Un taux de cholestérol trop élevé n'est pas une maladie en soi, mais un facteur de risque pour d'autres pathologies cardiovasculaires. En effet, au bout de quelques années, il provoque peu à peu une perte d'élasticité des artères et réduit leur diamètre. On parle alors d'athérosclérose (ou artériosclérose), qui peut avoir de graves conséquences.

Dépisté systématiquement à partir de 50 ans, l'excès de cholestérol est traité par des mesures diététiques et des médicaments spécifiques. Sa prévention repose aussi sur une bonne hygiène de vie (alimentation équilibrée, activité physique, etc.)

Points-clés

En France, 12 millions de personnes ont un taux de cholestérol LDL (ou « mauvais cholestérol ») trop élevé. Touchant surtout les hommes de plus 50 ans, ce phénomène n'est pas une maladie en soi, mais accroît le risque cardiovasculaire. Il est lié notamment à l’hérédité et à une alimentation trop riche en graisses.

Les dépôts de cholestérol formés sur les artères peuvent perturber l’alimentation des organes en oxygène et nutriments, avec un risque accru d’infarctus, de troubles de l’érection, d’accident vasculaire cérébral (AVC), et d’artérite des jambes.

Un dosage systématique du cholestérol, à partir d'examens sanguins, est proposé à toutes les personnes de plus de 50 ans. Selon les résultats, un traitement peut être nécessaire. Les soins prescrits reposent sur des règles hygiéno-diététiques, voire sur la prise de médicaments.

Pour limiter l’élévation du taux de cholestérol, il est recommandé d’adopter une alimentation moins riche en graisses, de pratiquer une activité physique régulière, de cesser de fumer et de limiter sa consommation d’alcool.

L’excès de cholestérol : définition, causes et conséquences

Le cholestérol est un corps gras fabriqué par l’organisme, qui se trouve également dans l'alimentation. C'est un élément indispensable à la synthèse de nombreuses hormones, mais aussi à la structure de la membrane qui entoure les cellules.

L'excès de cholestérol touche environ 12 millions de Français. Ce n'est pas une maladie en soi, mais un facteur de risque pour d'autres pathologies du cœur et des vaisseaux. Ces problèmes de santé apparaissent lorsqu'une fraction du cholestérol circulant dans le sang se retrouve en trop grande quantité. Il s'agit du cholestérol LDL (appelé aussi « mauvais cholestérol »), qui favorise la formation de dépôts sur la paroi des artères. L'autre fraction, le cholestérol HDL (ou « bon cholestérol »), piège le cholestérol en excès dans le sang, et stimule son élimination par le foie avec la bile. Il a donc plutôt pour effet de réduire le risque de maladies cardiovasculaires.

Un grand nombre de facteurs peuvent contribuer à augmenter la concentration sanguine de cholestérol LDL, à savoir :

- l'hérédité ;
- une alimentation trop riche en graisses d'origine animale et en cholestérol ;
- le surpoids et l'obésité ;
- une activité physique insuffisante ;
- le sexe (les hommes ont un taux de cholestérol LDL plus élevé) ;
- d'autres troubles (par exemple le diabète, l'hypothyroïdie, les maladies du foie et du rein).

Le taux de cholestérol tend aussi à s’accroître avec l'âge. S’il reste élevé pendant plusieurs années, le cholestérol peut former des dépôts sur la paroi interne des artères. Appelés plaques d'athérome, ils contiennent parfois d'autres substances comme le calcium. Ils provoquent peu à peu une perte d'élasticité des artères, et réduisent leur diamètre. On parle alors d'athérosclérose (ou « artériosclérose »). Cette maladie reste asymptomatique pendant des années. Pourtant, l'apport en oxygène et en nutriments des organes touchés peut diminuer considérablement, provoquant à la longue des symptômes graves et parfois soudains.

Les complications possibles et leur traitement

Les signes de l'athérosclérose se manifestent lorsque le débit sanguin est tellement diminué par les dépôts de cholestérol que cela empêche le bon fonctionnement des organes. Les symptômes sont différents selon les parties du corps atteintes :

- si les artères cardiaques sont touchées, le patient peut développer des crises d'angine de poitrine (contraction des artères irriguant le cœur). Un infarctus du myocarde (mort d'une partie du muscle cardiaque par manque d'oxygénation) est aussi possible ;
- quand les artères situées dans l'abdomen sont concernées, les plaques d’athérome peuvent entraîner des troubles de l'érection ;
- si les artères du cerveau sont bouchées, le patient peut souffrir de paralysies, vertiges, troubles du langage, etc. Parfois, des morceaux de plaques se détachent, migrent et vont obstruer un petit vaisseau en aval. C'est l'une des causes d'accident vasculaire cérébral (« AVC » ou « attaque cérébrale ») ;
- enfin, si les artères des jambes sont rétrécies, on observe des crampes intermittentes du mollet pendant la marche : c’est l’artérite des jambes. Cette maladie est diagnostiquée grâce à une échographie, permettant d'apprécier la diminution du débit sanguin dans l'artère. Elle est d'autant plus accentuée que les crampes et douleurs surviennent après une très courte distance parcourue, ou qu'elles apparaissent au repos. Une artérite sévère des jambes peut causer une gangrène (mort des zones qui ne sont plus irriguées), nécessitant une amputation.

Il associe :

- des médicaments vasodilatateurs (élargissant le diamètre des artères) ;
- la marche
- l'arrêt du tabac
- l'ensemble des mesures destinées à lutter contre l'excès de cholestérol.

Parfois, la dilatation de l'artère rétrécie est réalisée avec une sonde à ballonnet et la pose d'un stent (petit dispositif bloquant l'artère en position dilatée). La dérivation de la circulation du sang (pontage) peut aussi se révéler nécessaire.

Les facteurs de risque cardiovasculaire

Les experts ont identifié une série de facteurs qui favorisent le développement d'une maladie du cœur ou des vaisseaux. Ces éléments sont pris en compte pour déterminer le taux souhaitable de cholestérol LDL. Il s’agit de :

- l'âge (plus de 50 ans pour un homme ou plus de 60 ans pour une femme)
- les antécédents familiaux d’infarctus précoce (le risque existe lorsque le père du patient a eu un accident cardiaque avant 55 ans, ou sa mère avant 65 ans)
- l'usage du tabac ou son arrêt depuis moins de trois ans
- une hypertension artérielle, même traitée
- un diabète de type 2
- un taux sanguin de cholestérol HDL inférieur à 0,40 g/l (un taux supérieur à 0,60 g/l annulant un facteur de risque).

On distingue également des patients dits "à haut risque cardiovasculaire". Ce sont ceux :

- qui ont des antécédents personnels de maladie cardiovasculaire (infarctus, angine de poitrine, artérite, AVC)
- qui souffrent de diabète de type 2 avec atteinte des reins
- qui présentent deux autres facteurs de risque cardiovasculaire.

Les triglycérides, principales graisses contenues dans le sang

Les triglycérides constituent la majeure partie des graisses que nous mangeons et qui circulent dans notre sang. Ils représentent une source d'énergie essentielle pour notre corps.

Le taux de triglycérides dans le sang est habituellement inférieur à 1,5 g/l. S’il est anormalement élevé, cela est souvent lié à :

- un excès d'alcool
- un diabète non contrôlé
- un surpoids
- une surcharge du foie en graisses
- la prise de certains médicaments.

Il semblerait qu'une quantité trop importante de triglycérides dans le sang favorise aussi le développement des maladies cardiovasculaires, mais les avis divergent sur ce sujet.

Le dépistage de l’excès de cholestérol

Il repose sur une prise de sang (réalisée à jeun) qui permet d’évaluer les taux de cholestérol LDL, HDL et total, ainsi que celui de triglycérides.

À partir de 50 ans, un dosage systématique du cholestérol est effectué tous les cinq ans chez les femmes et tous les trois ans chez les hommes. Ces analyses peuvent être plus fréquentes chez les patients présentant plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire. Par ailleurs, si une analyse sanguine montre des valeurs trop élevées, le médecin fait faire une deuxième prise de sang (à jeun également) pour confirmer les résultats de la première.

Quant à l’athérosclérose, elle peut être détectée au cours d'un examen médical, en auscultant notamment le cou, l'aine ou l'abdomen. Le médecin recherche un bruit de souffle traduisant le rétrécissement des artères. La prise du pouls permet aussi d'évaluer l'importance de la diminution du débit sanguin.

Lire les résultats de l’analyse de sang

À partir des prélèvements sanguins, le laboratoire mesure les paramètres qui constituent le profil lipidique du patient.

Il inclut les taux de cholestérol HDL et LDL, ainsi qu'un cinquième du taux de triglycérides. Il est habituellement inférieur à 2 g/l.

Également appelé « mauvais cholestérol », il représente la grande majorité du cholestérol total. Son taux souhaitable est déterminé par le médecin, en fonction du risque cardiovasculaire :

- en l'absence de risque, sa quantité normale est inférieure à 1,6 g/l ;
- si le patient présente un ou plusieurs facteurs favorisant les problèmes cardiovasculaires (par exemple, un homme de plus de 50 ans), cette valeur limite est de 1,3 g/l. Au-delà de ce seuil, des mesures thérapeutiques doivent être prises.

Aussi nommé « bon cholestérol », son rôle est de capter le cholestérol en excès dans le sang et de le conduire au foie, pour qu'il soit éliminé avec la bile. Sa quantité est considérée comme trop faible lorsqu'elle est inférieure à 0,35 g/l. À l’inverse, un taux élevé de cholestérol HDL (plus de 0,60 g/l) protège des maladies cardiovasculaires, et annule un facteur de risque. Ainsi, un homme de 50 ans (un facteur de risque), s’il a 1,5 g/l de cholestérol LDL et 0,65 g/l de cholestérol HDL, ne sera pas considéré comme nécessitant une prise en charge médicale.

Leur taux augmente après un repas riche et « bien arrosé », lors d'une maladie du foie ou après la prise de certains médicaments. Le lien entre un taux élevé de triglycérides (plus de 1,5 g/l) et le risque de maladie cardiovasculaire n'a pas été clairement établi.

Obtenu en divisant le taux de cholestérol total (CT) par celui de cholestérol HDL, il permet d'évaluer le risque de maladie cardiovasculaire. Ce rapport est moins utilisé aujourd'hui.

Les objectifs du traitement selon les facteurs de risque

Lorsqu'une personne présente un taux sanguin de cholestérol trop élevé sur deux analyses de sang consécutives, une prise en charge médicale peut se révéler nécessaire. Le médecin généraliste décide de son opportunité en fonction de plusieurs paramètres :

- les taux sanguins de cholestérol total, LDL et HDL ;
- la quantité de triglycérides ;
- l'existence de facteurs de risque cardiovasculaire.

Dans tous les cas, le traitement consiste d'abord à indiquer au patient des règles d'hygiène de vie et de diététique. Si leur application pendant trois mois ne suffit pas à ramener le taux de cholestérol LDL ou de triglycérides à des valeurs acceptables, la prise de médicaments est nécessaire. Ceux-ci sont d'abord administrés aux doses les plus faibles possibles. Si celles-ci ne suffisent pas, la posologie est progressivement augmentée. Des analyses sanguines permettent de surveiller l'efficacité et la tolérance de ces produits. La première prise de sang de contrôle est prescrite entre un et trois mois après le début du traitement.

L'objectif des mesures hygiéno-diététiques, comme du traitement médicamenteux, est de maintenir la quantité de cholestérol LDL sous un seuil-cible. Celui-ci est défini selon le nombre de facteurs de risque cardiovasculaire du patient :

- en l'absence de risque, on vise un taux inférieur à 2,2 g/l
- en présence d'un seul facteur, l'objectif fixé est une valeur inférieure à 1,9 g/l
- avec deux facteurs, ce chiffre ne doit pas dépasser 1,6 g/l
- au-delà de deux facteurs, le taux ne doit pas excéder 1,3 g/l
- chez les patients à haut risque (présentant des antécédents de maladie cardiovasculaire, ou un diabète de type 2 avec atteinte des reins, ou deux autres facteurs de risque), le but est d’obtenir un taux inférieur à 1 g/l.

Lorsque le taux de cholestérol LDL est maintenu sous ces valeurs, le risque de complication cardiovasculaire est diminué. Néanmoins, ces seuils-cibles ne sont que des objectifs. Faute d'études suffisantes, il n'est pas recommandé de vouloir les atteindre au prix d'un traitement médicamenteux excessif ou mal toléré.

Les mesures de prévention

Chez les personnes sans surcharge pondérale, les mesures recommandées consistent essentiellement à :

- limiter la consommation d'aliments riches en graisses saturées et en cholestérol (les deux étant souvent associés dans les aliments)
- augmenter celle de graisses insaturées (en particulier d'acides gras oméga-3) et de fibres.

L'arrêt du tabac est également vivement recommandé.

S'il n'y avait que trois principes à retenir pour réduire l'apport en graisses saturées et cholestérol, ce seraient les suivants :

  • évitez d'utiliser du beurre pour cuisiner, réservez-en une noix pour les tartines du matin
  • réduisez fortement votre consommation de charcuterie grasse (rillettes, saucissons, saucisses, lardons)
  • évitez de manger du fromage à tous les repas.

Même si le jaune d'œuf est riche en cholestérol, il a moins d'impact sur le taux sanguin de cholestérol qu'on ne l'a dit. Son effet semble variable, selon des facteurs génétiques propres à chacun. Des études ont montré que manger un œuf par jour n'augmentait pas la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires. Cet aliment n'est donc pas interdit, mais sa consommation doit être réduite lorsque la quantité de cholestérol ne diminue pas, malgré une prise en charge adaptée.

Vous pouvez aussi appliquer les conseils suivants :

  • remplacez le beurre par de la margarine végétale enrichie aux phytostérols (substances naturelles qui contribuent à faire baisser le taux de cholestérol LDL), vendue en supermarché. La dose quotidienne recommandée de phytostérols est d’un à deux grammes par jour. Cela correspond à une consommation quotidienne de 30 à 40 g de margarine, soit l'équivalent de la quantité tartinée sur quatre ou cinq biscottes. Toutefois, demandez l'avis de votre médecin si vous utilisez ces produits sur de longues périodes. Pour la préparation des pâtes brisées ou feuilletées, vous pouvez aussi utiliser des margarines végétales à cuire. De même, dans les cakes, gâteaux et crêpes, remplacez le beurre par de l'huile ou de la margarine, riches en graisses insaturées (150 ml d'huile remplacent 200 g de beurre)
  • divisez par deux le nombre de jaunes d'œufs indiqué dans les recettes
  • avant de cuisiner, dégraissez les viandes au couteau, et les bouillons de viande en les plaçant au réfrigérateur (la graisse se fige en surface et peut facilement être retirée). Privilégiez aussi les viandes maigres (poulet, dinde, steak de bœuf ou lapin) ainsi que le poisson, même gras
  • préférez le lait et les produits laitiers écrémés ou demi-écrémés
  • évitez les produits contenant des graisses hydrogénées (acides gras trans) et des huiles de palme, de coprah ou de palmiste, riches en acides gras saturés. Limitez aussi votre consommation de produits à base de noix de coco
  • mangez plus de fibres (elles réduiraient l'absorption du cholestérol alimentaire par l'intestin). On les trouve dans les fruits, les légumes (y compris secs) et les céréales complètes.

Elles se trouvent dans les poissons gras (saumon, sardine, maquereau, hareng), ainsi que dans les huiles végétales (olive, tournesol, maïs, colza, noix, pépin de raisin, soja, etc.). On en recense de plusieurs types, par exemple :

  • les acides gras oméga-6 (présents dans les huiles de maïs et tournesol), qui semblent contribuer à une baisse du taux sanguin de cholestérol LDL
  • ceux de la famille des oméga-3 (présents notamment dans les poissons gras et les huiles de colza et de noix), qui jouent visiblement un rôle positif dans la prévention des maladies cardiovasculaires.

Pour en consommer davantage :

  • utilisez de l'huile de colza dans vos salades, en faisant par exemple un mélange à parts égales d'huile de colza et d'huile d'olive ou de noix
  • mangez du poisson gras une à deux fois par semaine
  • mangez régulièrement des noix, en quantité raisonnable.

Consommées en excès, les boissons alcoolisées augmentent le taux de triglycérides et le risque de complications (ex. : accident cardiovasculaire, inflammation du pancréas). Consommez moins de trois verres par jour si vous êtes un homme, et moins de deux verres par jour si vous êtes une femme, ce qui correspond aux conseils habituels pour une bonne santé.

Prévenir l’athérosclérose en cas de surpoids

Chez les personnes en surcharge pondérale, limiter l'apport global en matières grasses est un objectif prioritaire, par rapport à la réduction des apports de cholestérol alimentaire. De manière générale, sachez que :

  • perdre du poids contribue à diminuer le taux de cholestérol LDL et le risque de maladies cardiovasculaires
  • avoir une activité physique régulière, diminuer sa consommation de boissons alcoolisées et cesser de fumer est également important, pour réduire les risques de complications
  • appliquer les conseils diététiques pour les personnes sans excès de poids est aussi bénéfique pour celles en surpoids.

Une activité physique modérée quotidienne est bénéfique pour la santé. Plus soutenue, elle permet de maigrir, contribue à baisser le taux sanguin de cholestérol LDL et augmente celui de cholestérol HDL.

L'entraînement optimal, pour garder la forme, consiste à pratiquer trois fois par semaine une activité d'endurance (marche rapide, vélo ou natation), pendant environ 45 minutes. L'intensité de l'exercice doit légèrement vous essouffler. Néanmoins, vous devez pouvoir parler pendant l'effort (mais pas chanter : accélérez si vous y parvenez). Par ailleurs, un essoufflement exagéré, des palpitations du cœur ou une douleur inhabituelle, en particulier dans la poitrine, doivent impérativement entraîner l'arrêt de l'activité. Ces symptômes justifient aussi une consultation médicale.

Les personnes présentant un taux sanguin de triglycérides trop élevé doivent suivre les mêmes règles d'hygiène de vie. Un régime pauvre en calories et en sucres rapides leur est également prescrit. Il leur est aussi recommandé de cesser toute consommation d'alcool.

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