Maladie métabolique chronique, le diabète de type 1 se déclenche le plus souvent pendant l'enfance ou au début de l'âge adulte. Il se caractérise par une production d’insuline faible ou inexistante, causant une hausse anormale du taux sanguin de sucre. Cette maladie peut connaître des complications graves (coma hyperglycémique, atteintes des vaisseaux sanguins et des nerfs).

Son traitement repose sur l'injection régulière d'insuline, l'adaptation du régime alimentaire et la pratique d'une activité physique. Les patients peuvent diminuer eux-mêmes les risques de complications, notamment par l’autosurveillance de leur glycémie.

Points-clés

Le diabète de type 1 correspond à une insuffisance ou à une absence d’insuline dans le sang, augmentant la glycémie. Cette maladie est plus fréquente dans les pays occidentaux. Chaque année, en France, 6 000 nouveaux cas sont identifés, soit 10 % de l’ensemble des cas de diabète..

Le diabète de type 1 peut endommager les vaisseaux et les nerfs, causer des hypoglycémies ou une déshydratation, voire provoquer un coma hyperglycémique. Pour prévenir ces complications, le patient peut apprendre notamment à surveiller lui-même sa glycémie.

95 % des patients touchés par le diabète de type 1 ont des prédispositions génétiques à cette affection, et ont été exposés à des facteurs favorisant son apparition (alimentation, climat, etc.) Parmi les premiers symptômes peuvent figurer un besoin fréquent d’uriner, et des problèmes cutanés (sécheresse, cicatrisation ralentie).

Le diagnostic de diabète de type 1 est confirmé par une prise de sang et une analyse d’urines. Le traitement repose sur l’administration régulière d’insuline, l’adaptation de l’alimentation et la pratique d’une activité physique.

Diabète de type 1 : définition

L'insuline est l'une des hormones qui permettent la régulation du taux de sucre (glucose) dans le sang, ou « glycémie ». Sécrétée par le pancréas quand la glycémie augmente (par exemple, après un repas), cette substance :

- favorise le stockage du sucre dans les muscles et le foie, sous forme de glycogène ;
- stimule la formation de graisses à partir du sucre.

Les personnes atteintes de diabète de type 1, également appelé « diabète insulinodépendant » (DID) ou « diabète juvénile », sécrètent peu ou pas d'insuline. En l'absence de traitement, leur glycémie est constamment trop élevée, mais le sucre qu’elles ont dans le sang est inutilisable comme source d'énergie par les cellules. Celles-ci doivent alors brûler des graisses ou des protéines pour couvrir leurs besoins énergétiques. À long terme, l’élévation permanente du taux de sucre provoque aussi des dégâts, notamment sur les vaisseaux sanguins.

Le diabète de type 1 concerne 10 % des patients diabétiques (90 % de ces patients étant atteints d’une forme dite « de type 2 », dans laquelle les cellules du foie et des muscles ne sont plus sensibles à l'insuline). Chaque année, en France, 6 000 nouveaux cas de diabète de type 1 sont diagnostiqués. Le nombre de cas identifiés chez des enfants a augmenté de plus de 37 % par an entre 1988 et 1997.

La maladie est plus fréquente dans les pays occidentaux et les régions éloignées de l'équateur. Par exemple, elle est 70 fois plus répandue en Finlande qu'en Chine.

Les causes, la prévention et le dépistage de la maladie

En cas de diabète de type 1, les cellules du pancréas qui fabriquent l'insuline (dites « bêta ») sont progressivement détruites par le système immunitaire. Celui-ci cesse en effet de reconnaître ces cellules comme faisant partie du corps, pour des raisons que l’on ignore. Dans l'état actuel des connaissances, il semblerait toutefois que, pour 95 % des personnes touchées, la maladie résulte de l'action de facteurs externes sur un terrain génétiquement favorable. L'existence de tels facteurs favorisants génétiques est fortement indiquée par :

- l'étude de vrais et faux jumeaux diabétiques ;
- la probabilité importante de développer un diabète de type 1 lorsque l’on a deux parents eux-mêmes atteints ;
- la mise en évidence de particularités des gènes (marqueurs cellulaires) plus fréquentes chez les patients diabétiques.

Quant à l'importance des facteurs externes, elle est suggérée notamment par les différences régionales en termes de fréquence du diabète au sein d'une population donnée. Par exemple, la maladie est quatre fois plus répandue en Sardaigne que dans le reste de l'Italie. Certains chercheurs ont ainsi émis l'hypothèse d'une infection virale ou bactérienne, qui perturberait le système de reconnaissance protégeant nos organes contre l'action destructrice de l'immunité. D'autres facteurs externes sont suspectés, à savoir :

- la nature de l'alimentation pendant la petite enfance (l'allaitement maternel semble réduire le risque de diabète chez l'enfant) ;
- le faible degré d'ensoleillement de la région d'origine (qui a un impact sur la fabrication de vitamine D, liée à l'action des rayons ultraviolets).

Certaines affections du ou touchant le pancréas (inflammation, kyste, cancer, mucoviscidose, etc.) peuvent aussi provoquer indirectement un diabète.

Par ailleurs, on ne connaît pas de moyen pour prévenir l'apparition d'un diabète de type 1. Des études en cours cherchent à estimer l'efficacité d'un vaccin, destiné à empêcher l'action destructrice des cellules de l'immunité sur le pancréas. Si le rôle d'une infection virale ou bactérienne est confirmé, il est probable que des essais cliniques chercheront aussi à évaluer l’utilité d’une éventuelle vaccination.

Enfin, le dépistage des cas de diabète non diagnostiqués est réalisé systématiquement lors des visites médicales en milieu scolaire ou professionnel, à travers la recherche de sucre dans les urines (à l'aide d'une bandelette).

Les symptômes du diabète de type 1

Les personnes souffrant d’un diabète de type 1 peuvent ne présenter aucun symptôme pendant des années. Au fur et à mesure que la maladie progresse, des signes finissent par apparaître soudainement (en général, quand 80 à 90 % des cellules du pancréas ont disparu) :

- augmentation de la soif et de la faim ;
- besoin fréquent d'uriner, pouvant entraîner des problèmes de « pipi au lit » (énurésie) chez un enfant jusque-là propre ;
- fatigue anormale ;
- sécheresse et démangeaisons de la peau ;
- cicatrisation lente des coupures et blessures ;
- infections fréquentes des gencives, de la vessie, du vagin et de la vulve ou du prépuce ;
- insensibilité (ou fourmillements) des mains et des pieds ;
- vision floue.

Chez le nourrisson, le diabète de type 1 est rare et lié à une anomalie génétique. Il se traduit par :

- un érythème fessier (fesses rouges) sévère ;
- des malaises ;
- une faible prise de poids, malgré un bon appétit ;
- de la soif ;
- des couches mouillées en permanence ;
- parfois, des vomissements et de la déshydratation.

Chez les enfants, le diabète de type 1 est plus fréquemment diagnostiqué au cours de deux périodes de la vie : entre 4 et 6 ans, ou entre 10 et 14 ans.

Le diagnostic de la maladie

En présence de symptômes évoquant un diabète de type 1, le médecin prescrit des analyses de sang. Le diagnostic se fait en mesurant le taux sanguin de glucose (sucre), ainsi qu'en recherchant la présence de sucre et de corps cétoniques dans les urines. Des examens complémentaires peuvent être nécessaires, par exemple :

- la recherche d'anticorps dirigés contre les cellules bêta du pancréas ;
- la mesure du taux sanguin d'hémoglobine glyquée ;
- l’évaluation de la réaction du corps après l'administration de sucre par voie orale.

Si le diagnostic est confirmé, l’hospitalisation est systématique. Elle permet de réaliser un bilan complet, de mettre en place un traitement à l'insuline adapté et de débuter un processus d'éducation thérapeutique. Celui-ci permet au patient d’apprendre les principes de sa prise en charge (traitement, alimentation, activité physique, etc.)

Les éventuelles complications à court terme

Non diagnostiquée ou mal contrôlée par les traitements, la maladie peut provoquer des complications aigües, sous forme de malaises graves. Ceux-ci peuvent également se produire lorsque le traitement n'est pas suffisamment adapté à l'alimentation et à l'activité physique.

Lorsqu'une personne atteinte de diabète de type 1 n'est pas ou insuffisamment traitée, le glucose s'accumule dans le sang, mais ne peut être utilisé pour produire de l'énergie. Le corps le remplace alors par une autre source d'énergie, les acides gras (lipides). Cela entraîne la production de substances acides, les corps cétoniques. Ces substances s'accumulent et provoquent une acidification excessive du sang et des cellules, déclenchant des symptômes potentiellement fatals :

- une haleine au parfum de pomme caractéristique,
- une déshydratation,
- des nausées et vomissements,
- des maux de ventre,
- des difficultés pour respirer,
- une confusion,
- un coma dit « acidocétosique » (cause la plus fréquente de décès lié au diabète de type 1).

L'acidocétose diabétique nécessite un traitement par insuline et une hospitalisation en urgence. Par ailleurs, chez les enfants entre 4 et 6 ans, le diabète de type 1 est souvent diagnostiqué lors d'un épisode d'acidocétose, parfois fatal.

Si la concentration de sucre dans le sang devient très élevée, et plus particulièrement en présence d'autres facteurs tels qu'une infection, les patients atteints de diabète de type 1 peuvent présenter :

- une déshydratation intense ;
- une chute de la pression artérielle ;
- des épisodes de confusion et d'étourdissements, voire un coma dit « hyperosmolaire ». Cette complication peut entraîner la mort. Elle nécessite une hospitalisation et une réhydratation en urgence.

Il s’agit d’une baisse excessive de la glycémie, provoquée le plus souvent par un apport alimentaire en sucres insuffisant ou par une activité physique inhabituelle. Elle se manifeste par :

- des tremblements,
- des sueurs,
- une faiblesse,
- des troubles de l'attention,
- une faim,
- des vertiges,
- une nervosité et une irritabilité,
- des palpitations,
- des nausées,
- une peau froide et moite.

Lorsqu'elle est sévère, l'hypoglycémie peut se traduire par une perte de connaissance, parfois dangereuse dans certaines circonstances (ex. : baignade ou autres pratiques sportives).

Les personnes présentant un diabète de type 1 doivent connaître parfaitement les signes d'une éventuelle hypoglycémie. Sachez qu’après quelques années de maladie, il est fréquent que les patients diabétiques soient moins sensibles et moins attentifs à ces symptômes. Cela les expose à des crises plus sévères.

En cas de crise d'hypoglycémie, il faut boire ou manger le plus rapidement possible des aliments riches en sucres (par exemple, trois morceaux de sucre ou une pâte de fruit ou un verre de soda non light). Si le repas suivant est encore loin, une petite collation doit être prise ensuite (par exemple, quatre petits-beurre ou une barre de céréales). Si la prise d'aliments sucrés ne suffit pas à supprimer les symptômes d'hypoglycémie après dix minutes, il est préférable d'aller consulter un médecin. En effet, l'hypoglycémie peut être liée à d'autres causes, comme une infection.

Enfin, les personnes diabétiques devraient constamment avoir sur elles de quoi soulager une crise d'hypoglycémie, ainsi qu'une carte signalant qu'elles sont diabétiques.

D’autres complications possibles à plus long terme

Lorsqu'elle persiste plusieurs années, une concentration élevée de sucre dans le sang peut provoquer des complications particulières. La probabilité d’en développer dépend de nombreux facteurs (qualité du contrôle de la glycémie, prédispositions génétiques éventuelles, sexe, équilibre alimentaire, activité physique, usage du tabac, etc.) De plus, ces complications sont essentiellement observées chez les adultes, après quelques années de diabète. Néanmoins, leur prévention doit se mettre en place dès l'enfance, en prenant les habitudes qui favorisent un contrôle efficace de la glycémie.

Les complications à long terme du diabète de type 1 sont surtout de deux ordres :

- **Une atteinte des petits vaisseaux sanguins (dite « microvasculaire »)** : Elle se traduit au niveau des yeux, plus particulièrement de la rétine et du cristallin. Elle touche également les reins, ce qui peut entraîner une insuffisance rénale. Ainsi, le diabète est la cause principale de mise sous dialyse (ou « rein artificiel »). L'atteinte des petits vaisseaux provoque également des lésions des nerfs des pieds et des jambes, causant une perte de sensibilité et des sensations douloureuses (ou des fourmillements). Par ailleurs, la cicatrisation des plaies et blessures est ralentie, et la peau se défend moins efficacement contre les infections. Les infections de la bouche (gingivites et parodontites) sont aussi plus fréquentes.
- **Une atteinte des artères principales (dite « macrovasculaire ») : Elle correspond à un rétrécissement de ces gros vaisseaux et peut entraîner un infarctus, un accident vasculaire cérébral ou une mauvaise circulation dans les artères des jambes (artérite).

D'autres problèmes peuvent également survenir lorsque le diabète est mal contrôlé par le traitement, par exemple une
perte de souplesse des articulations**, au niveau des mains et des pieds. De plus, chez les personnes présentant certaines particularités génétiques (gène HLA-DR3), le système immunitaire s'attaque parfois à d'autres organes que le pancréas (ex. : thyroïde), entraînant ainsi des complications particulières.

Les bons réflexes pour réduire les risques de complications

Si vous souffrez d’un diabète de type 1, vous pouvez agir pour éviter l’apparition d’autres pathologies associées.

Le patient diabétique est le premier acteur de sa santé. Mieux il connaît sa maladie, mieux il saura adopter les gestes qui en minimisent les conséquences. De très nombreux documents d'information sur cette maladie sont disponibles auprès des médecins, des associations de patients, des laboratoires pharmaceutiques ou en librairie. Des programmes d'éducation sont aussi proposés dans certains hôpitaux (dans le cadre des hospitalisations de jour) et par des réseaux locaux de professionnels de santé (médecins, infirmières, diététiciennes, pédicures-podologues, etc.) Renseignez-vous auprès de votre médecin ou des associations de diabétiques.

L'adaptation des habitudes alimentaires est un élément important de la prise en charge du diabète de type 1. Elle permet à la fois de mieux contrôler le taux de sucre dans le sang, de limiter la prise de poids et de prévenir les complications cardiovasculaires. (plus de détails ci-dessous « Bien s’alimenter… »)

Associée à un régime alimentaire adapté, l'activité physique a aussi un effet bénéfique sur le diabète. Elle contribue également à éviter la prise de poids, et participe à la prévention des pathologies cardiovasculaires. De plus, elle permet souvent de diminuer les doses quotidiennes d'insuline.

Les médecins conseillent généralement aux personnes atteintes une activité d'intensité moyenne (20 à 30 minutes, au moins trois à cinq fois par semaine). Les pratiques physiques et sportives de longue durée (marche, cyclisme, ski de fond, randonnée, escaliers, etc.) sont particulièrement indiquées. Pendant vos séances, maintenez un bon niveau d'intensité : vous devez pouvoir continuer à parler en vous exerçant, mais chanter doit être impossible ! Si vous pouvez chanter, augmentez l'intensité ; si vous ne pouvez pas maintenir une conversation, ralentissez.

Sachez aussi qu’il est important de vérifier votre glycémie avant et après la séance : cela permet d'adapter votre alimentation et votre traitement par insuline. En règle générale, les périodes d'activité doivent être suffisamment éloignées des injections d'insuline, afin de réduire le risque d'hypoglycémie. Par ailleurs, quand on fait de l’exercice, il est essentiel de garder sur soi des aliments sucrés, au cas où une hypoglycémie surviendrait (ce qui reste possible plusieurs heures après s’être mis au repos).

Enfin, la pratique physique ou sportive doit être évitée pendant un épisode d’hyperglycémie (excès de sucre dans le sang). En effet, le corps puise alors l'énergie nécessaire dans les graisses du corps (acides gras) et cela expose le patient au risque d'acidocétose, potentiellement dangereuse. En cas de doute, il est possible de rechercher les corps cétoniques dans l'urine, à l'aide d'une bandelette urinaire. La présence de ces substances contre-indique l'activité physique comme le sport.

Le diabète de type 1 n’empêche pas de faire du sport. Les premières années après la découverte de sa maladie, sur avis médical, une personne atteinte peut pratiquer n'importe quelle discipline (même en compétition de haut niveau). Les seules contre-indications absolues sont les sports où la perte de connaissance induite par une hypoglycémie serait catastrophique : plongée, escalade, vol libre, etc.

À partir de 40 ans, les patients diabétiques qui souhaitent commencer un sport doivent toutefois le faire après un bilan cardiovasculaire. En effet, en cas de maladie du cœur et des vaisseaux, l’entrainement pourrait provoquer des crises d'angine de poitrine ou un infarctus. De plus, d'autres complications liées au diabète (hypertension, hémorragie de la rétine, présence de protéines dans les urines, insensibilité des extrémités, etc.) doivent être dépistées, sous peine d'être aggravées par une pratique sportive inadaptée.

Pour une pratique sans danger, le sportif doit présenter un diabète bien contrôlé par les injections d'insuline, et bien connaître les réactions de son corps face à l'effort. En effet, pour maintenir un taux de sucre sanguin suffisant, la personne doit prévoir la dépense énergétique liée à chaque entrainement. Elle peut ainsi adapter son alimentation et la dose d'insuline à s'auto-administrer.

Pendant le sport, on recommande généralement d'injecter l'insuline à distance des muscles qui travaillent, pour éviter qu'elle ne soit trop vite absorbée. De plus, il est particulièrement important de garder sous la main des boissons ou des aliments sucrés. Cela permet de faire face à une éventuelle baisse brutale du taux de sucre dans le sang, parfois responsable d’une perte de connaissance. Par ailleurs, l'hypoglycémie peut survenir plusieurs heures après la fin de l'exercice. Aussi, il est parfois conseillé de prendre une petite collation avant de se coucher, en prévention d’une éventuelle crise nocturne. Sachez enfin que les crises sont plus fréquentes lorsqu'on pratique un sport qui sollicite les jambes de façon intense et prolongée (cyclisme, course, randonnée, etc.)

Les plaies du pied, chez le patient diabétique, sont dues à la fois à une perte de sensibilité et aux lésions des petits vaisseaux sanguins. Elles sont souvent provoquées par des traumatismes mineurs (frottements sur la chaussure, marche pieds nus, petites blessures). Néanmoins, elles présentent un risque élevé d'ulcération et de surinfection, pouvant conduire à une amputation.

En l’absence de telles complications, il vous suffit d'éviter de marcher pieds nus, de prendre garde aux coupures et d’avoir une bonne hygiène, en procédant selon les étapes suivantes :

- Lavez vos pieds tous les jours, en contrôlant la température de l'eau avec la main avant de commencer votre toilette.
- Séchez-les correctement, en particulier entre les orteils.
- Utilisez éventuellement une crème hydratante formulée pour les pieds.
- Attendez qu'ils soient bien secs pour enfiler des chaussettes propres et des chaussures confortables, qui ne vous blessent pas.

En revanche, si vous souffrez de complications sévères, inspectez vos pieds tous les jours, à la recherche de lésions que vous n'auriez pas senties. Si vous souffrez d'embonpoint ou de raideur des articulations, utilisez un miroir pour regarder le dessous de vos pieds.

En parallèle, votre médecin va examiner régulièrement vos pieds. Pour évaluer la sensibilité des nerfs, il utilise un fil de nylon relié à un dispositif rigide (test au monofilament dit « de Semmes-Weinstein »). Ce fil s’applique en trois endroits de la plante du pied (pulpe du gros orteil, base des orteils), le médecin demandant au patient s'il en ressent le contact.

Pour éviter tout problème cutané :

- Lavez-vous à l'eau tiède avec un savon doux.
- Protégez votre peau à l'aide d'un écran solaire.
- Soignez coupures et égratignures, nettoyez-les et recouvrez-les d'un pansement. Consultez votre médecin si elles cicatrisent trop lentement ou si une infection apparaît.
- Assurez-vous que votre vaccination contre le tétanos est à jour.

Les troubles oculaires provoqués par le diabète peuvent mener à la cécité. Il est donc essentiel de consulter un ophtalmologiste, au moins une fois par an.

Au titre de la prévention des complications cardiovasculaires, faites surveiller votre tension. Consultez également votre médecin en cas d'essoufflement anormal, de fatigue durable ou de douleurs dans la poitrine à l'effort. Le praticien qui vous suit vous prescrira aussi, au moins une fois par an :

- un bilan lipidique ;
- un électrocardiogramme ;
- une recherche de protéines dans les urines (micro-albuminurie ou albuminurie), pour contrôler l'état de vos reins.

Par ailleurs, lorsqu'on est diabétique, il est préférable de ne pas fumer. En effet, le tabac augmente considérablement le risque de problèmes cardiovasculaires.

Si vous souffrez de diabète de type 1, attention à l'automédication ! En effet, de nombreux médicaments, compléments alimentaires et plantes (fenugrec, ginseng, nopal, orange amère, etc.) peuvent interférer avec votre traitement. Ils sont susceptibles de provoquer des hypoglycémies soudaines, potentiellement dangereuses. Aussi, avant d’utiliser un produit de ce type, demandez l'avis de votre médecin et de votre pharmacien.

Les différentes composantes du traitement

L'objectif principal des soins en cas de diabète de type 1 est de maintenir le taux sanguin de sucre dans les valeurs normales, et de prévenir les complications. Au-delà de l'injection d'insuline, le maintien d'un poids raisonnable, une alimentation équilibrée et la pratique d'une activité physique régulière sont des composantes essentielles du traitement.

Ils reposent, pour le diabète de type 1, sur l'administration d'insuline par injection sous-cutanée (sous la peau). Les médicaments antidiabétiques oraux (pris par la bouche), utilisés pour soigner le diabète de type 2, n'ont pas d'efficacité démontrée dans celui de type 1. Récemment, une insuline destinée à être inhalée a été commercialisée aux États-Unis, mais elle a ensuite été retirée du marché.

L’adaptation des habitudes alimentaires et l’exercice physique régulier sont deux éléments importants du traitement. Lorsque la prise en charge médicale semble insuffisamment efficace, ces deux paramètres sont évalués. Ils sont éventuellement corrigés, avant que l’on envisage de modifier le traitement médicamenteux.

Après le diagnostic, le diabète de type 1 donne lieu à une hospitalisation pour mettre en place le traitement. Elle permet au patient :

- d’apprendre les bons gestes pour se soigner lui-même (auto-injection de l'insuline, autosurveillance de la glycémie) ;
- d’adopter de nouvelles habitudes (ex. : adaptation de l'alimentation et du traitement à l'activité physique).

Cette éducation thérapeutique est assurée par l'ensemble de l'équipe soignante : médecins, infirmières, diététiciennes, etc. Elle concerne le patient mais également ses proches (parents, conjoint, etc.)

Il s’agit d’une démarche éducative essentielle, qui doit être régulièrement entretenue tout au long de la maladie. En effet, les séances, personnalisées, permettent d'identifier et de corriger des lacunes de savoir, qui pourraient avoir un impact négatif sur le traitement et l'évolution du diabète. De nombreuses études ont d’ailleurs confirmé que les personnes diabétiques qui suivent régulièrement ces séances parviennent à mieux contrôler leur glycémie.

Maladie chronique, le diabète impose des contraintes tout au long de la vie, au patient comme à ses proches. Pour un meilleur suivi du traitement et un meilleur contrôle de la glycémie à long terme, un soutien psychologique peut être assuré si nécessaire. Pouvoir parler de ses difficultés, de son sentiment de ras-le-bol, contribue à réduire le stress (qui semble avoir des effets négatifs sur le contrôle de la glycémie).

Chez les patients diabétiques, l'efficacité des mesures mises en œuvre est évaluée régulièrement, grâce au suivi du pourcentage d'hémoglobine glyquée (HbA1c) dans le sang. Il s’agit d’une forme d'hémoglobine sur laquelle sont fixées des molécules de sucre. Ainsi, le taux sanguin d'HbA1c reflète la glycémie sur les six semaines précédant l’analyse sanguine. Une personne non diabétique a un taux d'HbA1c inférieur à 5,5 %. Chez un patient diabétique de type 1, le taux d'HbA1c à maintenir est fixé à 7 % chez les adultes et 7,6 % chez les enfants.

La prévention des complications cardiovasculaires peut nécessiter la mise en place de traitements spécifiques, contre l'excès de cholestérol et l'hypertension artérielle notamment. De plus, l'arrêt du tabac est fortement recommandé.

Bien s’alimenter lorsque l’on présente un diabète de type 1

Les personnes qui viennent d'apprendre qu'elles sont diabétiques pensent souvent qu'elles ne pourront plus manger de glucides (pâtes, riz, pommes de terre, céréales, gâteaux, etc.) En fait, il n'en est rien : cette idée, aujourd’hui fausse, date de l'époque où l'insuline n'était pas disponible. La survie des patients dépendait alors de la suppression quasi-totale des glucides dans leur alimentation. De nos jours, grâce aux traitements prescrits, les règles alimentaires préconisées en cas de diabète de type 1 sont proches de celles conseillées à titre général. Elles visent à assurer une alimentation équilibrée et diversifiée :

- adaptée à l'activité physique du patient ;
- favorisant le contrôle de la glycémie ;
- contribuant à éviter une prise de poids excessive, et à prévenir les complications cardiovasculaires ;
- assurant la croissance des enfants et adolescents, le cas échéant.

Ces règles sont définies selon les particularités de chaque patient (dosage et rythme de prise de l'insuline, activité, poids, habitudes et préférences alimentaires, etc.) Pour cette raison, la consultation régulière d'une diététicienne est un élément important du suivi médical d’un diabète de type 1.

La maîtrise de l'apport en sucres vise à éviter les trop grandes fluctuations de la glycémie, qui peuvent être liées :

- soit à une absorption d'aliments trop riches en sucres ;
- soit à une consommation insuffisante de glucides, aux repas ou lors des efforts physiques (risque d'hypoglycémie).

Dans cette optique, il faut consommer des glucides durant les trois repas sans en sauter aucun, et sans grignoter en dehors du petit-déjeuner, du déjeuner et du dîner. Toutefois, les diabétiques qui ont une activité physique intense peuvent manger une partie de leurs principaux repas (un fruit ou un laitage, par exemple) à l’occasion d’une ou deux collations.

Pour chaque patient, la quantité maximale de glucides à consommer chaque jour est déterminée par la diététicienne selon le sexe, l'âge, le poids et l'activité. Le rythme et la nature des injections d'insuline (insuline rapide, lente, intermédiaire, etc.) sont aussi pris en compte.

Si vous êtes diabétique, mieux vaut préférer les glucides naturellement contenus dans les céréales complètes et les légumes secs, à ceux qui se trouvent dans les gâteaux, sucreries, confitures, ou céréales de petit-déjeuner. Cette mesure est particulièrement importante chez les enfants diabétiques, afin de prévenir les hypoglycémies nocturnes.

Sachez aussi que les édulcorants de synthèse, produits « sucrants », ne font pas partie des glucides. Parmi ces produits, on compte les succédanés du sucre (polyols) et les édulcorants intenses (saccharine, aspartame, acésulfame de potassium et cyclamates). Ces additifs alimentaires servent à donner une saveur sucrée aux aliments. Leur usage n'est pas recommandé chez les personnes diabétiques, car ils entretiennent un goût pour le sucre.

Pour contribuer à prévenir le surpoids et les complications cardiovasculaires du diabète de type 1, il est préférable :

- de diminuer les prises d'aliments gras, en particulier ceux contenant des graisses d'origine animale (beurre, fromage, viande rouge, mayonnaise, etc.) ;
- de consommer du poisson, au moins deux fois par semaine.

L'usage d'huiles végétales (olive, noix, tournesol, colza, par exemple), ou de margarines molles au tournesol, est préférable à celui du beurre ou du saindoux.

Pour les personnes diabétiques, manger à chaque repas des aliments riches en fibres (fruits et légumes, compotes sans sucre ajouté) permet de ralentir l'absorption des sucres par le système digestif. Cela facilite le contrôle de la glycémie. La teneur de l'alimentation en fibres peut aussi être augmentée en consommant du son d'avoine, des graines de lin, du psyllium, du sarrasin, etc.

Les personnes diabétiques qui souhaitent consommer des boissons alcoolisées doivent se limiter à un verre par jour pour les femmes, et à deux verres par jour pour les hommes. Attention, l'alcool augmente le risque d'hypoglycémie lors d’un traitement par insuline.

L’autosurveillance de la glycémie

Ce terme désigne les techniques de mesure du taux de sucre dans le sang qu'un diabétique peut apprendre à maîtriser. Ces gestes sont devenus plus faciles à réaliser ces dernières années, et permettent d'identifier les hypoglycémies, d’adapter l'alimentation, l'activité physique et le traitement par l'insuline.

L’autosurveillance est effectuée en prélevant une goutte de sang à l'aide d'un autopiqueur (sorte de stylo pour se piquer le bout du doigt). Ce sang est ensuite analysé dans un appareil de lecture du taux de sucre. Ces deux matériels sont remboursés par l'Assurance Maladie.

Le sang permettant de mesurer la glycémie est obtenu avec une lancette (petite lame) montée sur l’autopiqueur, qui permet de régler la profondeur et la force de pénétration de la piqûre selon l'épaisseur de la peau. Afin de limiter la douleur, il est conseillé de changer de lancette à chaque test et de piquer sur le côté de la dernière phalange d'un des trois derniers doigts. Il faut éviter la pulpe des doigts, car elle est très sensible.

En pratique, avant le prélèvement, le doigt est massé pour activer la circulation. Une fois la goutte de sang prélevée, celle-ci est déposée sur une bandelette ou aspirée par un capteur (ou une électrode) de l'appareil de lecture. Les erreurs de résultats éventuelles peuvent être liées :

- à un prélèvement sur des doigts sales ou humides ;
- l'application d'alcool avant l’opération.

Ceux disponibles sur le marché diffèrent par :

- leur taille ;
- la durée du temps de lecture ;
- l'unité de lecture (g/l ou mmol/l) ;
- la quantité de sang nécessaire ;
- l'utilisation de bandelettes, disques réactifs, électrodes ou capteurs sur lesquels la goutte de sang est déposée.

En outre, certains appareils récents donnent la possibilité d'identifier si les mesures sont réalisées avant ou après les repas.

Quel que soit le type de machine utilisé, celle-ci doit être calibrée à chaque ouverture d'un nouveau flacon de bandelettes ou de disques réactifs, le cas échéant. Ce calibrage se fait avec les touches du lecteur, ou en insérant une puce de calibration (fournie avec chaque nouvelle boîte de bandelettes). Cette manipulation est indispensable mais parfois délicate.

Enfin, certains lecteurs peuvent être connectés à un ordinateur personnel. Les données de glycémie mémorisées sont alors téléchargées dans un logiciel de suivi. Celui-ci organise l'information, et permet de visualiser les variations du taux de sucre dans le sang au cours de la journée. Ces données peuvent ensuite être transmises au médecin, qui s'assure ainsi que le traitement est efficace et bien suivi.

Lire la suite