Le cancer de la prostate est le cancer le plus souvent diagnostiqué en France, généralement chez des hommes de plus de 70 ans. Grâce à un examen annuel à partir de 50 ans, cette maladie d'évolution lente peut être détectée précocement. Elle est aussi de mieux en mieux soignée et, malgré sa fréquence, elle représente seulement la quatrième cause de décès par cancer.

Son traitement repose sur la chirurgie (pour enlever la prostate), la radiothérapie et la prescription de médicaments, destinés à neutraliser la sécrétion ou les effets de la testostérone.

Points-clés

Le cancer de la prostate est le cancercelui le plus souvent diagnostiqué en France, avec chaque année plus de 71 000 cas. Il touche principalement chez des hommes âgés de plus de 70 ans.

Deux examens peuvent être pratiqués par le médecin traitant : le toucher rectal et la mesure du PSA (protéine particulière qui se mesure dans le sang).

La prévention repose sur le dépistage annuel par toucher rectal chez les hommes de plus de 50 ans. Consommer du sélénium et du lycopène aiderait aussi à éviter l’apparition de la maladie.

Le patient rencontre des difficultés à uriner et remarque la présence de sang dans les urines ou le sperme. Des douleurs apparaissent dans le bassin, les hanches, le haut des cuisses, ainsi qu’au moment de l’éjaculation.

Aujourd'hui, en France, le taux de survie 5 ans après un diagnostic de cancer de la prostate est de 80 %. Les deux principaux types de traitement sont la chirurgie et les ultrasons focalisés de haute intensité.

Le rôle de la prostate et les différents cancers qui peuvent la toucher

La prostate est une glande de la taille d'une noix. Elle entoure le canal par lequel l'urine sort de la vessie et par lequel le sperme passe lors de l'éjaculation, et elle contient :

- des cellules dites "glandulaires", qui sécrètent le liquide séminal (constituant la base du sperme) ;
- des cellules musculaires, qui jouent un rôle lors de l'éjaculation et pour contrôler le jet d'urine.

Le terme "cancer de la prostate" correspond à la présence de cellules anormales dans cette glande. Selon le stade d'évolution du cancer, ces cellules peuvent rester confinées dans la prostate ou envahir les ganglions avoisinants, voire le reste du corps.

Environ 75 % des cancers de la prostate, appelés "adénocarcinomes de la prostate", naissent dans la partie de la glande située contre le rectum (zone périphérique), à partir des cellules qui sécrètent le liquide séminal. Ces cellules sont sensibles aux hormones sexuelles (testostérone) et les cancers qui en sont issus le sont aussi. Cela explique que leur traitement utilise des médicaments bloquant l'action de la testostérone.

Sachez par ailleurs que les adénocarcinomes de la prostate ne doivent pas être confondus avec l'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP ou "adénome de la prostate"). Cette maladie touche la quasi-totalité des hommes de plus de 70 ans et concerne la partie centrale de la prostate (zone transitionnelle). Elle n'évolue pas en cancer.

Il existe aussi des formes rares de cancer de la prostate :

- le carcinome à cellules transitionnelles, qui affecte la couche superficielle de la prostate et provient le plus souvent de la vessie ;
- le sarcome de la prostate, un cancer des cellules musculaires, qui touche plutôt les hommes âgés de 40 à 50 ans ;
- les tumeurs indifférenciées à petites cellules, qui peuvent provoquer des malaises et de la confusion mentale ;
- le cancer des globules blancs (leucémie, lymphome non hodgkinien, maladie de Hodgkin), qui peut envahir la prostate.

Cancer de la prostate : fréquence et facteurs de risque

En France, le cancer de la prostate est le plus souvent diagnostiqué chez les hommes, avec chaque année plus de 71 000 cas, à l'origine d'un peu moins de 9 000 décès. C'est également le cancer le plus fréquent, tous sexes confondus. L'âge moyen au moment du diagnostic est de 71 ans.

Les facteurs déclenchant les cancers de la prostate ne sont pas précisément identifiés. On pense que leur apparition est le résultat de l'action conjuguée de facteurs de l'environnement, et de facteurs liés aux particularités génétiques et physiologiques des patients.

Toutefois, certains facteurs de risque ont été identifiés de manière certaine :

- L'âge : le cancer de la prostate touche des hommes de plus de 70 ans dans la très grande majorité des cas. Il est exceptionnel avant 40 ans.
- Les antécédents familiaux : il existe une forme dite "familiale" de cancer de la prostate (20 % des cas), où la personne atteinte connaît deux cas parmi ses parents du premier degré (père, frères, fils). On observe aussi une forme dite "héréditaire" (5 % des cas) où la personne atteinte connaît au moins trois cas parmi ses parents des premier et deuxième degrés (ou deux cas chez des parents de moins de 55 ans). La recherche de gènes favorisant ce type de cancer est en cours.
L'origine ethnique : le cancer de la prostate est nettement plus fréquent chez les hommes d'origine africaine, les Européens du Nord et les Nord-Américains.

D'autres facteurs de risque sont suspectés, en particulier alimentaires (forte consommation de produits laitiers ou de charcuterie, tabagisme, obésité, etc.). Mais la confirmation de leur influence nécessite davantage d'études scientifiques, car les études existantes se contredisent.

La prévention et le dépistage du cancer de la prostate

Le dépistage du cancer de la prostate repose sur deux examens qui peuvent être pratiqués par le médecin traitant.

Il consiste à palper directement la prostate, en introduisant un doigt ganté dans le rectum du patient. Examen indolore mais redouté, car gênant, le toucher rectal permet au médecin de repérer si la glande est volumineuse, dure ou bosselée, signes d'un possible cancer.

Pour une prévention optimale du cancer de la prostate, tous les hommes de plus de 50 ans devraient programmer un toucher rectal chaque année. Ceux qui ont un membre de leur famille proche atteint de cette maladie devraient commencer à pratiquer cet examen dès l'âge de 40 ans.

Toutefois, s’il contribue au dépistage des cancers de la partie postérieure de la prostate (les plus fréquents), le toucher rectal peut être insuffisant pour dépister une tumeur située au cœur de cet organe.

La prostate sécrète une protéine particulière qui peut se mesurer dans le sang : c'est l'antigène prostatique spécifique, ou "PSA". Lorsque la glande est le siège d'une inflammation ou d'une forte activité, le taux de PSA (dit "PSA total") dans le sang augmente. Un cancer de la prostate peut être à l'origine d'un taux de PSA élevé (c'est-à-dire supérieur à 4 ng/ml), mais ce n'est pas forcément la seule raison possible de cette augmentation : dans 75 % des cas, elle n'est pas liée à un cancer de la prostate.

Aussi, si l'utilité de la mesure du PSA dans le suivi d'un cancer de la prostate fait l'unanimité, une controverse existe sur son usage à des fins de dépistage. En effet, comme d'autres causes de hausse du taux de PSA existent, cette mesure peut aboutir à de "faux positifs", qui vont imposer de mener sans raison des examens complémentaires coûteux. De plus, dans 15 % des cas, les hommes souffrant d’un cancer de la prostate ont néanmoins un taux de PSA normal. Pour ces raisons, les médecins accordent plus d'attention à l'évolution du taux de PSA d'un patient au cours du temps, plutôt qu'à une mesure unique isolée.

Enfin, certains médecins reprochent à la mesure du PSA de permettre la découverte de cancers de la prostate sans symptômes, qui ne vont pas forcément évoluer. Ces cas vont néanmoins être traités, avec des conséquences humaines et économiques (traitement lourd et coûteux).

Aujourd'hui, pour toutes ces raisons, les autorités de santé ne recommandent donc pas un dépistage systématique du cancer de la prostate à l'aide de la mesure du taux sanguin de PSA.

Sachez par ailleurs que les hommes qui prennent un traitement contre la chute des cheveux ou l'hypertrophie bénigne de la prostate à base de finastéride (Chibro-Proscar, Propecia et génériques) doivent le signaler lors d'une prise de sang pour mesurer le PSA. En effet, cette substance diminue le taux de PSA, et fausse ainsi l'interprétation des résultats de la prise de sang.

La consommation régulière de deux nutriments semble réduire le risque de souffrir d'un cancer de la prostate:

- le sélénium, un sel minéral présent en quantités notables dans les céréales complètes, les noix du Brésil, les légumes secs, les œufs, le poisson, etc. ;
- le lycopène, une substance présente dans les tomates (en particulier lorsqu'elles sont cuites), la pastèque, le pamplemousse, etc.

Les symptômes et l'évolution du cancer de la prostate

Lorsqu'un cancer de la prostate est suffisamment avancé pour provoquer des symptômes, le patient peut présenter :

- des difficultés pour uriner se manifestant par des besoins fréquents, un faible débit de l'urine, une difficulté à produire un jet constant (ou à arrêter le jet), des brûlures ou douleurs pendant la miction, etc. Ces symptômes sont également ceux de l'hyperplasie bénigne de la prostate ;
- la présence de sang dans l'urine ou le sperme ;
- des éjaculations douloureuses avec, parfois, des troubles de l'érection ;
- des douleurs dans le bassin, les hanches, le haut des cuisses.

Si le cancer est invasif et en l'absence de traitement, les cellules cancéreuses peuvent envahir progressivement la prostate puis migrer, via la circulation de la lymphe, dans les ganglions lymphatiques qui drainent cette région du corps. Sans traitement, ces cellules vont ensuite passer dans la circulation sanguine pour s'installer et se multiplier dans le foie, les os, etc. Ces tumeurs secondaires sont appelées "métastases". Elles peuvent provoquer de nouveaux symptômes (fatigue, nausées, perte de poids et d'appétit, douleurs des os, etc.).

En fonction des résultats des examens complémentaires, le médecin peut déterminer le stade d'évolution du cancer de la prostate (ce qui conditionne son pronostic et son traitement). Pour cela, il utilise une classification dite "TNM" qui prend en compte les aspects de la tumeur, la présence éventuelle de cellules cancéreuses dans les ganglions, et l'existence éventuelle de métastases. En fonction du résultat de cette classification, le cancer de la prostate est dit :

- localisé, lorsqu'il est limité à la prostate ;
- localement avancé, s'il déborde la prostate mais sans atteinte des ganglions, ni métastases ;
- avec atteinte ganglionnaire pelvienne, quand les ganglions du bassin sont touchés ;
- métastatique.

De plus, en fonction du TNM, du taux de PSA et du score de Gleason (examen microscopique de la tumeur qui mesure sa capacité à proliférer), le stade localisé est divisé en trois sous-stades (classification de D'Amico) :

- à faible risque,
- à risque intermédiaire,
- à risque élevé.

Aujourd'hui, en France, le taux de survie cinq ans après un diagnostic de cancer de la prostate est de 80 %.

Le diagnostic du cancer de la prostate

À la suite d'un examen clinique et d'un toucher rectal, si le médecin suspecte la présence d'un cancer de la prostate, il a recours à divers examens complémentaires :

- la mesure du taux sanguin de PSA ;
- l'échographie transrectale ;
- la biopsie de la prostate.

Pour visualiser les différentes parties de la prostate et rechercher une tumeur, l'urologue introduit une sonde échographique fine dans le rectum du patient. Si la présence d'anomalies de la prostate est confirmée, le médecin va programmer d'effectuer un prélèvement (biopsie).

C’est le seul moyen de diagnostiquer un cancer de la prostate avec certitude. Guidé par l'échographie, l'urologue prélève une douzaine de minuscules fragments de prostate avec une aiguille spéciale, à travers le rectum. La biopsie ne nécessite pas d'hospitalisation. Cet examen est parfois effectué sous anesthésie locale mais, dans la plupart des cas, il est effectué sans anesthésie, car il n'est guère douloureux. Les prélèvements sont envoyés au laboratoire pour analyse microscopique.

En préparation de cet examen, le médecin prescrit des antibiotiques et un lavement à effectuer avant la biopsie. Après l'examen, du sang est parfois présent dans l'urine ou les selles pendant quelques jours, voire deux à trois semaines dans le sperme. Les complications de cet examen sont essentiellement infectieuses, et le patient est invité à signaler rapidement toute fièvre à son médecin.

Quels sont les traitements possibles en cas de cancer de la prostate?

Le traitement du cancer de la prostate a pour objectif la guérison du patient, à défaut l'amélioration de sa qualité de vie et de sa survie, ainsi que la prévention des complications ou des effets indésirables des traitements.

Parce que ce cancer évolue lentement, il n'y pas d'urgence à le traiter. Après le diagnostic, de nombreux examens complémentaires sont effectués et, dans certains cas, le traitement est retardé en faveur d'une période de surveillance active. Cette stratégie est destinée à éviter le traitement agressif de cancers de la prostate à évolution très lente, qui ne justifient pas les possibles complications et effets indésirables des traitements. En effet, les patients très âgés ont parfois une espérance de vie inférieure au temps nécessaire à l'aggravation de leur cancer.

Le traitement met en œuvre des mesures chirurgicales (pour enlever la prostate), l'exposition à des radiations ionisantes (radiothérapie externe et curiethérapie), et l'administration de médicaments d'hormonothérapie (voire de chimiothérapie). Comme pour les autres cancers, les soins reposent sur un ensemble de protocoles codifiés, adaptés aux particularités du patient. Ils sont administrés dans ou en lien avec des centres de lutte contre le cancer accrédités par l'Institut national du cancer (INCa).

Selon le stade d'évolution du cancer de la prostate et l'âge du patient, le médecin peut adopter quatre attitudes :

- le traitement d'emblée pour guérir le cancer (si le patient est relativement jeune et le cancer de la prostate peu invasif) ;
- le traitement différé avec surveillance active (examen clinique avec toucher rectal et mesure du PSA tous les six mois, associés à une biopsie de la prostate un an après le diagnostic, puis tous les deux à trois ans) ;
- le traitement palliatif d'emblée, c'est-à-dire ne visant pas la guérison complète mais le maintien de la qualité de vie et le contrôle de l'évolution du cancer. Cette stratégie est également appelée "abstention-surveillance" ;
- le traitement palliatif différé avec surveillance active.

Les cancers localisés sont traités selon leur sous-stade d'évolution :

- À faible risque, ils peuvent être l'objet d'une surveillance active, d'un traitement par radiothérapie externe ou par curiethérapie, ou d'une intervention chirurgicale pour enlever la prostate. Dans certains cas, un traitement par hormonothérapie peut également être prescrit.
- Les cancers localisés à risque intermédiaire sont traités par chirurgie voire par radiothérapie externe, associées éventuellement à une hormonothérapie.
- Les cancers localisés à risque élevé font l'objet d'une longue hormonothérapie (au moins trois ans) et/ou d’une radiothérapie externe. Chez les hommes relativement jeunes, la chirurgie peut être envisagée, éventuellement associée à une radiothérapie et à une hormonothérapie.

Les cancers de la prostate localement avancés se soignent généralement par la radiothérapie externe et une hormonothérapie de plusieurs années. Chez les hommes relativement jeunes, la chirurgie peut être envisagée, éventuellement associée à une radiothérapie et à une hormonothérapie.

Les cancers de la prostate avec atteinte ganglionnaire se soignent par une hormonothérapie sur plusieurs années, avec éventuellement recours à la chirurgie ou à la radiothérapie. Le médecin peut également opter pour une abstention-surveillance.

Les cancers de la prostate métastasés se soignent par hormonothérapie ou abstention-surveillance. La radiothérapie, voire la chimiothérapie, sont éventuellement utilisées pour contrôler les symptômes dus aux métastases, en particulier la douleur.

La chirurgie dans le traitement du cancer de la prostate

Dans le contexte du traitement du cancer de la prostate, la chirurgie est employée pour enlever la prostate (prostatectomie). Dans certains cas, les ganglions qui drainent la région atteinte sont ôtés également (curage axillaire ou ganglionnaire).

L'ablation de la prostate est pratiquée pour traiter les cancers localisés à risque faible ou intermédiaire, voire ceux à risque élevé ou localement avancés. Cette intervention chirurgicale nécessite cinq à sept jours d'hospitalisation et peut se faire par une incision dans l'abdomen ou, rarement, au niveau du périnée (entre le scrotum et l'anus). Elle peut également être pratiquée à l'aide d'instruments insérés par de petites ouvertures dans l'abdomen (cœlioscopie).

Le chirurgien enlève la prostate et les vésicules séminales (où le sperme est stocké). Parfois, il peut aussi envisager d’enlever les ganglions avoisinants. Un ganglion "témoin" peut alors être examiné au microscope pendant l'intervention, pour savoir si le cancer a touché les ganglions. Lorsque les cellules cancéreuses ont envahi les tissus entourant la prostate, ces tissus sont également retirés, ce qui peut entraîner par la suite certains effets indésirables (par exemple, des troubles de l'érection).

Une fois la prostate enlevée, le chirurgien joint directement la vessie à l'urètre (canal conduisant l'urine vers l'extérieur). Une sonde urinaire est posée et laissée en place le temps que cette nouvelle jonction cicatrise (soit cinq à dix jours environ).

Une nouvelle technique non chirurgicale est en cours d'évaluation pour la suppression de la prostate, en cas de cancer localisé à faible risque. Cette technique (appelée "Ablatherm") utilise des ultrasons particuliers pour brûler la prostate fragment par fragment, grâce à une sonde spéciale insérée dans le rectum (sans brûler le rectum). Elle peut engendrer des complications (incontinence urinaire chez un tiers des patients, rétrécissement de l'urètre).

Il s’agit essentiellement d'incontinence urinaire et de troubles de l'érection (impuissance).

L’incontinence urinaire peut survenir après une prostatectomie, une fois la sonde urinaire enlevée, du fait de l'absence de prostate (qui participe habituellement à la rétention de l'urine). Ce phénomène est, dans la grande majorité des cas, temporaire. La personne opérée retrouve en quelques semaines sa continence, en particulier la nuit. Par contre, il n'est pas rare que subsiste une incontinence d'effort (c'est-à-dire une fuite d'une petite quantité d'urine à la suite d'un effort physique). Son traitement fait appel à des techniques de rééducation des sphincters (muscles contrôlant la fermeture de la vessie), qui font généralement disparaître l’incontinence en quelques mois, au plus une année. De fait, moins de 3 % des hommes opérés continuent de souffrir de cette incontinence d'effort au-delà de la première année suivant la chirurgie.

Des troubles de l'érection peuvent aussi se manifester après l'ablation de la prostate. En effet, les nerfs et vaisseaux sanguins contrôlant l'érection passent le long de la prostate, au sein de ce qu'on appelle les "bandelettes neurovasculaires". En enlevant la glande, le chirurgien veille à ne pas endommager ces deux bandelettes, mais l'inflammation liée à l'intervention provoque fréquemment des troubles érectiles temporaires (dans les mois suivant la chirurgie).

De plus, si le cancer a envahi les tissus voisins de la prostate, il peut être nécessaire d'enlever une, voire les deux bandelettes. Si une seule bandelette a été ôtée, si le patient est relativement jeune et s'il avait des érections de bonne qualité avant l'opération, ses chances de retrouver des érections de qualité sont plus élevées. Cette récupération s’observe chez plus d’un patient sur deux, mais elle peut nécessiter un ou deux ans.

Il existe aussi des traitements pour les personnes souffrant de troubles de l'érection après une ablation de la prostate. Cette complication étant relativement fréquente, les urologues ont l'habitude d'aider leurs patients à retrouver une vie sexuelle satisfaisante.

Sachez aussi qu’après l’ablation des vésicules séminales, les hommes opérés n'éjaculent plus. Ils sont capables de ressentir un orgasme, mais sans émission de sperme ("orgasme sec").

Traitement du cancer de la prostate : la radiothérapie

Les rayons ionisants (radiothérapie) sont principalement utilisés dans le traitement des formes localisées ou localement avancées du cancer de la prostate. Parfois, on les utilise aussi dans des stades plus avancés, ou pour soulager les symptômes dus aux métastases. La radiothérapie peut être externe (des rayons projetés traversent la peau et détruisent les cellules cancéreuses de la prostate) ou utiliser des sondes implantées dans la prostate (curiethérapie).

La radiothérapie externe est le plus souvent administrée pendant quatre à cinq jours consécutifs (à raison d'une séance par jour), durant six à huit semaines. Ce traitement comporte des effets indésirables, à savoir :

- une inflammation de la vessie provoquant des envies pressantes d'uriner, des difficultés à uriner voire des sensations de brûlure en urinant ;
- une inflammation du rectum provoquant de fausses envies d'aller à la selle, des saignements ou des crises d'hémorroïdes ;
- des diarrhées.

Plus de trois mois après la fin de la radiothérapie, d'autres effets indésirables peuvent apparaître :

- la présence de sang dans les urines et les selles ;
- des troubles de l'érection d'apparition progressive, sur plusieurs mois voire plusieurs années (ils affectent 50 à 70 % des hommes ayant suivi une radiothérapie externe).

Dans cette forme de radiothérapie, des grains, des microsources ou des fils radioactifs sont insérés directement dans la prostate. Ce traitement se pratique pour soigner des cancers localisés à faible risque. Dans la plupart des cas, il consiste à implanter de manière permanente de petites billes contenant de l'iode radioactif (iode 125).

Cette intervention se déroule sous anesthésie générale, au cours d'une hospitalisation brève, parfois après un traitement hormonal (pour réduire la taille de la prostate). Les billes émettent des rayons qui détruisent les cellules cancéreuses, mais qui ne sont pas assez puissants pour sortir du corps. En quelques mois, la radioactivité des billes diminue fortement, et elle disparaît un an après la mise en place dans la prostate.

Pendant trois à six mois, la curiethérapie peut aussi engendrer des effets indésirables, à savoir :

- des difficultés à uriner ;
- une présence de sang dans les urines ou le sperme ;
- des saignements du rectum et des hémorroïdes ;
- une fatigue ;
- parfois, une incontinence urinaire.

Ces effets peuvent persister plus longtemps, voire de manière permanente chez 10 % des patients. De plus, des troubles de l'érection apparaissent chez un tiers des patients (qui, souvent, reçoivent également un traitement hormonal).

Pendant les deux mois suivant l'implantation des billes radioactives, il est préférable :

- de ne pas prendre d'enfant sur ses genoux ;
- de ne pas côtoyer de femme enceinte ;
- de filtrer ses urines (parfois une bille peut passer dans les urines, elle doit alors être rapportée à l'hôpital dans un container spécial) ;
- d'utiliser systématiquement des préservatifs (le sperme pouvant être radioactif).

Sachez aussi qu’un homme décédant dans les deux ans qui suivent l'implantation d'iode 125 dans sa prostate ne peut pas être incinéré.

Les traitements médicamenteux du cancer de la prostate

Les médicaments prescrits sont essentiellement des traitements hormonaux. Ils visent à stopper la croissance des cellules cancéreuses, en bloquant la sécrétion ou l'action de la testostérone. Ces médicaments font partie de deux familles : les analogues de la LHRH et les anti-androgènes. Ils sont plutôt prescrits contre les cancers de la prostate localisés à risque élevé, ceux localement avancés et ceux avec atteinte ganglionnaire, mais peuvent également être utiles contre les autres stades de la maladie.

Les analogues de la LHRH (buséréline, goséréline, leuproréline, triptoréline) bloquent l'action de la LHRH, l'hormone qui stimule la sécrétion de la testostérone par les testicules. Ils sont administrés en injections sous la peau à un rythme variable selon le médicament (mensuellement ou tous les trois, quatre ou six mois), durant toute la vie du patient. Au départ, le traitement peut provoquer une augmentation temporaire du taux de testostérone dans le sang, nécessitant la prescription simultanée d'anti-androgènes pendant quelques semaines.

Les analogues de la LHRH peuvent aussi présenter d’éventuels effets indésirables, notamment :

- des bouffées de chaleur ;
- des douleurs des seins ;
- des nausées et des vomissements ;
- une baisse du désir sexuel et des troubles de l'érection ;
- de la fatigue ;
- des maux de tête ;
- une transpiration excessive ;
- une prise de poids.

À long terme, les analogues de la LHRH peuvent aussi causer une ostéoporose (fragilisation des os), qui nécessite un traitement spécifique.

Les médicaments anti-androgènes (acétate de cyprotérone, bicalutamide, flutamide, nilutamide) bloquent l'action de la testostérone. Ils sont administrés sous forme de comprimés, tout au long de la vie du patient.

Leurs éventuels effets indésirables sont similaires à ceux des analogues de la LHRH avec, également :

- une sécheresse de la peau ;
- un gonflement des jambes ;
- dans le cas du nilutamide, des troubles de la vision des couleurs.

Chez les personnes très âgées ou pour lesquelles la vie sexuelle n'est plus un souci, il est aussi possible de réduire le taux de testostérone dans le sang en enlevant chirurgicalement les testicules (ou leur partie centrale). Les effets indésirables de cette intervention sont identiques à ceux des traitements hormonaux. Ce type d’opération reste relativement rare.

Pour soigner le cancer de la prostate, la chimiothérapie est utilisée seulement dans des cas très particuliers de cancers métastasés, résistant à un traitement hormonal (ou "hormonorésistants").

Le plus souvent, ce traitement repose sur des séances de perfusion intraveineuse (les "cures"), tous les jours ou par cycles de deux jours espacés de deux semaines. Il peut éventuellement se faire par voie orale (comprimés). La chimiothérapie comporte aussi de possibles effets indésirables, à savoir :

- des nausées et vomissements ;
- une coloration bleu-vert des urines ;
- des yeux rouges ;
- des plaies de la bouche ;
- des fourmillements et des engourdissements des pieds et des mains ;
- une fatigue ;
- une baisse des défenses immunitaires ;
- des diarrhées.

Cancer de la prostate : les suites du traitement

Les patients traités contre le cancer de la prostate font l'objet d'un suivi médical rapproché, pendant plusieurs années, afin de dépister rapidement d'éventuelles récidives.

Un toucher rectal et un dosage du PSA sont prévus six semaines à trois mois après l’ablation de la prostate. Si le PSA est négatif, des prises de sang sont encore effectuées tous les six mois pendant trois ans, puis tous les ans. Si, à l’inverse, le PSA est encore mesurable, il est dosé de nouveau trois mois plus tard. S'il n'est pas négatif à cette date, des examens complémentaires sont nécessaires.

Un toucher rectal et un dosage du PSA sont réalisés trois mois après la fin du traitement, puis tous les six mois. Parce que la prostate n'a pas été enlevée, le taux de PSA diminue progressivement, pour disparaître normalement en deux à trois ans.

Un à deux mois après la mise en place d'une curiethérapie, un scanner ou une IRM sont pratiqués, pour évaluer l'état de la prostate et la position des billes. Le PSA est mesuré après trois mois, puis tous les six mois. Comme après une radiothérapie externe, le taux de PSA diminue régulièrement dans les années qui suivent la curiethérapie.

Un toucher rectal et un dosage du PSA sont effectués après trois et six mois de traitement, puis tous les six mois. Des dosages sanguins supplémentaires sont nécessaires avec les anti-androgènes, pour évaluer l'état du foie.

Si vous avez souffert d'un cancer de la prostate, contactez votre médecin en cas de :

- difficultés pour uriner ;
- fatigue inexpliquée ;
- douleurs des os (en particulier au niveau des hanches, du dos, des cuisses ou du cou).

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