Le cancer du col de l'utérus est lié à une infection par le papillomavirus humain. Depuis la généralisation de mesures de dépistage (frottis), cette maladie est devenue deux fois moins fréquente et deux fois moins meurtrière. La commercialisation récente de vaccins contre le papillomavirus laisse espérer que cette tendance positive continuera dans les années à venir, à condition que les mesures de dépistage soient respectées par les patientes.

Un cancer dû à un virus

Le cancer du col de l’utérus est dû à une infection par le virus HPV (papillomavirus humain). Après la contamination au cours d’un rapport sexuel, certaines femmes parviennent à éliminer le virus grâce à leur immunité. D'autres n'y parviennent pas et l'infection s'installe pour de nombreuses années, voire pour toute la vie, provoquant parfois des verrues génitales, parfois des lésions pré-cancéreuses (des « dysplasies ») qui évoluent en cancer du col.

Le frottis, efficace pour la prévention et le dépistage précoce

Chaque année en France, on diagnostique entre 2 500 et 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l'utérus, à l’origine de 1 100 décès, ce qui en fait la 11ème cause de cancer chez la femme. Les diagnostics de dysplasie du col de l'utérus sont beaucoup plus fréquents : environ 50 000 nouveaux cas chaque année, identifiés grâce à plus de six millions de frottis cervico-utérins.

Les cancers du col de l'utérus sont généralement diagnostiqués chez des femmes âgées de 35 à 45 ans.

Des facteurs de risque de cancer du col à connaître

Certains facteurs de risque de développer un cancer du col de l'utérus ont été identifiés :

  • commencer sa vie sexuelle à un jeune âge et avoir de nombreux partenaires sexuels (ce qui augmente le risque d'être infecté par de nombreuses souches de papillomavirus)
  • ne pas systématiquement utiliser de préservatifs lors de rapports sexuels
  • la présence d'autres infections sexuellement transmissibles (infection à chlamydiae, gonococcie, syphilis, etc.)
  • négliger de se soumettre régulièrement à un frottis cervico-utérin (ce qui semble multiplier par trois le risque de cancer du col)
  • le tabagisme
  • avoir des défenses immunitaires affaiblies à cause d'une maladie (par exemple, le VIH/Sida) ou d'un traitement (chimiothérapie anticancéreuse, biothérapies des maladies auto-immunes, traitement contre le rejet d'une greffe, etc.)
  • avoir reçu du DES (diéthylstilbestrol) ou être la fille d'une femme qui a reçu ce médicament utilisé dans les années 1940-70 contre les fausses couches à répétition.

L'usage prolongé des pilules contraceptives pourrait également être un facteur de risque de développer un cancer du col. Mais on ignore si cet effet est dû aux hormones contenues dans ces contraceptifs, ou au fait que les femmes qui prennent la pilule sont moins enclines à exiger l'usage du préservatif par leurs partenaires.

Se protéger tout au long de la vie

Outre le fait de faire un frottis cervical tous les trois ans (après deux frottis consécutifs normaux à un an d’intervalle), il est également possible de se protéger en utilisant systématiquement un préservatif avec un nouveau partenaire sexuel. En effet, l'usage systématique du préservatif réduit à la fois le risque d'être infectée par le papillomavirus et celui de souffrir d'autres infections sexuellement transmissibles. Celles-ci augmentent indirectement le risque de développer un cancer du col de l'utérus.

De plus, chez les femmes qui hébergent le HPV de manière chronique, l’arrêt du tabac réduit le risque de cancer (tous types de cancer confondus).

Plusieurs outils de prévention du cancer du col de l’utérus

Les mesures de prévention du cancer du col de l'utérus sont liées à sa nature infectieuse et à l'existence de lésions précancéreuses faciles à dépister. De plus, l'arrêt du tabac peut contribuer à prévenir ce cancer chez les femmes infectées par le HPV.

L'usage systématique du préservatif réduit à la fois le risque d'être infectée par le papillomavirus et celui de souffrir d'autres infections sexuellement transmissibles. En effet, celles-ci augmentent indirectement le risque de développer un cancer du col de l'utérus.

Lorsque l'infection par le HPV provoque des symptômes, par exemple des verrues génitales, il est important de mettre en place un traitement destiné à les supprimer et à éliminer le HPV. Cela n'est pas toujours possible, mais pourrait néanmoins contribuer à réduire le risque de cancer du col.

Deux vaccins efficaces contre certains types d'HPV liés au cancer du col sont commercialisés en France (Cervarix, Gardasil). Ils sont recommandés pour toutes les jeunes filles de 14 à 23 ans avant leur première expérience sexuelle, ou dans l'année qui suit celle-ci. Ces vaccins sont administrés en trois injections et provoquent une immunité qui persiste au moins quatre ans.

Néanmoins, ces vaccins protègent contre seulement certains types d'HPV (ceux responsables d'environ 70 % des cancers du col) et le dépistage, même de manière moins fréquente, reste absolument indispensable. On ignore encore si ces vaccins peuvent contribuer à la prévention du cancer du col chez les femmes déjà infectées par les HPV.

L'effet de ces vaccins sur la mortalité sera particulièrement sensible dans les pays en voie de développement où la pratique de frottis cervico-utérins réguliers n'est pas réalisable.

Le frottis cervico-utérin reste le moyen de référence pour dépister des cellules du col anormales qui pourraient donner naissance à un cancer. Cet examen doit être effectué au moins tous les trois ans, tout au long de l'âge adulte, même chez celles qui ont été vaccinées contre le HPV.

Comment soigne-t-on le cancer du col de l'utérus ?

  • Le traitement du cancer du col de l'utérus a pour objectif la guérison de la patiente ; et à défaut, l'amélioration de sa qualité de vie et de sa survie, ainsi que le contrôle de l'évolution de la tumeur.

    Le traitement repose sur :
  • des mesures chirurgicales (pour enlever les lésions précancéreuses ou la tumeur)
  • l'exposition à des radiations ionisantes (la radiothérapie)
  • l'administration de médicaments de chimiothérapie anticancéreuse.

Comme pour les autres cancers, le traitement du cancer du col de l'utérus, lorsque la maladie est déclarée et sévère, repose sur un ensemble de protocoles codifiés qui sont adaptés aux particularités de la patiente. Il est administré dans des centres de lutte contre le cancer accrédités par l'Institut national du cancer (INCa).

Le traitement des lésions précancéreuses ou des petites tumeurs peut être effectué par un gynécologue hors d'un centre de lutte contre le cancer.

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