Les risques liés aux médicaments varient selon le stade de la grossesse. Pendant les dix à douze jours qui suivent la conception, les conséquences de la prise d’un médicament sont généralement faibles. À ce stade, l’embryon a très peu d’échanges avec la mère. Cependant, il faut parfois prendre en compte les médicaments absorbés avant même la conception.

En effet, la durée de vie de certains médicaments dans l’organisme est très longue et l’embryon peut être exposé même si la prise a eu lieu avant le début de la grossesse. On distingue quatre périodes durant lesquelles les risques varient.

La période embryonnaire

Elle se déroule du treizième au cinquante-sixième jour après la conception et correspond à la formation des organes. Les produits qui présentent une toxicité pendant cette période atteignent le plus souvent un organe en particulier, sensible à une famille de médicaments à un moment précis de son développement. Parmi les familles de médicaments qui peuvent provoquer des malformations s’ils sont pris pendant les deux premiers mois de grossesse, on trouve : les chimiothérapies anticancéreuses, certains médicaments contre l’épilepsie, des médicaments anticoagulants oraux (destinés à fluidifier le sang), des médicaments contre les troubles bipolaires (maniaco-dépression), des médicaments contre les maladies de peau, etc. En revanche, la prise par mégarde d’une contraception progestative ou estroprogestative (pilule) ne présente pas de risque.

La période fœtale

Elle couvre la longue période du troisième mois jusqu’à l’accouchement. C’est une phase de croissance et de maturation des organes déjà en place. Les conséquences d’un médicament sur le fœtus peuvent être multiples : une atteinte de la croissance des organes, une atteinte de leur maturation, une anomalie de leur fonctionnement, ou un risque d’apparition de maladie pendant l’enfance ou l’âge adulte. Ces troubles passent parfois inaperçus à la naissance et ne sont mis en évidence qu’après des mois, voire des années. Pendant la période fœtale, plusieurs classes médicamenteuses sont contre-indiquées car elles font courir un risque au fœtus ou au nouveau-né. On retiendra en particulier les salicylés (l’aspirine), tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), certains antiépileptiques, les antibiotiques de la famille des cyclines, et des médicaments contre l’hypertension artérielle (inhibiteurs de l’enzyme de conversion, antagonistes de l’angiotensine II).

La période néonatale

Elle couvre le moment de la naissance ainsi que les quelques semaines qui la précèdent et qui la suivent. Certains médicaments ne doivent pas être utilisés pendant cette période, car ils peuvent gêner le travail lors de l’accouchement ou bien persister dans l’organisme du nouveau-né et présenter des effets indésirables dans les premiers jours de la vie. En effet, les fonctions d’élimination du foie et des reins du nourrisson sont encore immatures et il lui est difficile d’éliminer les médicaments transmis par sa mère juste avant la naissance. L’élimination totale des substances médicamenteuses de son organisme peut prendre de plusieurs jours à plusieurs semaines. C’est le cas par exemple des médicaments contre les troubles psychiques (somnifères, tranquillisants, etc.).

La période d’allaitement

De nombreux médicaments sont susceptibles de passer du sang maternel dans le colostrum (le premier lait fabriqué pendant les deux à trois jours qui suivent l’accouchement) et dans le lait maternel. D’autres diminuent la sécrétion lactée (par exemple, les diurétiques) ce qui les contre-indique pendant l’allaitement. Lorsque le médicament passe dans le lait maternel, il est absorbé par le nourrisson et il peut provoquer des effets indésirables proches de ceux observés chez l’adulte. Les effets sur le nourrisson sont donc variés : certains médicaments peuvent déclencher des troubles digestifs banals de type constipation ou diarrhée. C’est le cas par exemple de certains antibiotiques. D’autres peuvent provoquer des troubles plus graves. C’est le cas des médicaments utilisés contre les troubles psychiques qui peuvent entraîner, chez le nouveau-né, somnolence, léthargie, insomnie ou agitation. Parfois, un nouveau-né peut être sensibilisé à un médicament par le biais du lait maternel et présenter une réaction allergique plus tard dans sa vie. Ces réactions sont rares et imprévisibles. Parmi les médicaments contre-indiqués lors de l’allaitement, on peut citer les antidiabétiques oraux, le lithium, les anticancéreux, le kétoconazole, etc.

D’autres médicaments sont déconseillés : par exemple, les médicaments contre les troubles psychiques, les antiallergiques antihistaminiques, la pseudoéphédrine présente dans de nombreuses spécialités contre le rhume, la codéine présente dans des médicaments antitussifs ou antalgiques, certains médicaments contre l’hypertension artérielle, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sauf l’ibuprofène et le diclofénac en prise courte et occasionnelle, les corticoïdes locaux appliqués sur le mamelon, etc.

D’une manière générale, n’appliquez ni crème, ni gel ni pommade sur le mamelon sans avis de votre médecin ou de votre pharmacien.

Lire la suite