L'ostéoporose est une maladie osseuse qui touche une femme sur trois après la ménopause. Elle se caractérise par une diminution accélérée de la masse osseuse, avec pour conséquence une fragilité accrue des os du squelette qui peuvent se briser très facilement. Si les femmes sont les victimes de prédilection de l'ostéoporose, les hommes ne sont cependant pas épargnés puisqu'une victime sur quatre de fracture due à l'ostéoporose est un homme.

Pourquoi l'ostéoporose est-elle dangereuse ?

Quand la masse osseuse diminue en deçà d'un certain seuil, l'os devient frêle et cassant. Dès lors, une chute banale ou, plus rarement, un mouvement brutal peuvent entraîner une fracture. Les fractures les plus fréquentes sont celles du poignet, des vertèbres ou du col du fémur. Il peut s'agir d'une chute de la hauteur de la personne, d'un simple choc ou, rarement, d'une fracture spontanée (un os qui se casse tout seul). La fracture du poignet est fréquemment révélatrice d'ostéoporose chez les femmes de plus de 50 ans. Les fractures des vertèbres, appelées aussi tassement vertébral, sont très douloureuses ; si elles se répètent, elles entraînent une diminution de la taille et, à la longue, l'apparition d'une bosse. Après 80 ans, ce sont surtout des fractures du col du fémur que l'on observe.

Les causes de l'ostéoporose

Nos os sont le siège d'un constant processus de renouvellement. Ils sont continuellement, mais très lentement, détruits et reconstruits pour que leur structure soit parfaitement adaptée aux conditions de vie. Au cours de la vie, le squelette est ainsi rebâti quatre à cinq fois. La solidité des os est liée à l'importance de la masse osseuse, qui augmente au cours de l'enfance, et spécialement à l'adolescence. Vers l'âge de 20 ans, nous avons constitué notre capital osseux. À partir de 35 ans, ce capital osseux diminue lentement, pour les hommes comme pour les femmes. Chez celles-ci, la perte osseuse s'accélère à la ménopause, à causede la diminution des hormones sexuelles (estrogènes). Les premières années de la ménopause, la perte osseuse est importante chez 30 % de femmes. Vers l'âge de 65 à 70 ans, la perte est quasiment identique pour les deux sexes.

Les personnes obèses sont moins susceptibles de souffrir d'ostéoporose. La graisse accumulée produit des substances proches des estrogènes et les contraintes imposées sur les os par le surpoids favorisent le maintien de la masse osseuse.

Suis-je à risque pour l'ostéoporose ?

Répondez aux questions qui suivent. Si vous répondez oui à au moins une question, parlez-en avec votre médecin.

- Votre père ou votre mère se sont-ils fracturé le col du fémur à la suite d'un choc ou d'une chute sans gravité ?
- Vous êtes-vous fracturé un os à la suite d'un choc ou d'une chute sans gravité ?
- Avez-vous subi un traitement à base de corticoïdes (cortisone) pendant plus de six mois ?
- Votre taille a-t-elle diminué de plus de trois centimètres depuis l'âge adulte ?
- Buvez-vous de l'alcool régulièrement et en quantité excessive ?
- Fumez-vous plus de 20 cigarettes par jour ?
- Votre activité physique est-elle très réduite, voire inexistante ?
- Prenez-vous des repas sans produit laitier ?

Questions supplémentaires pour les femmes :

- Votre ménopause a-t-elle commencé avant l'âge de 45 ans ?
- Vos règles se sont-elles interrompues pendant 12 mois ou plus, pour une autre raison qu'une grossesse ?

Comment dépiste-t-on l'ostéoporose ?

Certains facteurs de risque peuvent amener le médecin à proposer un dépistage de l'ostéoporose : la ménopause, l'âge (plus de 55 ans), les antécédents familiaux, la prise prolongée de médicaments à base de cortisone, le mode de vie (absence d'activité physique, tabagisme, alcoolisme) ou la maigreur, par exemple. Le dépistage se fait généralement à l'initiative du médecin, mais les femmes ménopausées peuvent demander à leur médecin d'évaluer leur risque personnel vis-à-vis de l'ostéoporose.

Pour établir un diagnostic d'ostéoporose, on peut pratiquer un examen, appelé ostéodensitométrie, qui permet d'évaluer la densité des os. Cet examen est sans douleur. Le patient s'allonge sur un appareil qui ressemble à une table de radiologie et doit rester immobile quelques minutes. L'irradiation est vingt fois moins importante que pour une radiographie des poumons. Différents os peuvent être étudiés : la colonne vertébrale, le col du fémur ou le squelette entier.

L'ostéodensitométrie mesure la densité osseuse et leur contenu en minéraux. Elle permet ainsi de déterminer le degré de déminéralisation du squelette et l'importance du risque de fracture. Des critères précis ont été fixés par l'Organisation mondiale de la santé : il y a ostéopénie lorsque la perte osseuse est comprise entre 10 et 25 %, et ostéoporose lorsque la perte osseuse est égale ou supérieure à 25 %. Cependant, cette technique souffre d'une grande variabilité et ses modalités d'utilisation n'ont pas encore été validées. L'examen ostéodensitométrique est partiellement pris en charge par l'Assurance maladie (taux de remboursement : 70 % sur la base d'un tarif fixé à 40 € environ). La plupart des assurances complémentaires de santé (mutuelles) remboursent le coût qui n'est pas pris en charge par l'Assurance maladie.

Prévenir l'ostéoporose

Le renouvellement du tissu osseux se produit tout au long de la vie. La maladie n'est donc pas irrémédiable et peut être prévenue en prenant soin de suivre une hygiène de vie correcte.

Le calcium est absolument nécessaire à la bonne santé du squelette. Les apports en calcium doivent être suffisants tout au long de la vie, mais plus particulièrement dans les vingt premières années, où la constitution d'un capital osseux optimal est déterminante pour l'avenir et la prévention de l'ostéoporose. Au besoin, le médecin peut prescrire des compléments de calcium pendant cette période.

L'apport quotidien en calcium est trop souvent inférieur à ce qu'il devrait être, c'est-à-dire environ 1 000 à 1 200 mg par jour. Au niveau européen, la France se situe dans le bas du tableau avec 700 à 800 mg par jour en moyenne. L'apport conseillé en calcium pour les personnes de plus de 50 ans est de 1 200 mg par jour. Les produits laitiers, les fromages et les eaux minérales (Hépar, Tallians, Contrex, Courmayeur, Saint-Antonin, Chateldon, Salvetat, Badoit, Vittel, San-Pellegrino, Quézac, Wattwiller, par exemple) sont les meilleures sources de calcium. Les produits laitiers écrémés ou demi-écrémés en apportent autant que ceux fabriqués à partir de lait entier, sans les inconvénients des matières grasses. Les amandes et autres graines, ainsi que les fruits séchés, sont également des sources de calcium.

Les poissons gras (saumon, sardine, maquereau, hareng, par exemple) apportent de la vitamine D et des acides gras oméga-3 qui semblent améliorer l'absorption du calcium ainsi que sa fixation sur les os, et réduire son élimination dans les urines et les selles.

Manger des aliments riches en calcium est important, mais encore faut-il que ce calcium soit bien absorbé par l'intestin et ne soit pas éliminé dans les urines.

Les oxalates (des substances contenues dans la betterave, la rhubarbe, les épinards, l'oseille, etc.) et les tannins du thé réduisent l'absorption du calcium. Évitez de consommer ces aliments en même temps que des produits laitiers. Le sodium présent dans le sel de cuisine inhiberait l'action de la vitamine D et pourrait également diminuer l'assimilation du calcium.

De plus, certains aliments favorisent l'élimination du calcium dans les urines :

- la caféine (café, thé, chocolat, colas) ;
- l'excès de protéines (viandes, poissons, etc.) ;
- l'acide phosphorique, une substance présente dans les sodas et d'autres aliments industriels (vérifiez sur l'étiquette) ;
- les phytates, des substances contenues dans les produits à base de farines qui n'ont pas subi de fermentation (pains sans levain, par exemple) et dans le son ;
- l'alcool.

La vitamine D, relativement peu présente dans les aliments, est surtout synthétisée par la peau sous l'effet des rayons ultraviolets. Son rôle est capital car elle favorise l'absorption du calcium par le tube digestif. Une heure de soleil par jour en été, tête et bras nus, suffit à l'organisme pour stocker la vitamine D pendant un an. Inutile donc de s'exposer plusieurs heures ! Une activité extérieure normale pendant la belle saison permet de prévenir les carences en vitamine D. Si cette exposition minimale n'est pas possible ou insuffisante, le médecin peut prescrire une ou deux gouttes de vitamine D par jour en hiver. Les aliments qui contiennent de la vitamine D sont surtout les poissons gras, le jaune d'oeuf, le beurre et les margarines.

L'activité physique renforce la solidité des os, en particulier les activités qui provoquent de petits impacts sur les os : course à pied, tennis, randonnée, step, etc. L'activité physique a aussi l'avantage d'améliorer l'équilibre, minimisant ainsi les risques de chutes. Quand le sport devient difficile, il faut continuer à faire un peu de gymnastique chez soi, marcher souvent et à bonne allure, prendre les escaliers plutôt que l'ascenseur. La natation est utile si l'on souffre d'un tassement des vertèbres.

Le tabac accélère la perte osseuse. De plus, chez les femmes qui reçoivent un traitement hormonal de substitution pour soulager les troubles de la ménopause, il accélère l'élimination des estrogènes et augmente le risque de maladie cardiovasculaire.

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