » (peak flow en anglais), qui est un bon reflet du degré d'obstruction des bronches. Lorsque le patient souffle dans le débitmètre, l'air pousse un curseur le long d'une règle graduée.

L’intensité de l'asthme est très différente d'une personne à une autre. Pour mieux l’évaluer, on prend en compte la fréquence des symptômes (notamment la nuit) et la mesure du souffle (en pratique, on utilise souvent le débit expiratoire de pointe). On a ainsi distingué quatre stades de la maladie :

- Stade 1 : L'asthme est dit « intermittent » s'il y a moins d'une crise par semaine, si les crises sont brèves et en l’absence de symptômes entre les épisodes aigus. La fonction respiratoire est alors normale, de même que le DEP, qui varie peu. Ce type d’asthme concerne une personne asthmatique sur deux en France.
- Stade 2 : L'asthme est dit « persistant léger » s'il y a plusieurs crises par semaine (mais pas plusieurs par jour), et si elles perturbent l'activité physique et le sommeil. Le DEP reste normal (supérieur à 80 % de la valeur idéale).
- Stade 3 : L'asthme est dit « persistant modéré » s'il y a au moins un symptôme d'asthme par jour, ou des réveils nocturnes assez fréquents (au moins une fois par semaine). Ce stade de la maladie implique aussi un usage quotidien des bronchodilatateurs d'action rapide (traitement de crise), et les crises affectent la qualité de vie. Le DEP évolue entre 60 et 80 % de la valeur idéale, et il varie davantage au cours de la journée.
- Stade 4 : L'asthme est dit « persistant sévère » si les symptômes sont fréquents ou permanents, les crises répétées, l'activité physique limitée, les réveils nocturnes habituels. La qualité de vie en est souvent affectée. À ce stade de la maladie, les EFR sont anormales, et la variation quotidienne du DEP est importante.

Le débitmètre de pointe

La mesure du débit expiratoire de pointe (DEP) peut être utilisée par le médecin pour le diagnostic de l'asthme. La surveillance du DEP peut aussi être facilement réalisée par le patient, pour mesurer l'état de ses bronches et l'efficacité de ses traitements. Elle est définie selon les instructions du médecin, qui peuvent être très variables.

Lors d'une surveillance régulière, il est conseillé de noter chaque mesure de DEP sur un graphique en face de la date. En traçant un trait entre les points successifs, on obtient ainsi une courbe d'évolution du DEP. Des feuilles destinées à construire ce type de graphe sont fournies dans les boîtes des débitmètres de pointe.

Par ailleurs, la mesure du DEP est indispensable en cas de crise inhabituelle, ou qui ne passe pas rapidement avec le traitement.

Cet instrument indispensable permet à une personne asthmatique d'évaluer, à tout moment, ses capacités respiratoires. Il aide aussi à repérer le début d'une crise d'asthme, et à mesurer régulièrement les effets du traitement. Savoir se servir d'un débitmètre est donc essentiel pour les personnes asthmatiques.

Sa bonne utilisation repose sur quelques règles simples :

- placez-vous en position debout ou assise, buste droit ;
- ramenez le curseur du débitmètre de pointe à zéro ;
- tenez l'appareil sans gêner la course du curseur ni les sorties d'air avec les doigts ;
- inspirez profondément (bouche ouverte) pour emmagasiner le maximum d'air dans vos poumons, l'appareil étant à distance de la bouche ;
- mettez l'embout dans votre bouche en serrant les lèvres, pour éviter toute fuite ;
- soufflez aussi vite et aussi fort que possible, comme pour éteindre les bougies d'un gâteau d'anniversaire (attention toutefois de ne pas souffler comme dans une sarbacane, avec la langue dans l'embout) ;
- répétez trois fois l'opération et notez le meilleur chiffre, qui est votre valeur de DEP du moment.

Le traitement de l’asthme

La plupart des personnes asthmatiques se voient prescrire des médicaments, qui peuvent être de deux types :

- les traitements de fond (ils diminuent l'inflammation des bronches et dilatent celles-ci de façon prolongée) ;
- les produits indiqués en cas de crise (ils dilatent très rapidement les bronches, en cas d’épisode aigu).

On les prend régulièrement, tous les jours, même lorsqu'on se sent en pleine forme, afin d'éviter les crises d'asthme. Ils réduisent le risque de développer une crise et améliorent la fonction respiratoire. Ils préviennent aussi l'apparition d'une insuffisance respiratoire permanente et invalidante.

Les médicaments prescrits dans ce cadre ont très peu ou pas du tout d'effets indésirables, s'ils sont utilisés aux doses minimales efficaces (c'est-à-dire les plus faibles permettant le contrôle de la maladie). Pour fixer ces quantités minimales, une réduction progressive des doses est souvent proposée, par paliers de trois mois, une fois l'asthme contrôlé.

On distingue par ailleurs plusieurs niveaux de traitement, selon la sévérité de la maladie. En principe, seules les personnes ayant un asthme de stade 1, avec des crises très peu fréquentes, n'ont pas besoin d'un traitement de fond. En revanche, tous les autres asthmatiques devraient en bénéficier.

Sachez par ailleurs que le traitement de fond associe souvent un corticoïde et un bronchodilatateur de longue durée d'action, à prendre quotidiennement par voie inhalée. Il existe donc des médicaments contenant ces deux types de substances actives dans un seul et même système d'inhalation.

Le bon contrôle d'un asthme est défini par :

- des symptômes absents ou minimes ;
- une activité physique normale, y compris à l'effort ;
- un sommeil de qualité ;
- un nombre de crises restreint (c'est à dire ne perturbant pas la vie quotidienne) ;
- l’absence de consultation en urgence ou d’hospitalisation ;
- une consommation nulle ou minimale de bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques d'action rapide ;
- une fonction respiratoire optimale ;
- des effets indésirables médicamenteux minimes ou absents.

Quant à l'aggravation de l'asthme, elle se manifeste par plusieurs symptômes, à savoir :

- des crises répétées ou inhabituelles ;
- des symptômes nocturnes ;
- un essoufflement lors d’efforts habituellement bien supportés ;
- une augmentation du recours aux bronchodilatateurs d'action rapide, qui deviennent de moins en moins efficaces ;
- dans la grande majorité des cas, une diminution du DEP.

Tous ces signes doivent vous alerter et vous amener à consulter, pour réajuster votre traitement. Faute de quoi, l'évolution vers une crise sévère, nécessitant une hospitalisation, est toujours possible. Si l'asthme a déjà donné lieu à des hospitalisations, il faut être particulièrement vigilant en cas de symptômes d’aggravation.

Les médicaments utilisés pour calmer les crises

Toute crise d'asthme nécessite un traitement rapide visant à dilater les bronches, pour augmenter la circulation de l'air dans les poumons et réduire l'inflammation bronchique. Plusieurs familles de médicaments sont utilisées dans cette optique :

- les bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques d'action rapide, sous forme inhalée ;
- les corticoïdes en comprimés (voire injectables, en cas de crise sévère) ;
- le bromure d'ipratropium inhalé.

Dès les premiers signes (essoufflement, oppression thoracique, toux, etc.), prenez votre traitement habituel selon les étapes suivantes :

- Inhalez deux bouffées (s'il s'agit d'un aérosol-doseur) ou faites une inhalation de poudre (le cas échéant) d'un bronchodilatateur bêta-2 mimétique d'action rapide.
- Après dix à quinze minutes, si la gêne persiste, réitérez l’opération.
- Attendez dix à quinze minutes supplémentaires. Si les symptômes n'ont toujours pas disparu, vous pouvez prendre de nouveau deux à quatre bouffées d'aérosol (ou une à deux inhalations de poudre).

Une crise dite « simple » doit s'arrêter avec six à huit bouffées d'aérosol (ou trois ou quatre inhalations de poudre). Il faut également éliminer les facteurs déclenchants éventuels : allergènes, fumée de cigarette, froid, etc.

En l’absence d’amélioration après la prise des bronchodilatateurs bêta-2-mimétiques selon les indications ci-dessus, il s’agit d’une **crise dite « sévère » :

- si le débit expiratoire de pointe (DEP) est inférieur à 50 % de la valeur de référence,
- si la crise recommence rapidement.

Il faut alors simultanément :

- multiplier les doses de bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques en inhalation (deux bouffées d'aérosol-doseur ou une inhalation de poudre toutes les quinze minutes) ou en injection sous-cutanée ;
- prendre des corticoïdes en comprimés (selon la dose prescrite par le médecin) ;
-
prévenir un médecin sans attendre.

Si votre état ne s’améliore toujours pas, ou en cas de véritable sensation d'étouffement d'emblée, il faut considérer qu'il s'agit d'un
asthme aigu grave**. Appelez alors une équipe médicale d'intervention au domicile : SAMU (15) ou pompiers (18 ou 112). Ce type de crise nécessite généralement des injections de corticoïdes pendant quelques jours.

D’autres signes doivent aussi vous amener à appeler immédiatement les secours, en vue d'une hospitalisation :

- difficultés à parler,
- agitation,
- sueurs,
- tendance à la confusion ou à la somnolence.

En l'absence de maladie cardiaque, pour faire cesser un épisode aigu, vous pouvez dépasser de quelques bouffées la dose de bronchodilatateurs d'action rapide prescrite par votre médecin. Vous ressentirez alors peut-être certains signes de surdosage (tremblements, palpitations), habituellement bien tolérés.

Si vous avez dû prendre une quantité de médicaments supérieure à la dose prescrite, il est indispensable de consulter le plus rapidement possible votre médecin traitant.

Mesurez votre débit expiratoire de pointe et surveillez-le pendant quelques jours, afin de vérifier qu'il reste proche des valeurs habituelles. Si ce n'est pas le cas, consultez sans tarder votre médecin.

Essayez aussi d'identifier le facteur déclenchant de la crise, pour l'éviter ultérieurement si possible : oubli ou arrêt intempestif du traitement, allergène, infection, fumée, froid, etc.

En cas de crises à répétition, un renforcement du traitement de fond est vraisemblablement nécessaire. Il s'agira par exemple, selon la prescription ou les recommandations de votre médecin :

- d'une augmentation passagère des corticoïdes inhalés ;
- d'une courte cure de corticoïdes en comprimés, si la crise a été particulièrement forte.

Elle doit comporter les traitements d'urgence prescrits par votre médecin, et vous accompagner en vacances ou lors de déplacements de longue durée. On y trouve généralement :

- le bronchodilatateur d'action rapide avec, au besoin, une chambre d'inhalation ;
- le débitmètre de pointe ;
- le nom et le numéro de téléphone du médecin traitant et du pneumologue.

Selon les particularités de votre asthme, la trousse peut aussi contenir :

- un bronchodilatateur bêta-2 mimétique injectable par voie sous-cutanée ;
- le matériel d’injection (aiguilles et seringues de 2 ml, compresses alcoolisées pour désinfecter la peau) ;
- des corticoïdes en comprimés.

Pour les personnes présentant par ailleurs des réactions allergiques potentiellement dangereuses (œdèmes de Quincke, chutes de pression artérielle, etc.), la trousse peut aussi renfermer de l'adrénaline injectable.

Bien prendre les traitements inhalés

Administré par inhalation, un médicament bronchodilatateur ou anti-inflammatoire atteint rapidement les bronches, où il peut agir immédiatement. Il existe plusieurs systèmes d'inhalation, qui ont différents modes d'utilisation et des coûts variés.

En spray, « bombe » ou flacon pressurisé, ils représentent le système d'inhalation le plus ancien et le moins onéreux. Après avoir agité le flacon, il faut placer l'embout dans sa bouche puis presser sur l'aérosol, tout en aspirant profondément par la bouche. Sachez que certaines personnes peuvent ressentir une irritation ou une gêne respiratoire après la prise du médicament.

Par ailleurs, d’autres personnes ne parviennent pas à manipuler correctement ces appareils. Dans ce cas, le médicament ne pénètre pas bien dans les bronches, et cela peut engendrer un mauvais contrôle de l'asthme. Si vous êtes dans ce cas, signalez-le à votre médecin : il pourra vous prescrire un autre système.

La chambre d'inhalation est un récipient fermé avec un embout pour la bouche, d’une capacité d’un litre environ, sur lequel s'adapte un aérosol-doseur (que l’on achète séparément).

Pour utiliser cet appareil, on commence par pulvériser une à plusieurs bouffées du médicament à l'intérieur de la chambre. Il faut ensuite respirer plusieurs fois l'air contenu dans le récipient, amplement et calmement, par l'intermédiaire de l'embout buccal. La prise du médicament est plus facile qu’avec les aérosols-doseurs, car il n'y a pas de geste de la main à faire lors de l'inspiration. Cela permet un meilleur passage des traitements vers les bronches.

L'utilisation d'une chambre d'inhalation est particulièrement indiquée chez les enfants en bas âge ou les personnes âgées. Elle peut, par ailleurs, réduire l'apparition d'effets indésirables locaux (ex. : voix rauque, mycoses buccales observées lors de traitements par corticoïdes inhalés).

Dans ce type de dispositif (système « autohaler »), c'est l'inspiration qui déclenche la libération du produit.

Ils permettent d’administrer un produit actif qui se présente sous la forme d’une poudre extrêmement fine. Là aussi, c'est l'inspiration qui permet l'inhalation du produit par la bouche.

Les bronchodilatateurs en nébulisation ne peuvent être délivrés qu'à l'hôpital, pour les situations d'urgence. Cette technique crée un brouillard d'aérosol à partir d'un médicament liquide, et permet de délivrer de plus fortes doses du produit. Le traitement est ensuite inhalé par la personne grâce à un masque (parfois un embout buccal), placé sur le nez et la bouche. Il faut alors respirer calmement, pendant dix à quinze minutes.

Les nébulisations avec masque facial peuvent aussi être utilisées chez l'enfant.

Il est parfois difficile de savoir quand son aérosol-doseur est presque vide. Plusieurs méthodes sont possibles :

- Plongez le flacon dans l'eau (après l'avoir retiré du support en plastique). S’il flotte à la surface en restant horizontal, c’est qu’il est vide. S'il va au fond de l'eau, c’est qu’il reste du produit à l’intérieur. Cette méthode est plutôt fiable, mais il ne faut pas renouveler la manipulation trop souvent, car elle expose au risque de dégradation du métal du flacon.
- Agitez l'aérosol-doseur près de votre oreille pour entendre le liquide bouger, et évaluez ainsi la quantité de médicament restante.
- Comptez et notez le nombre de bouffées d'aérosol-doseur que vous prenez, et comparez ces chiffres avec le nombre de doses disponibles, indiqué sur la boîte du médicament.

Sur certains inhalateurs de poudre, un compteur renseigne sur le nombre de doses disponible avant d'avoir à racheter le médicament. Sur d’autres appareils, un témoin devient rouge lorsque l’inhalateur ne contient plus que quelques doses. Attention : votre inhalateur ne doit pas être plongé dans l'eau !

Asthme et grossesse

Lorsqu'elle souffre d'asthme, une femme peut s’inquiéter des conséquences de son affection en termes de maternité. Pourtant, asthme et grossesse sont tout à fait compatibles.

Elle n'est pas prévisible : l'asthme s'améliore chez un tiers des femmes enceintes asthmatiques, il reste stable chez un autre tiers, et s'aggrave pour le dernier tiers des futures mères. Toutefois, le risque d'aggravation est plus grand :

- si la femme fume ;
- si le traitement de fond est interrompu ;
- si l'asthme était initialement sévère.

Ce risque est également plus important pendant le troisième trimestre de la grossesse. Celle-ci justifie donc une surveillance attentive de la maladie.

Après l'accouchement, l'asthme retrouve son état antérieur, généralement en un trimestre.

Un asthme maternel bien traité et bien suivi ne pose pas de problème pour l'enfant à naître. Le risque le plus important pour le fœtus serait de souffrir d'un manque d'oxygène, en cas de crise sévère chez la mère. Aussi, si vous êtes enceinte, n’hésitez pas à vous aider du débitmètre de pointe, pour vérifier que votre asthme est bien équilibré. De plus, pour prévenir l’apparition de crises, il faut suivre rigoureusement son traitement de fond et éviter les facteurs déclenchants.

Les médicaments anti-asthmatiques n'ont pas d'effets indésirables notables, ni chez la future mère, ni chez le fœtus (pour lequel ils ne sont pas toxiques). Les produits habituels sont donc autorisés pendant la grossesse. De ce fait, lorsque vous découvrez que vous êtes enceinte, vous ne devez en aucun cas arrêter votre traitement de fond. En revanche, si vous êtes allergique, sachez que la majorité des anti-histaminiques sont proscrits soit pendant le premier trimestre de la grossesse, soit pendant le dernier. Dans tous les cas, faites confiance à votre médecin et suivez ses conseils.

Chez les futures mamans asthmatiques, la meilleure préparation à l'accouchement consiste à arriver à l'hôpital avec un asthme bien équilibré. Cela implique un suivi régulier et une prise rigoureuse du traitement de fond, pendant toute la grossesse.

Pensez à informer au préalable l'anesthésiste de votre asthme et de vos allergies éventuelles, au cas où vous auriez besoin d'une césarienne sous anesthésie générale. Sachez aussi qu’une péridurale peut parfaitement être réalisée (sauf dans les cas exceptionnels où la future mère est allergique au produit anesthésique).

Tous les médicaments utilisables durant la grossesse peuvent aussi être administrés à une femme asthmatique qui souhaite allaiter. Notez toutefois que la théophylline, qui passe dans le lait maternel, peut causer irritabilité et nervosité chez le nourrisson.

Certains médicaments sont également déconseillés pendant l’allaitement, à savoir :

- les anti-histaminiques ayant un effet sédatif (ceux qui « endorment ») ;
- les antileucotriènes (en raison de l'absence d'informations sur leur passage dans le lait maternel et leur effet sur le nourrisson).

Partir en voyage lorsqu’on souffre d’asthme

Chez une personne asthmatique, un environnement inhabituel peut parfois favoriser le déclenchement d'une crise. Aussi, avant de partir en voyage, quelques précautions s'imposent :

- s'assurer que son asthme est bien contrôlé ;
- préparer ses traitements et se renseigner sur la situation locale ;
- prévoir une consultation chez son médecin.

Proscrivez les climats très chauds ou très froids, les régions sèches et poussiéreuses, ainsi que les altitudes supérieures à 2 500 mètres (l'air est froid, sec, et contient moins d'oxygène). En revanche, les voyages en moyenne altitude (autour de 1 500 mètres) sont bénéfiques aux personnes allergiques, car les acariens et les pollens sont moins présents dans les régions en question. Par ailleurs, en cas d’allergie au pollen, il est préférable d'éviter la campagne entre mai et août dans l'hémisphère Nord, entre novembre et février dans l'hémisphère Sud.

Enfin, si possible, ne vous rendez pas dans les grandes villes fortement polluées (Mexico, Athènes, Pékin, etc.) Toutefois, ces destinations ne représentent en aucun cas une contre-indication véritable : si le voyage est nécessaire, il est possible de renforcer le traitement de fond.

Certains environnements sont susceptibles de déclencher des crises d'asthme, par exemple, les logements humides ou poussiéreux, comme les locations de vacances ouvertes seulement l'été.

Les vieux matelas, les couettes et les traversins en plumes sont aussi vos ennemis. Prévoyez d'emporter une housse anti-acariens et un oreiller en matière synthétique.

Fuyez également la proximité d'animaux si vous y êtes allergique (séjours à la ferme, centres équestres, etc.)

Si votre asthme est contrôlé, vous pouvez pratiquer toutes sortes d'activités sportives (hormis la plongée sous-marine avec bouteille), à condition de respecter vos capacités. Par ailleurs, les activités de haute altitude sont plutôt déconseillées.

La mise à jour des vaccinations est essentielle à la préparation d'un voyage. Néanmoins, les personnes asthmatiques, plus souvent allergiques aux protéines des œufs, doivent savoir que certains vaccins en contiennent (ceux protégeant contre la fièvre jaune, l'encéphalite à tiques, la rougeole, les oreillons et la grippe). En cas de nécessité absolue de vaccination, notamment contre la fièvre jaune, des mesures particulières sont possibles en milieu hospitalier. Le vaccin peut ainsi être administré à l’essai, à petite dose et sous surveillance médicale, et une désensibilisation est parfois envisagée dans certains cas. Un asthmatique non allergique à l'œuf peut être vacciné mais doit, par précaution, signaler son asthme ou ses allergies au médecin vaccinateur.

Par ailleurs, le fait d'être asthmatique n'empêche habituellement pas de recevoir une chimioprophylaxie antipaludique (médicaments de prévention du paludisme).

Dans les transports :

- prenez garde aux bouches de ventilation ainsi qu'à la climatisation, qui entraine des changements brutaux de température (en voiture notamment) ;
- emportez une écharpe ou un foulard pour vous protéger de l'air sec et froid, déclencheur de crises d'asthme ;
- veillez à dépoussiérer régulièrement votre véhicule ;
- évitez de vous exposer au tabac, que ce soit en voiture ou en train ;
- en avion, gardez avec vous les aérosols-doseurs. Ils ne peuvent être entreposés en soute, car la dépressurisation les vide. De même, ne les laissez jamais exposés au soleil sur la plage arrière de votre voiture ou dans le coffre (la chaleur risquant de les faire exploser).

Voici la liste des affaires qu’il faut avoir avec vous pendant votre séjour :

- Vos médicaments (traitements de fond et de crise) : Emportez-les avec leur emballage et votre matériel (débitmètre de pointe, chambre d'inhalation pour un enfant, etc.), répartis dans deux bagages. Ne vous séparez jamais de votre traitement de crise. Assurez-vous aussi que vous avez suffisamment de médicaments pour vous soigner une ou deux semaines de plus, si le séjour se prolongeait pour des raisons inattendues.
- **Les ordonnances de vos médicaments (avec mention des noms chimiques, ou « DCI ») : Vous pouvez éventuellement y joindre des certificats médicaux décrivant votre traitement, et justifiant par exemple le transport d’un stylo injecteur (adrénaline). Demandez à votre médecin de rédiger ces papiers en double, avec si possible une version en anglais.
-
Les coordonnées des différents services d'urgence et des médecins sur place : Votre médecin vous les fournira également.
-
Les coordonnées de l'ambassade de France : Il peut s’agir aussi de celles des services consulaires, selon votre destination.
-
Le numéro téléphonique d’assistance de votre assurance de rapatriement sanitaire : Prenez soin d’en contracter une avant de partir.
-
Votre carte européenne d’Assurance Maladie : Elle peut s’avérer utile pour certaines destinations.
-
Un masque ou un foulard** : Il vous protégera de la poussière.

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