Une méningite est une inflammation des méninges, les membranes qui protègent le cerveau et la moelle épinière. En général, les méningites sont des infections causées par un virus (le plus fréquemment) ou par une bactérie. Il existe également des méningites non infectieuses.

Qu'est-ce qu'une méningite ?

Une méningite est une inflammation des méninges, les membranes qui protègent le cerveau et la moelle épinière. Le plus souvent, cette inflammation est la manifestation d'une infection par un virus ou par une bactérie. Plus rarement (dans moins de 5 % des cas), les méningites peuvent également être provoquées par un champignon ou un parasite microscopique.
Il existe des méningites non infectieuses liées par exemple à une maladie auto-immune (comme, par exemple, le lupus érythémateux) ou à un cancer métastasé (notamment du poumon ou du sein).

Les méningites peuvent survenir à tout âge, mais elles touchent plus particulièrement les enfants et les adolescents. La méningite est une maladie rare mais grave. Devant toute suspicion de méningite, il est donc impératif de consulter rapidement un médecin.

Le nombre de méningites bactériennes survenues en France en 2009 est estimé à environ 1 650 (20 à 25 % des 7 000 à 8 500 cas annuels de méningites, toutes causes confondues). Seuls les méningocoques sont à l'origine d'épidémies de méningite (méningocoques de sérogroupes A, B, C, W135 ou X). La répartition géographique et l'intensité de ces épidémies varient selon le sérogroupe responsable.

En France, dans le cas des épidémies de méningite à méningocoque, on retrouve majoritairement le sérogroupe B, puis le sérogroupe C et, plus rarement, les sérogroupes W135 et Y. Les départements de la Seine-Maritime et plus récemment de la Somme, du Nord et du Pas-de-Calais sont régulièrement concernés.

Le risque de contracter une méningite est plus élevé chez :

- les nourrissons de moins de deux ans,
- les adolescents et les jeunes adultes jusqu'à l'âge de 24 ans,
- les personnes âgées,
- les écoliers, collégiens et lycéens vivant en pensionnat,
- les personnels militaires et leurs familles vivant en caserne,
- les jeunes enfants fréquentant une crèche à plein temps,
- les personnes dont le système immunitaire est affaibli (personnes prenant un médicament immunosuppresseur, personnes infectées par le VIH/sida, diabétiques, etc.)

Quelles sont les causes des méningites infectieuses ?

Les méningites infectieuses peuvent être dues à des virus, des bactéries ou d'autres micro-organismes.

Les méningites virales, qui sont les plus fréquentes (70 à 80 % des cas), sont généralement bénignes. La guérison survient en cinq à dix jours, mais des maux de tête peuvent persister plusieurs semaines. Les méningites virales ont des origines variées : virus de la famille des Entérovirus, virus de la varicelle, de la mononucléose infectieuse, de la rougeole, des oreillons, de la grippe ou de l'herpès (qui provoque les méningites virales les plus graves), etc.

Les méningites bactériennes mettent la vie du patient en danger. Elles nécessitent une prise en charge médicale urgente.

Plusieurs types de bactéries peuvent être à l'origine de méningites :

Le pneumocoque (Streptococcus pneumoniae) est le plus fréquent (environ la moitié cas de méningite bactérienne en France). Cette bactérie se développe dans le nez et la gorge (rhinopharynx) où elle peut rester plusieurs mois sans provoquer de symptômes (c'est ce qu'on appelle le "portage sain"). Parfois, sans que l'on en sache les mécanismes, ce pneumocoque provoque des otites, une pneumonie, une méningite voire une septicémie (infection généralisée).

Le méningocoque (Neisseria meningitidis) est responsable d'environ un quart des cas de méningite bactérienne en France. Comme le pneumocoque, cette bactérie se développe dans le nez et la gorge où elle peut rester longtemps sans provoquer de symptômes. Toutefois, chez certaines personnes, le méningocoque est à l'origine d'une méningite ou d'une septicémie.

Les streptocoques du groupe B (en particulier Streptococcus agalactiae) sont la cause d'environ 10 % des cas de méningite en France. Mais, chez les nouveau-nés de moins de deux mois, cette bactérie est responsable de près de 80 % des méningites. Les femmes hébergent fréquemment cette bactérie sur les parois du vagin (sans aucun symptôme) et il arrive que les nouveau-nés soient contaminés lors de l'accouchement. Pour cette raison, il est recommandé aux femmes enceintes de réaliser un frottis vaginal en fin de grossesse, afin de dépister la présence de cette bactérie et de mettre en oeuvre, si nécessaire, un traitement antibiotique adapté pendant l'accouchement.

D'autres bactéries peuvent également être à l'origine de méningites : la listeria (Listeria monocytogenes), Hæmophilus influenzae B ou encore Mycobacterium tuberculosis (la bactérie responsable de la tuberculose).

Au sein d'une même espèce, certaines bactéries et certains virus présentent de petites variations de structure. Ces sous-espèces sont appelées "sérogroupes". Par exemple, il existe 91 sérogroupes de pneumocoques et douze sérogroupes de méningocoques. Un vaccin peut n'être efficace que sur certains de ces sérogroupes, ce qui complique la prévention des méningites.

Les méningites dites "fongiques" sont causées par des champignons microscopiques (Cryptococcus neoformans, Candida albicans, par exemple) : elles sont rares mais sévères, car elles surviennent chez des personnes ayant un système immunitaire affaibli. Enfin, les méningites peuvent être dues à un parasite microscopique (par exemple, ceux à l'origine de la toxoplasmose ou du paludisme) ou à un ver (ascaris, oxyures, etc.).

Quels sont les symptômes des méningites ?

Les symptômes des méningites sont regroupés sous le terme de "syndrome méningé" qui associe le plus souvent :

- une forte fièvre,
- une sensibilité exacerbée à la lumière,
- une raideur de la nuque,
- de violents maux de tête,
- des nausées et des vomissements.

Ces symptômes peuvent ne pas tous être présents en même temps. Toute personne présentant ces symptômes doit être hospitalisée en urgence.

Chez les nourrissons, outre la fièvre, les symptômes des méningites sont le plus souvent des pleurs incessants, de l'irritabilité et une somnolence alternant avec une forte agitation. La fontanelle peut également être bombée. Si le comportement de votre bébé vous semble inhabituel et vous inquiète, n'hésitez pas à consulter un médecin en urgence.

Le purpura fulminans est une urgence médicale. Cette complication révèle la dissémination de la bactérie responsable de la méningite dans l'ensemble de l'organisme. Le purpura fulminans se rencontre le plus souvent lors d'une infection par un méningocoque. Il se présente sous la forme de tâches rouge violacé sur la peau qui ne disparaissent pas à la pression (par exemple avec un verre transparent) et qui ont tendance à s'étendre.

Lorsqu'un enfant présente une forte fièvre, il est indispensable de le déshabiller complètement pour rechercher d'éventuels signes de purpura fulminans. Dans ce cas, il est indispensable d'appeler un service médical d'urgence.

Dans le cas des méningites dues à des virus, notamment lorsque la personne ne perd pas conscience, la maladie évolue favorablement en une dizaine de jours. Néanmoins, les médecins surveillent l'apparition de signes de gravité qui pourraient signaler une méningite liée au virus de l'herpès.

Lorsqu'il s'agit d'une méningite bactérienne, un traitement antibiotique doit être mis en place le plus rapidement possible afin de réduire le risque de complications : confusion mentale, crise d'épilepsie, coma, et parfois dissémination de l'infection dans tout l'organisme (choc septique) avec un purpura fulminans qui est la complication la plus sérieuse. En outre, des séquelles au niveau de la vue (pouvant aller jusqu'à la perte de la vision) sont possibles, ainsi qu'au niveau de l'audition, de l'élocution et de l'apprentissage. Une paralysie, voire une gangrène des mains ou des pieds aboutissant éventuellement à une amputation, peuvent également être observées.

Les méningites bactériennes sont fatales dans 10 % des cas malgré une antibiothérapie adaptée et le taux de personnes présentant des séquelles après une méningite bactérienne est d'environ 30 %.

Comment diagnostique-t-on une méningite ?

Lorsqu'une personne présente des symptômes évoquant une méningite (fièvre, raideur de la nuque, maux de tête, sensibilité exacerbée à la lumière, nausées), une hospitalisation en urgence est indispensable.

Le médecin recherche alors systématiquement un purpura fulminans (taches rouge violacé sur la peau). En cas de suspicion de méningite due à une bactérie, il prescrit au plus vite un traitement antibiotique sans attendre les résultats des examens complémentaires (ponction lombaire).

La ponction lombaire est un geste médical qui consiste à recueillir du liquide céphalo-rachidien à l'aide d'une aiguille fine introduite après anesthésie locale entre deux vertèbres lombaires. Cet examen est généralement peu ou pas douloureux. Son objectif est de rechercher la présence d'un nombre anormalement élevé de cellules immunitaires (globules blancs) dans le liquide céphalo-rachidien (ce qui est le signe d'une infection).

Le liquide céphalo-rachidien est ensuite envoyé au laboratoire pour une identification du micro-organisme responsable de la méningite afin de déterminer un éventuel nouveau traitement antibiotique plus adapté au germe responsable.

Quels sont les traitements des méningites ?

Dans le cas des méningites virales bénignes, le traitement consiste à soulager les symptômes : repos et administration de médicaments contre la fièvre et contre la douleur. Les méningites dues au virus de l'herpès nécessitent un traitement spécifique à base d'aciclovir ou de valaciclovir.

Si une origine bactérienne est suspectée, un traitement antibiotique est prescrit pour une durée de dix à 21 jours selon la bactérie et l'évolution du patient. Afin de limiter l'inflammation des méninges, le traitement comprend parfois de la dexaméthasone, un anti-inflammatoire de la famille de la cortisone.

Les méningites induisent une immunité : il n'est donc pas utile pour une personne qui a eu une méningite à méningocoque de se faire vacciner contre le sérogroupe qui a occasionné l'infection.

Peut-on prévenir les méningites ?

La prévention des méningites repose sur la vaccination (pour certaines formes de méningite) et sur le traitement préventif des personnes ayant été en contact avec des personnes malades.

Pour certaines bactéries responsables de méningites, il existe des vaccins permettant de se protéger :

- Hæmophilus influenzae de type B : ce vaccin est recommandé pour tous les nourrissons, il est administré en quatre doses entre 2 et 18 mois.

- Pneumocoques (pour 13 sérogroupes, contre 7 jusqu'en 2010) : ce vaccin est recommandé pour tous les nourrissons et il est administré en trois doses à partir de l'âge de deux mois.

Méningocoques pour les sérogroupes A, B, C, W135, Y :

- vaccin contre le sérogroupe C : ce vaccin est désormais recommandé pour tous les nourrissons. Il est administré en une dose entre 12 et 24 mois. La vaccination est recommandée jusqu'à l'âge de 24 ans révolus pour les personnes n'ayant pas été vaccinées dès le plus jeune âge.
- vaccin contre les sérogroupes A et C : à partir de l'âge de 24 mois, plus tôt s'il existe un risque de contamination. Une personne vaccinée est considérée comme protégée dix jours après la vaccination et pour trois ans. Cette durée de protection est plus courte pour les enfants vaccinés avant 24 mois.
- vaccin contre les sérogroupes A, C, Y, W135 : à partir de l'âge de 24 mois, plus tôt s'il existe un risque de contamination. Une personne vaccinée est considérée comme protégée dix jours après la vaccination et pour trois ans. Cette durée de protection est plus courte pour les enfants vaccinés avant 24 mois.
- vaccin contre le sérogroupe B : ce vaccin est commercialisé depuis décembre 2013 mais n'est pas remboursé par la Sécurité Sociale.

Il est également important de se souvenir que les vaccins contre les oreillons, la rougeole ou la tuberculose (BCG) préviennent les méningites liées à ces maladies.

Parce que les virus et les bactéries qui provoquent une méningite peuvent être présents dans la gorge ou les oreilles, il est important de rester vigilant en cas d'infection ORL (rhume, rhino-pharyngite, otite, angine, etc.). Un rhume ne dure habituellement pas plus d'une semaine. S'il persiste ou s'il aggrave, consultez un médecin. Une angine ou une otite peut également être d'origine bactérienne. Consultez rapidement un médecin afin qu'il puisse prescrire un antibiotique si c'est le cas.

Lorsqu'une personne développe une méningite à méningocoque, la période d'incubation peut varier entre deux et dix jours. Pour cette raison, les personnes ayant été en contact avec un malade dans les dix jours précédant le diagnostic de méningite à méningocoque doivent recevoir un traitement antibiotique dans les plus brefs délais. Ce traitement préventif dure deux jours. Toutes les personnes fréquentant la même collectivité (crèche, école, caserne, entreprise, etc.) sont concernées, même s'il n'y a pas eu de contact direct entre les deux individus. De plus, les personnes en contact régulier et répété avec le malade sont vaccinées (hors méningocoque de sérogroupe B).

L'Afrique est très touchée par les méningocoques de sérogroupe A qui sont à l'origine de grandes épidémies tous les sept à quatorze ans (les dernières en 1996 et en 2009), épidémies qui touchent en particulier les enfants et les adolescents. Une vaccination (incluant le sérogroupe W135) est recommandée en cas de séjour prolongé ou de contact étroit avec la population locale, en période sèche et en zone d'épidémie, dans tous les pays d'Afrique situés au nord du Cameroun.

Pour le pèlerinage à la Mecque, la présentation d'un carnet de vaccination à jour est exigée par les autorités saoudiennes. Il est obligatoire d'être vacciné contre les méningocoques de sérogroupe A, C, Y et W135. La vaccination doit être réalisée au plus tard dix jours avant le départ. Le vaccin contre le pneumocoque est également recommandé.

De plus, pour les voyageurs se rendant sous les Tropiques, la dengue et le chikungunya peuvent provoquer des méningites. Ces maladies sont transmises par les moustiques : mieux vaut s'équiper de produits répulsifs et de moustiquaires.

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