La prééclampsie est une maladie de la grossesse. Causée par une malformation des vaisseaux sanguins du placenta, elle provoque une souffrance du fœtus et une hypertension artérielle chez la mère. Ses complications peuvent être sérieuses, notamment la crise d'éclampsie, et nécessitent l'hospitalisation de la patiente. En cas d'aggravation de l'état de santé de la mère ou du fœtus, l'accouchement est provoqué en urgence, parfois de manière précoce et le plus souvent par césarienne.

Points-clés

La prééclampsie se définit par une hypertension artérielle et une perte de protéines dans les urines. Touchant 3 % des femmes enceintes, elle peut provoquer des complications rénales, hépatiques et cérébrales chez la mère, voire un retard de croissance ou une prématurité du bébé.

La prééclampsie, liée à une malformation des vaisseaux sanguins du placenta, est plus courante en cas de première grossesse notamment. Elle peut se manifester par des œdèmes, des maux de tête ou des bourdonnements d’oreille, des tâches noires ou lumineuses qui bougent, une douleur forte juste en dessous des côtes, voire une crise d’éclampsie (convulsions).

Le diagnostic est posé en présence d’une hypertension artérielle et de protéines dans les urines. Différents médicaments peuvent être prescrits (antihypertenseurs, anticonvulsivants, corticoïdes, etc.) De plus, l’accouchement est programmé par césarienne.

Pour détecter au plus tôt la prééclampsie, la tension artérielle de la femme enceinte est contrôlée régulièrement, et des tests d’urines sont réalisés. De l’aspirine peut être prescrite à titre préventif, et sous contrôle médical, pour les femmes déjà touchées lors d’une précédente grossesse.

Une pathologie de la grossesse, rare mais parfois grave

La prééclampsie est une maladie liée à la grossesse (ou « gravidique »), dont elle représente une complication sérieuse. En effet, elle met en danger la vie de la mère et du fœtus. Autrefois appelée « toxémie gravidique », elle est due à une malformation des vaisseaux sanguins du placenta. Cette pathologie se caractérise par la présence, chez la femme enceinte :

- d'une hypertension artérielle accompagnée d'œdèmes (gonflements) ;
- d'une perte de protéines dans les urines.

De plus, du fait de ces anomalies placentaires :

- le fœtus ne reçoit pas suffisamment de nutriments et d'oxygène, et développe un retard de croissance ;
- la mère peut souffrir de troubles de la coagulation sanguine, ainsi que de lésions au niveau des vaisseaux des reins, du foie et du cerveau (parce que le placenta n'est pas assez oxygéné).

La prééclampsie survient généralement pendant la seconde moitié de la grossesse, à partir de 20 semaines d'aménorrhée (depuis les dernières règles). Son nom provient du fait qu'elle peut conduire à une crise d'éclampsie, phénomène grave se traduisant par des convulsions (comme une crise d'épilepsie). D'autres complications graves se déclarent aussi parfois, et justifient l'hospitalisation de la patiente jusqu'à la naissance du bébé.

Cette affection cesse avec l’accouchement et l'expulsion du placenta. Tous les traitements médicaux mis en œuvre servent à prolonger la grossesse jusqu'à un terme compatible avec la survie du fœtus. Après la naissance de l’enfant, les symptômes s'estompent en quelques jours.

Elle se caractérise par une tension artérielle supérieure à 14/9, qui survient après 20 semaines d'aménorrhée chez une femme n'ayant jamais eu d'hypertension par le passé. Comme la prééclampsie, elle est causée par un défaut des vaisseaux sanguins du placenta. En revanche, elle n’engendre pas (ou peu) de pertes de protéines dans les urines. Sa présence ne suffit donc pas pour poser le diagnostic de prééclampsie. Néanmoins, les femmes enceintes hypertendues doivent être soumises à une surveillance régulière, pour s'assurer que leur maladie n'évolue pas vers une prééclampsie.

L'hypertension artérielle de la femme enceinte est relativement courante : elle concerne plus ou moins 10 % des grossesses. Parmi les femmes touchées, environ 10 % souffrent d'hypertension chronique pré-existante. Chez les autres, l’apparition de la maladie est liée au fait d’être enceinte. Dans tous les cas, cette affection est susceptible de déboucher sur une prééclampsie, qui concerne environ 3 % des grossesses. Quant à la crise d'éclampsie, elle reste rare (moins d’1 % des cas de prééclampsie).

Des signes évocateurs en cas de prééclampsie sévère

La prééclampsie ne provoque pas toujours de symptômes. En revanche, l'hypertension artérielle, systématiquement associée à cette maladie, provoque des œdèmes (gonflements) des mains, des pieds et du visage notamment. Pour confirmer le diagnostic de prééclampsie, une analyse d'urines doit toutefois être réalisée, afin de rechercher la présence de protéines.

Lorsque la prééclampsie est sévère, la patiente peut également ressentir des symptômes tels que :

- des maux de tête persistants ;
- des bourdonnements d'oreille ;
- la vision de taches noires ou lumineuses qui bougent (comme des mouches volantes) ;
- une douleur forte juste en dessous des côtes, en particulier du côté droit.

En présence de ces signes, le risque de développer une crise d'éclampsie s’accroît.

La crise elle-même se déroule en quatre phases :

- Tout d'abord, la patiente « roule des yeux », tandis que les muscles de son visage et de ses mains se contractent légèrement.
- Ensuite, pendant environ 30 secondes, ses muscles deviennent rigides. La femme cesse de respirer et peut se mordre la langue en serrant les dents.
- La contraction cesse, mais de violents spasmes musculaires se déclenchent. Ce sont les convulsions, qui durent environ 2 minutes.
- La dernière phase est un coma qui peut durer quelques minutes à plusieurs heures, et se complique parfois d'un arrêt cardiaque.

Les complications possibles de la maladie

En France, la prééclampsie et ses complications comptent parmi les principales causes de décès maternel et fœtal. Si la maladie se déclare sous une forme sévère à un stade précoce (avant 26 semaines d'aménorrhée), une interruption médicale de grossesse peut être recommandée à la famille.

Outre la crise d'éclampsie, la prééclampsie peut donner lieu à de nombreuses pathologies chez la femme enceinte :

- L'hématome rétroplacentaire : Il s’agit d’un décollement prématuré du placenta, provoquant un hématome (poche de sang) entre le placenta et l'utérus. Ce phénomène douloureux gêne (voire interrompt) les échanges sanguins entre la mère et le fœtus. Une césarienne doit être pratiquée en urgence.
- Le syndrome HELLP ( Hemolysis, Elevated Liver enzymes and Low Platelets count) : Il associe une destruction des globules rouges, des cellules hépatiques et des plaquettes sanguines. Dans ce cas, une césarienne doit également être réalisée au plus vite.
- Les autres complications maternelles : Il peut s’agir, par exemple, d’une coagulation du sang dans les petits vaisseaux sanguins (coagulation intravasculaire disséminée), d’une insuffisance rénale aiguë, d’une rupture hémorragique du foie, d’un accident vasculaire cérébral (AVC), d’un œdème aigu du poumon, ou encore d’un décollement de rétine.

Le fœtus peut, lui aussi, souffrir de problèmes liés à la prééclampsie, à savoir :

- un retard de croissance pendant la grossesse ;
- une souffrance aiguë lors d'un hématome rétroplacentaire ou d'une crise d'éclampsie ;
- une prématurité, parfois extrême, et ses conséquences potentielles ;
- un décès dans 2 à 5 % des cas (soit à cause du manque chronique d'oxygène et de nutriments, soit à la suite d'une complication aiguë).

Les causes, les facteurs de risque et la prévention de la maladie

L'hypertension artérielle gravidique et la prééclampsie ne sont pas dues au stress ou à un excès de travail. Elles résultent d’anomalies de la formation des vaisseaux sanguins du placenta, l'organe qui permet les échanges nutritifs et gazeux entre la mère et le fœtus.

La maladie est plus fréquemment observée en cas :

- de première grossesse ;
- de faible exposition au sperme du père avant de tomber enceinte, par exemple du fait d'un changement récent de partenaire ou d'une contraception par préservatif (les spécialistes évoquent ainsi l'hypothèse d'une réaction immunitaire, déclenchée par l'exposition aux antigènes du père de l'enfant) ;
- d’antécédents de prééclampsie chez la patiente ou dans sa famille (mère, sœur) ;
- de maladie préexistante (obésité, hypertension artérielle chronique, maladie rénale chronique, syndrome des anticorps antiphospholipides, etc.) ;
- de grossesse chez une femme âgée de plus de 40 ans ;
- de grossesse multiple.

La prévention de l'hypertension gravidique et de la prééclampsie réside avant tout dans la surveillance mensuelle de la femme enceinte. Elle consiste à prendre la tension artérielle et à réaliser un test d'urines pour y rechercher la présence de protéines. Ces mesures permettent de commencer un traitement au plus vite si nécessaire.

Une femme qui a déjà présenté une prééclampsie a une chance sur quatre d’en souffrir à nouveau lors d'une nouvelle grossesse. En prévention, son médecin peut lui prescrire de l'aspirine à faible dose, dès la 12e semaine de cette nouvelle grossesse. Attention toutefois : chez les femmes enceintes, l'aspirine doit TOUJOURS être prise sous contrôle médical (et jamais avant la 12e semaine d'aménorrhée).

Enfin, lorsqu'une prééclampsie a été diagnostiquée, la prévention d'une éventuelle crise d'éclampsie consiste à prescrire un traitement antihypertenseur et anticonvulsivant.

Le diagnostic de la prééclampsie

Il est posé chez une patiente enceinte qui souffre à la fois d'hypertension artérielle (tension supérieure à 14/9) et de la présence de protéines dans ses urines.

La prééclampsie est dite « sévère » et justifie une hospitalisation lorsqu'il existe certains signes de gravité, qu'ils soient :

- physiques (par exemple, une tension artérielle supérieure à 16/11, une aggravation des œdèmes ou une diminution de la quantité d'urine émise) ;
- biologiques (une augmentation de la quantité de protéines présentes dans les urines, une concentration sanguine d'urée élevée, des signes sanguins de souffrance du foie ou des reins, etc.) ;
- échographiques (un retard de croissance du fœtus, un volume de liquide amniotique insuffisant, une irrigation sanguine anormale des artères ombilicales ou cérébrales du fœtus, etc.)

Les traitements prescrits

L'hypertension artérielle gravidique et la prééclampsie cessent après l’accouchement.

Pendant la grossesse, en cas d'hypertension artérielle gravidique ou de prééclampsie sans complication, la patiente peut demeurer à son domicile. Elle doit alors rester couchée sur le côté gauche, afin de faciliter l'arrivée du sang au placenta. Elle reçoit également un traitement contre l'hypertension artérielle.

Si la maladie est grave, la patiente est hospitalisée et doit également rester couchée sur le côté gauche. Elle prend un traitement contre l'hypertension artérielle, voire un médicament pour prévenir les convulsions. Jusqu'à la 34e semaine d'aménorrhée, des corticoïdes (dérivés de la cortisone) lui sont également administrés. Ils favorisent la maturation des poumons du fœtus, ce qui est préférable en cas de naissance prématurée.

Une césarienne est réalisée en urgence au moindre symptôme d'aggravation chez la mère ou le fœtus. L'accouchement est programmé à partir de la 36e semaine d'aménorrhée, sauf si un signe de gravité oblige à le réaliser plus tôt.

Il consiste à :

- dégager les voies respiratoires pour éviter l'asphyxie ;
- administrer un médicament contre les convulsions ;
- pratiquer une césarienne en urgence, dès la fin des convulsions.

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