Le mélanome est l'une des formes de cancer de la peau. Même s'il ne représente que 10 % des tumeurs de cet organe, il est à l'origine de la grande majorité des décès dûs à ce type de maladie. Pour cette raison, il est important de connaître les modalités de sa prévention et de son dépistage (protection contre le soleil, en particulier chez les personnes à peau claire, et surveillance des grains de beauté).

En bref

Le mélanome représente 10 % des cancers de la peau, mais est à l'origine de la grande majorité des décès dûs à cette maladie. Chaque année, environ 8 300 cas sont diagnostiqués, dont un peu plus de la moitié (53 %) chez les femmes.

Il est indispensable de se protéger des rayons UV, d’éviter le bronzage artificiel et de réaliser régulièrement des examens de contrôle chez le dermatologue.

Le dépistage repose sur un contrôle régulier chez un spécialiste, mais aussi sur un auto-examen de la peau. Dans ce cas, la méthode ABCDE est un moyen mnémotechnique simple pour se souvenir des éléments à rechercher au niveau des grains de beauté ou autres taches : Asymétrie, Bords irréguliers, Couleur non homogène, Diamètre, Evolution.

Dans 20 à 30 % des cas, les mélanomes naissent à partir d'un grain de beauté. Celui-ci change de taille ou de couleur, et ses bords deviennent irréguliers.

Les personnes à peau claire, avec de nombreux grains de beauté ou avec des cicatrices de brûlures étendues sont plus à risque.

Les différents types de cancers de la peau

Le terme « cancer de la peau » correspond à la présence de cellules anormales au sein de la peau, qui se multiplient de façon anarchique pour former une tumeur (carcinome). Selon le type de cancer, ces cellules peuvent rester confinées dans la peau (cancers dits « in situ » ou « localisés »), ou envahir les ganglions avoisinants, voire le reste du corps (mélanomes dits « invasifs »).

Les « non mélanomes » sont les cancers de la peau les plus fréquents (90 % des cas, avec au moins 65 000 cas chaque année en France). Ces cancers se soignent bien, pour peu qu'ils soient diagnostiqués rapidement. Il existe deux formes de cancers non mélanomes de la peau :

Le carcinome basocellulaire représente 70 % des cancers de la peau et se forme le plus souvent au niveau du visage, chez les personnes à peau claire ou chez celles âgées de plus de 50 ans. Il peut également apparaître sur la peau du cou, des bras ou du dos des mains. C’est le moins grave des cancers de la peau : son développement est lent, et il ne produit jamais de métastases. Le carcinome basocellulaire est lié à l'exposition aux rayons du soleil. Il se traduit par une lésion rosée de quelques millimètres, qui ne guérit pas.

Le carcinome épidermoïde cutané (ou « carcinome spinocellulaire ») représente 20 % des cancers de la peau. Il se développe à partir de lésions dites « précancéreuses » (également appelées « kératoses actiniques »), en particulier au niveau des cicatrices de brûlures et des plaies chroniques. Favorisé par l'exposition au soleil, le carcinome épidermoïde cutané peut se traduire par une plaie, un bouton ou une croûte qui ne guérit pas. Ces cancers de la peau deviennent invasifs seulement dans moins de 1 % des cas.

Ce sont des tumeurs cancéreuses qui se développent à partir des cellules responsables de la coloration de la peau et des yeux, les mélanocytes. Dans 90 % des cas, les mélanomes se forment au niveau de la peau, mais ils apparaissent parfois dans la bouche, le nez, les sinus et le rectum, ainsi que sur les organes génitaux. Ils peuvent survenir à tout âge.

Les mélanomes représentent 10 % des cancers de la peau, mais ils sont à l'origine de la grande majorité des décès dus à ce cancer. En effet, ils peuvent progresser rapidement et envahir les ganglions lymphatiques avoisinants, voire l'ensemble du corps, sous forme de métastases. On distingue quatre formes de mélanome :

Le mélanome superficiel extensif est le plus fréquent des mélanomes (70 à 80 % des cas). Il est le plus souvent lié à des coups de soleil subis pendant l'enfance, en particulier chez les personnes à peau claire. Il se traduit par une tache irrégulière brune ou noire sur le cou, la poitrine ou les jambes. Elle s'élargit progressivement pendant quelques années, puis change rapidement d'aspect lorsqu'elle commence à croître dans la profondeur de la peau.

Le mélanome de Dubreuil est responsable de 5 à 10 % des mélanomes. Il s’observe plutôt chez les personnes de plus de 50 ans, chez lesquelles il forme une tache brune sur le visage, le cou ou le dos des mains. Comme le mélanome superficiel extensif, il croît d'abord en surface avant d'envahir la profondeur de la peau. Il est lié à l'exposition excessive au soleil.

Le mélanome acro-lentigineux est plus fréquemment observé chez les personnes à peau très brune ou noire (60 % des cas de mélanomes chez ces personnes, contre 5 % chez les personnes à peau plus claire). Sous la forme d'une tache ou d'un nodule, il se développe plutôt sur les paumes des mains, sur la plante des pieds ou sous les ongles. Il est facilement confondu avec une verrue ou un durillon.

Le mélanome nodulaire est à l'origine de 4 à 18 % des mélanomes. Il se présente sous la forme d'une lésion surélevée par rapport au reste de la peau, de coloration normale ou foncée, sur la tête, le cuir chevelu, le cou ou le tronc (mais il peut apparaître à tout endroit de la peau, même protégé du soleil). De croissance rapide, il a tendance à se développer dans la profondeur de la peau, sans s'étendre en surface.

Mélanome : fréquence et facteurs de risque

En France, le mélanome est le 11e cancer en termes de fréquence de diagnostic chez les hommes, et le 9e chez les femmes. Chaque année, environ 8 300 mélanomes sont diagnostiqués, dont un peu plus de la moitié (53 %) chez les femmes, et environ 1 600 personnes décèdent de cette maladie. L'âge moyen au moment du diagnostic est de 59 ans.
La fréquence des mélanomes a augmenté au cours des dernières années, et semble désormais se stabiliser.

Certains facteurs de risque de développer un cancer de la peau, et en particulier un mélanome, ont été identifiés :

- avoir une peau claire, des yeux bleus ou verts, des cheveux blonds ou roux (personnes dites de « phototype I ou II » ;
- avoir un grand nombre de grains de beauté (les personnes qui en ont plus de 50 de plus de 2 mm de diamètre ont un risque quatre à cinq fois plus élevé de mélanome) ;
- avoir deux grains de beauté dits « atypiques », voire davantage (plus de 6 mm de diamètre, aspect marbré rouge et brun, forme irrégulière, centre surélevé et bords déchiquetés). Ces grains de beauté atypiques sont présents chez environ 10 % des personnes, plutôt sur le dos, le torse, les fesses, les seins ou le cuir chevelu ;
- avoir déjà souffert d'un cancer de la peau, même de type « non mélanome » ;
- avoir deux parents du premier degré (parents, frères et sœurs, enfants) qui ont eu un cancer de la peau ;
- être atteint de xeroderma pigmentosum, une maladie génétique qui augmente la sensibilité de la peau aux rayons UV ;
- vivre dans une région de forte exposition aux rayons UV du soleil (altitude, tropiques, proximité du pôle Sud) ;
- exercer un travail en extérieur dans une région fortement ensoleillée ;
- avoir des cicatrices de brûlure étendues ;
- recevoir un traitement médicamenteux qui diminue l'activité du système immunitaire (biothérapies contre les maladies auto-immunes, traitement contre le rejet d'une greffe, etc.) ;
souffrir d'une maladie qui affaiblit le système immunitaire, comme le VIH/sida, par exemple.

Les scientifiques se sont penchés sur les cas de **mélanomes dits « familiaux »**, où une forte prédisposition génétique pouvait être suspectée (5 à 10 % des mélanomes). Cette recherche a permis la découverte de divers gènes qui favorisent ce type de cancer, en particulier les gènes CDKN2A (également appelé « P6 ») et CDK4, à l'origine de 40 % des mélanomes familiaux.

Les causes de la maladie

Dans le rayonnement du soleil (et celui des lampes à bronzer), il existe deux types de rayons ultraviolets (UV) :

Les UVA représentent 95 % des UV de la lumière solaire et pénètrent jusqu'aux couches cutanées profondes (derme). Ils irritent la peau et favorisent la production de substances appelées « radicaux libres », qui diminuent la capacité de la peau à lutter contre les cellules cancéreuses. Les lampes à bronzer émettent de grandes quantités d'UVA, jusqu'à cinq fois plus que le soleil. Sachez aussi que les UVA sont capables de traverser le verre.

Les UVB représentent 5 % des UV de la lumière solaire et ne pénètrent que les couches superficielles de la peau. Néanmoins, ils provoquent des mutations des cellules de la peau, et sont à l'origine de la plupart des cancers. Certaines lampes à bronzer émettent également des UVB, mais ceux-ci sont arrêtés par le verre.

On estime que deux tiers des cancers de la peau sont dus à une exposition excessive aux rayons ultraviolets (UV) du soleil, davantage chez les personnes qui ont la peau claire. En effet, les UV sont à la fois capables de provoquer des mutations cancéreuses des cellules de la peau (UVB), et de perturber ses mécanismes de défense (UVA). Les médecins pensent ainsi que les mélanomes seraient particulièrement liés à des coups de soleil attrapés pendant l'enfance. Quant aux carcinomes, ils semblent plutôt causés par une exposition régulière et prolongée à la lumière du soleil, tout au long de la vie.

En effet, on considère aujourd’hui que la peau possède une capacité limitée à se protéger contre les UV (le « capital solaire », plus élevé chez les personnes dont la peau est naturellement foncée). Lorsque cette capacité maximale est atteinte, la peau ne peut plus se défendre, et des cancers peuvent se développer. Pour cette raison, l'exposition au soleil doit être pensée comme une accumulation de moments d'exposition, sur toute la durée de la vie. Ce serait le total de tous ces moments d'exposition qui influerait sur l'apparition de cancers de la peau.

Néanmoins, dans certains cas, les cancers de la peau apparaissent suite à une exposition prolongée à certaines substances chimiques (produits issus du pétrole, certains herbicides, arsenic, etc.).

Les symptômes des cancers de la peau

Les mélanomes provoquent peu de symptômes (en général, ni démangeaisons, ni saignements, ni douleur).
Dans 20 à 30 % des cas, ils naissent à partir d'un grain de beauté. Dans ce cas, le grain de beauté change de taille ou de couleur, et ses bords deviennent irréguliers. Parfois, il prend plusieurs couleurs (par exemple, brun, rouge ou bleu-noirâtre) et saigne. Dans 70 à 80 % des cas, les mélanomes apparaissent comme des taches d'apparition récente et de couleur noirâtre.

Ils peuvent apparaître sur l'ensemble de la peau, mais ils sont plus fréquents sur le dos (chez les hommes) et sur le bas des jambes (chez les femmes). Ils peuvent également survenir sur les muqueuses de la bouche, du nez ou des organes génitaux. Au niveau des ongles, ils se présentent généralement sous la forme d'une bande noire dans le sens de la longueur de l'ongle, qui s'élargit au fil des mois.

Quant au carcinome basocellulaire, il a plutôt l’aspect d’une lésion surélevée de couleur rosée (comme une petite bille de cire), le plus souvent sur le visage, les oreilles ou le cou. Parfois, il ressemble à une plaque rosée sur le dos ou la poitrine, ou à une petite plaie qui ne guérit pas. Le carcinome épidermoïde cutané ressemble au carcinome basocellulaire. Parfois, la lésion est rugueuse.

L’évolution du mélanome

Les mélanomes naissent de quelques cellules cancéreuses qui apparaissent à la surface des grains de beauté ou ailleurs, sous l'influence des rayons ultraviolets. Ensuite, ces cellules se multiplient, le plus souvent en surface, ce qui provoque un élargissement de la lésion. Après quelques années, les cellules cancéreuses évoluent et se mettent à envahir rapidement les couches profondes de la peau : le mélanome devient invasif.

En l'absence de traitement, les cellules cancéreuses vont alors progressivement envahir les couches profondes de la peau. Ensuite, elles migrent, via la circulation de la lymphe, dans les ganglions lymphatiques qui drainent la région du corps où se trouve le mélanome (ganglions du cou, des clavicules, des aisselles, des genoux, etc.). Sans traitement, ces cellules vont ensuite passer dans la circulation sanguine pour s'installer et se multiplier dans le foie, les poumons, les os, le cerveau, etc. Ces tumeurs secondaires sont appelées « métastases ».

En fonction des résultats des examens complémentaires, le médecin peut déterminer le stade d'évolution du mélanome (ce qui conditionne son pronostic et son traitement). Pour cela, il utilise une classification dite « pTNM » qui prend en compte les aspects de la tumeur, la présence éventuelle de cellules cancéreuses dans les ganglions, et l'existence éventuelle de métastases. En fonction du résultat de cette classification, le mélanome est dit :

• de stade I (mélanome localisé à la peau, de faible épaisseur, sans ulcération de la peau ni atteinte des ganglions lymphatiques) ;
• de stade II (mélanome localisé à la peau, un peu épais ou avec ulcération de la peau, sans atteinte des ganglions) ;
• de stade III (mélanome envahissant au-delà de la peau, avec atteintes de ganglions et, éventuellement, métastases) ;
• de stade IV (mélanome métastatique).

Aujourd'hui, en France, le taux de survie cinq ans après un diagnostic de mélanome est de 87 % (83 % chez les hommes, 89 % chez les femmes).

Les étapes du diagnostic

Le diagnostic des cancers de la peau repose sur l'examen clinique de la peau et sur l'analyse microscopique de la lésion suspecte.

Lors de l'examen de la peau du patient, le dermatologue peut utiliser un appareil particulier, le dermoscope (sorte de microscope qui permet de voir à travers la couche la plus superficielle de la peau). Parfois, il utilise également une lampe qui émet des rayons ultraviolets (lampe de Wood), pour rechercher des pigmentations anormales de la peau. Il peut aussi prendre des clichés des lésions à surveiller, pour pouvoir comparer leur aspect lors de la visite suivante.

Si une lésion lui paraît suspecte, le dermatologue va la prélever sous anesthésie locale (exérèse diagnostique) et l'envoyer au laboratoire pour analyse microscopique. Il prélève la lésion entière avec quelques millimètres de peau saine tout autour, et ferme la plaie avec un ou deux points de suture.

Si le diagnostic de cancer de la peau est confirmé, le médecin peut décider de faire pratiquer des examens complémentaires à la recherche d'éventuelles métastases (échographie des ganglions avoisinants, scanner ou « tomodensitométrie », IRM, etc.).

Les soins proposés

Ils ont pour objectif la guérison du patient, à défaut l'amélioration de sa qualité de vie et de sa survie, ainsi que la prévention des complications ou des effets indésirables des traitements.

Le traitement des mélanomes repose sur des mesures chirurgicales (pour enlever la tumeur et éventuellement les ganglions atteints) et sur l'administration de médicaments de chimiothérapie ou d'immunothérapie (interféron alpha). La radiothérapie (rayons ionisants) n'est utilisée que pour traiter les métastases éventuelles.

Comme pour les autres cancers, le traitement du mélanome repose sur un ensemble de protocoles codifiés, qui sont adaptés aux particularités du patient. Lorsque des traitements autres que chirurgicaux ou immunothérapeutiques sont nécessaires, ils sont administrés dans des centres de lutte contre le cancer accrédités par l'Institut national du cancer (INCa).

Les mélanomes de stades I et II sont traités par chirurgie (voir ci-dessous) et, si leur épaisseur est supérieure à 1,5 mm, par immunothérapie (interféron alpha injectable).

Les mélanomes de stade III sont traités par chirurgie et par immunothérapie. Une chimiothérapie est mise en place si la chirurgie n'est pas possible.

Les mélanomes de stade IV sont traités par chirurgie, radiothérapie contre les métastases osseuses, et chimiothérapie contre les métastases du foie, du poumon ou du cerveau.

Le traitement des carcinomes basocellulaires, des carcinomes épidermoïdes cutanés et des kératoses actiniques (lésions précancéreuses) n'est pas très différent de celui des mélanomes. Il repose également sur la chirurgie. Lorsque celle-ci n'est pas possible, le médecin peut également prescrire :

- une destruction de la lésion par l'azote liquide (cryothérapie), le bistouri électrique (électrocoagulation) ou un laser, comme pour les verrues ;
- une radiothérapie localisée ;
- l'application d'une crème immunostimulante pendant six semaines (imiquimod, ALDARA) ;
- une photothérapie dynamique (la lésion est exposée à une lumière particulière, après avoir été sensibilisée à l'aide d'un médicament).

La chirurgie dans le traitement du mélanome

La chirurgie est employée pour enlever la tumeur (exérèse élargie) ainsi que, dans certains cas, les ganglions qui drainent la région atteinte (curage ganglionnaire).

Lorsque l'analyse microscopique de la lésion a confirmé sa nature cancéreuse, le dermatologue va de nouveau pratiquer une petite intervention au niveau de la peau qui entourait la tumeur. Sous anesthésie locale, il enlève davantage de peau saine (la quantité enlevée est fonction de la taille et de la nature de la tumeur). Ainsi, il est certain de retirer d'éventuelles cellules cancéreuses à proximité de l'endroit où se trouvait la tumeur.

Parfois, il arrive que la plaie ainsi formée soit trop étendue pour être refermée par des points de suture. Dans ce cas, plusieurs possibilités existent :

- la pose d'un pansement spécial destiné à favoriser la cicatrisation de la plaie en quelques semaines (cicatrisation dirigée). Cette méthode est particulièrement adaptée aux plaies du nez, du front et de la face intérieure des cuisses ;
- le déplacement d'un lambeau de peau voisin qui vient recouvrir la plaie ;
la greffe d'un fragment de la peau du patient (autogreffe) pris ailleurs sur le corps.

Lorsque le mélanome touche un ongle, il est parfois nécessaire d'enlever une ou deux phalanges.

Selon le stade du mélanome, le médecin peut estimer nécessaire de prélever un (ou quelques) ganglions, parmi les plus proches de la tumeur, afin de rechercher des métastases (prélèvement du ganglion sentinelle). Si ce ganglion contient des cellules cancéreuses, le chirurgien enlèvera une grande partie des ganglions qui drainent la région (curage ganglionnaire). Ce geste est destiné à éviter que des métastases ne partent des ganglions, vers le reste du corps.

Les traitements médicamenteux prescrits

Les traitements médicamenteux du mélanome sont de deux types :

- la chimiothérapie anticancéreuse bloque la prolifération des cellules anormales ;
l'immunothérapie stimule les défenses immunitaires du patient.

En général, elle consiste soit en séances de perfusion intraveineuse quotidiennes (cures) pendant un à quatre jours, espacées de trois à quatre semaines, soit en une cure hebdomadaire pendant trois semaines (puis toutes les trois semaines). Le choix des médicaments utilisés est fonction des caractéristiques de la tumeur.

Pour faciliter l'administration des cures intraveineuses, il peut être nécessaire de poser une chambre implantable (ou « Port-a-cath »). Un boitier-réservoir est alors placé sous la peau au niveau de la clavicule, connecté à un tube souple (cathéter), qui délivre la chimiothérapie directement dans un gros vaisseau sanguin. Posée sous anesthésie locale, la chambre implantable évite les dommages qu'une perfusion intraveineuse « normale » provoquerait au niveau des veines du bras. Il suffit de piquer dans le boitier à travers la peau pour administrer la cure. À la fin du traitement, la chambre implantable est retirée sous anesthésie locale.

Parfois, la chimiothérapie se fait aussi « sur membre isolé », lorsque la tumeur était sur un bras ou une jambe. La circulation sanguine du membre en question est alors détournée (le membre est ainsi « isolé » du reste de la circulation sanguine). Cela permet d'y perfuser des doses plus élevées de chimiothérapie, sans que celles-ci n'affectent le reste du corps.

La chimiothérapie nécessaire pour traiter le mélanome peut provoquer certains effets indésirables. Ces effets ne sont heureusement pas tous ressentis par les patients. Les médecins spécialisés savent aider leurs patients à les prévenir à l'aide de traitements spécifiques, et à mieux les supporter lorsqu'ils surviennent. Il peut s’agir :

- de nausées et vomissements ;
- d’une fatigue et d’une anémie ;
- d’une baisse des défenses immunitaires ;
de saignements.

Le traitement des mélanomes fait parfois appel à l'interféron alpha, une substance sécrétée naturellement par les cellules de l'immunité. Elle participe à l'élimination des cellules cancéreuses par les défenses immunitaires. Dans le cadre du traitement du mélanome et après l'exérèse élargie, l'interféron alpha est administré en injections sous la peau, une fois par semaine pendant un an (voire un an et demi).

Ses éventuels effets indésirables sont la fatigue, la perte d'appétit et de poids, la dépression, les nausées et les diarrhées, les problèmes de thyroïde et, parfois, des saignements.

Après le traitement

Les personnes qui ont subi un traitement contre le mélanome font l'objet d'un suivi médical rapproché pendant plusieurs années, afin de dépister rapidement d'éventuelles récidives.

Chez les patients qui ont souffert d'un mélanome de stade I, les consultations de suivi ont lieu tous les six mois pendant cinq ans, puis tous les ans. Ceux qui ont présenté un mélanome d’un autre stade sont suivis tous les trois mois pendant cinq ans, puis tous les ans.

Le suivi consiste en un examen de la peau avec, pour les stades II, III et IV, des échographies des ganglions proches de la tumeur tous les trois à six mois, pendant cinq ans. Les patients qui ont eu un mélanome de stade III ou IV subissent également des examens de type scanner ou IRM, pendant cinq ans.

Prévenir les cancers de la peau

La prévention des cancers de la peau repose sur trois mesures :

- se protéger contre les rayons ultraviolets du soleil (et protéger ses enfants) ;
- s'abstenir de fréquenter les salons de bronzage artificiel ;
faire effectuer un examen régulier de la peau par un dermatologue, en particulier lorsqu'on est davantage à risque de développer un cancer de la peau.

Soyez aussi vigilant concernant le bronzage, qui ne protège pas la peau : on considère qu’il correspond à une protection de niveau FPS2 (facteur de protection solaire 2). Les personnes bronzées doivent donc continuer à appliquer une protection solaire, et à respecter les règles générales de prévention.

Les mesures de dépistage applicables

Le dépistage des cancers de la peau consiste à faire examiner sa peau régulièrement par un dermatologue, en particulier lorsqu'on présente un risque plus élevé de développer ce type de cancer. De plus, les personnes à risque peuvent apprendre à surveiller elles-mêmes leur peau (auto-examen).

Le grain de beauté, également appelé « nœvus », est une forme de tumeur non cancéreuse de la peau qui se développe habituellement entre 5 et 15 ans. Un grain de beauté normal peut être brun ou rosé, plat ou surélevé, le plus souvent d'un diamètre inférieur à 6 mm. Habituellement, les grains de beauté sont ronds ou ovales, avec des bords nets et réguliers.

Sous certaines conditions, un grain de beauté peut donner naissance à un mélanome. Pour cette raison, les personnes qui ont beaucoup de grains de beauté ont un risque plus élevé de développer ce type de cancer, et doivent être régulièrement examinées pour dépister un éventuel cancer débutant.

Les personnes à risque de mélanome doivent aussi faire le point régulièrement sur l'aspect de leurs grains de beauté, ou repérer de nouvelles taches. En règle générale, chez une personne, tous les grains de beauté se ressemblent. Il est particulièrement important de rechercher ceux qui sortent du lot, que les dermatologues appellent « les vilains petits canards ».

Pour cela, il est nécessaire d'inspecter la peau à l'œil nu, mais également en s'aidant d'un miroir en pied (pour voir le dos, les épaules, le cou, etc.), en n'oubliant pas de lever les bras. De plus, un miroir à main peut être indispensable pour inspecter les zones inaccessibles à la vue. Il est parfois intéressant de faire des photos des grains de beauté les plus gros, pour détecter un éventuel changement de forme, de couleur, de taille ou d'épaisseur.

La méthode ABCDE est un moyen mnémotechnique simple pour se souvenir des éléments à rechercher au niveau des grains de beauté ou autres taches :

Asymétrie Les grains de beauté ou les taches qui ne sont ni ronds, ni ovales, ou qui ne sont pas homogènes en termes de couleur ou de relief, doivent être particulièrement surveillés.

Bords irréguliers Des bords déchiquetés sont le signe d'un grain de beauté à surveiller.

Couleur non homogène Attention aux grains de beauté et aux taches qui mélangent plusieurs couleurs (brun, rouge, blanc, bleu ou bleu-noirâtre).

Diamètre Les grains de beauté de plus de 6 mm de diamètre doivent faire l'objet d'une surveillance attentive.

Évolution Tout changement rapide de la taille, de la forme, de la couleur ou de l'épaisseur d'un grain de beauté ou d'une tache, justifie une consultation chez un dermatologue.

Si vous avez de nombreux grains de beauté, repérez ceux qui répondent à un ou plusieurs critères de la méthode ABCDE, et faites-les examiner régulièrement par un dermatologue.

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