La gale est une maladie dermique parasitaire due à un minuscule acarien, le sarcopte. Après contamination par une personne infectée, ces acariens se développent en creusant des sillons dans la peau. Les réactions du système immunitaire contre ces parasites provoquent des démangeaisons intenses. D es traitements efficaces existent.

Points-clés

La gale est une maladie parasitaire de la peau due à un minuscule acarien. Elle se transmet essentiellement par un contact physique direct (peau contre peau), le plus souvent lors de rapports sexuels. Cela en fait une infection sexuellement transmissible (IST, anciennement MST).

Il existe trois formes spécifiques de gale : la gale profuse (qui crée des lésions étendues et touche surtout les personnes âgées ou immunodéprimées), la gale hyperkératosique (maladie chronique de personnes âgées, anormalement maigres ou immunodéprimées) et la gale du nourrisson. Tous les milieux sociaux peuvent être touchés.

Les symptômes sont caractéristiques : démangeaisons intenses quasi constantes, plus fortes le soir et la nuit, et lésions de la peau principalement dues au grattage.

Le diagnostic repose sur l’observation des symptômes et des lésions, un grattage de la peau, et éventuellement un test avec de l'encre de Chine.

La thérapeutique est basée sur des médicaments par voie orale et locale (pour les malades et leur entourage), et sur la désinfection du linge et du lieu de vie.

Définition et symptômes de la gale

La gale est une maladie dermique parasitaire due à un acarien, le sarcopte de la gale (Sarcoptes scabiei hominis). Le sarcopte, invisible à l'œil nu (moins d'un demi-millimètre), se nourrit de sang et ne survit que quelques jours loin de la peau.

La femelle fécondée creuse un sillon dans la couche la plus superficielle de l'épiderme, où elle dépose ses œufs, qui éclosent en 3 à 5 jours. Les larves deviennent adultes en 2 à 3 semaines. Une fois éclos, les sarcoptes vivent essentiellement sur la peau, ce qui explique que la gale soit aussi contagieuse par contact de personne à personne. Le nombre de parasites, de 5 à 10 dans la gale commune, peut atteindre plusieurs centaines, voire plusieurs millions dans les gales profuses et hyperkératosiques.

Les démangeaisons sont le symptôme le plus caractéristique de la gale et sont essentiellement dues à la réaction immunitaire contre les sarcoptes. Pour cette raison, les personnes infectées pour la première fois par la gale ne ressentent de symptômes que 2 à 3 semaines après la contamination (le temps que leur système immunitaire réagisse). Mais les personnes qui ont déjà eu la gale commencent à se gratter 3 ou 4 jours après une recontamination, car leur système immunitaire reconnaît rapidement le parasite.

Quasi constantes et plus intenses le soir et la nuit, ces démangeaisons sont ressenties sur diverses zones du corps, sont:

- espaces entre les doigts,
- peau fine des poignets,
- aisselles,
- coudes,
- ventre,
- région génitale…

La tête et le cou sont habituellement épargnés. Souvent, d'autres membres de la famille sont atteints des mêmes symptômes, car la gale est très contagieuse.

La gale provoque également des lésions de la peau, les plus fréquentes étant dues au grattage : lignes rouges, croûtes, voire plaies de type eczéma. Il existe également, mais plus rarement, des lésions directement provoquées par le parasite :

- des sillons sinueux, rappelant un fil rouge long de quelques millimètres (creusés par le sarcopte, ces sillons se trouvent le plus souvent entre les doigts, sur l'intérieur des poignets, sur les seins ou sur le pénis) ;
- de toutes petites vésicules de la taille d'une tête d'épingle situées à l'extrémité d'un sillon (les « vésicules perlées ») ;
des nodules violacés ou des ulcères de la peau (en particulier au niveau des aisselles, des fesses ou des organes génitaux). Ils peuvent persister pendant des mois, même après la guérison.

La gale est une maladie fréquente, très contagieuse, et qui touche des personnes de tout âge et de tout milieu socio-économique. Elle peut être responsable d'épidémies dans les collectivités.

Les différents types de gale

La gale est une maladie qui peut prendre des formes légèrement différentes selon les caractéristiques du patient (âge, sexe, présence d'autres maladies, par exemple).

Elle se caractérise par des lésions étendues atteignant l'ensemble du tronc, y compris le dos, habituellement épargné dans la gale commune, et le cuir chevelu. Très contagieuse, elle survient le plus souvent chez des personnes âgées ou immunodéprimées (VIH/Sida, chimiothérapie anticancéreuse, prévention des rejets de greffe, par exemple), ou à la suite d'un traitement prolongé par des dermocorticoïdes (traitement classique des eczémas).

Cette forme de la maladie (également appelée « gale norvégienne ») survient chez les personnes âgées, anormalement maigres ou immunodéprimées. Elle démange peu (voire pas du tout) et devient chronique. Après plusieurs mois, elle provoque l'apparition de squames et de croûtes qui collent à la peau, ainsi que de plaques rouges qui ressemblent à l'eczéma. Ces lésions siègent préférentiellement sur les paumes des mains et la plante des pieds, sur le cuir chevelu, sur le visage, sur le tronc et sur les fesses. Les ongles deviennent épais et jaunâtres.

Elle se caractérise par la présence de vésicules et de « boutons » sur les paumes des mains, la plante des pieds et le cuir chevelu. Des nodules sont présents sur les aisselles et les organes génitaux. Souvent, une surinfection de la peau par des bactéries est observée.

Les complications possibles

Parce que la gale provoque des démangeaisons intenses, il est fréquent qu'elle se complique d'une surinfection des lésions de grattage par des bactéries (on parle alors de « gale impétiginisée »). Cela provoque des boutons, des suintements, voire des gonflements (lymphangite). Plus rarement, une infection généralisée peut se déclarer.

De plus, il est fréquent que la gale se complique en lésions de type eczéma, soit sous l'action du grattage, soit du fait des traitements appliqués sur la peau. Ces lésions sont traitées avec les traitements classiques de l'eczéma.

Comment attrape-t-on la gale ?

La maladie se transmet essentiellement par contact physique direct (peau contre peau), le plus souvent lors de rapports sexuels - ce qui en fait une infection sexuellement transmissible (IST, anciennement MST).

Plus le contact est long, avec présence de chaleur et d'humidité, plus le risque de transmission est élevé. La contamination par des objets inertes (vêtements, draps, etc.) est possible mais limitée, car le parasite ne survit que quelques jours loin de la peau et il est tué par un lavage au-delà de 55 °C. Parce que le sarcopte creuse des sillons dans la peau, il résiste au savon ou aux bains.

La prévention de la gale est difficile, sauf à s'abstenir de tout contact physique avec d'autres personnes.

Les animaux sont touchés par des formes particulières de gale qui peuvent contaminer l'homme. Mais les parasites de la faune sont rapidement éliminés par le système immunitaire humain, et les gales animales ne provoquent pas de symptômes chez l'homme.

Un diagnostic cutané

Le diagnostic de la gale commune repose sur l'observation des symptômes et des lésions de la peau (les sillons ou les vésicules). Leur localisation sur le corps peut évoquer la maladie : espaces entre les doigts, peau fine des poignets, coudes, aisselles, fesses, organes génitaux, seins chez la femme. Le dos et le visage sont habituellement épargnés.

En cas de doute, un grattage de la peau au niveau des sillons peut permettre d'identifier le sarcopte au microscope. Cependant, un résultat négatif n'élimine pas le diagnostic, la recherche étant difficile en dehors des formes profuses et hyperkératosiques.

Parfois, le médecin peut aussi effectuer un test avec de l'encre de Chine. Celle-ci est appliquée sur les régions de la peau qui démangent et qui sont rouges. Puis l'encre est lavée à l'alcool. Si des sillons sont présents, ils retiennent l'encre et apparaissent noirs.

Tout le monde sous traitement !

Les soins reposent sur des traitements locaux (application de lotions sur la peau) ou oraux (par la bouche). Lorsqu'une personne est reconnue atteinte de gale, son entourage familial et toute personne ayant eu un contact étroit avec elle (partenaires sexuels), même sans symptômes cliniques, doivent recevoir un traitement.

Celui-ci repose le plus souvent sur l'application de lotions sur la peau. Dans certains cas (personnes sans domicile fixe, épidémie dans une institution…), un traitement par voie orale est plus facile à mettre en œuvre.

Parce qu'elles sont dues à la réaction immunitaire, les démangeaisons peuvent persister jusqu'à 4 semaines après un traitement correctement effectué. Leur persistance ne doit pas conduire à des traitements répétés, inutiles et potentiellement toxiques. Si ces démangeaisons sont trop gênantes, le médecin peut prescrire des médicaments antihistaminiques (contre les manifestations des allergies).

Lors de traitement par application de lotions acaricides sur la peau, toutes les régions du corps, à l'exception du visage et des muqueuses (yeux, bouche, vagin, gland), doivent être traitées. Le traitement du cuir chevelu est souvent recommandé. Le visage ne doit être traité que dans les formes profuses et hyperkératosiques et chez l'enfant, en protégeant les yeux et la bouche.

Attention, lors de gale du nourrisson, il convient de bander les mains des enfants pour éviter une ingestion accidentelle des lotions appliqués sur la peau (en se suçant les doigts).

Lorsqu'ils ont été utilisés ou portés pendant la semaine précédant le traitement, les vêtements (y compris les gants) et le linge de corps, les serviettes de toilette et la literie doivent être lavés en machine à 60 °C. Le linge ne supportant pas un lavage à cette température doit :

- être traité dans un sac avec un produit acaricide (en vente en pharmacie) ;
- être enfermé dans un sac en plastique pendant 3 jours (temps nécessaire au sarcopte pour mourir).

On peut également placer ces sacs au congélateur pour accélérer la mort des sarcoptes.

La désinfection des autres objets de l'environnement n'est pas nécessaire en cas de gale commune. En cas de gale profuse ou d'épidémie, elle se pratique selon les conseils du médecin.

Lors de gale dite « norvégienne », le traitement oral est associé à un traitement local :

- vaseline salicylée à 10 % pour ramollir les croûtes et permettre une meilleure pénétration des lotions acaricides ;
- applications répétées de ces produits ;
- traitement du visage et des ongles.

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