EN BREF

Parce que nous passons de plus en plus de temps à utiliser nos téléphones mobiles, la question de l’absence d’effets indésirables sur la santé se pose de manière légitime. Aujourd’hui, l’ensemble des études semblent indiquer une absence de danger, mais néanmoins des questions importantes se posent pour les personnes qui en font un usage intensif, et pour les enfants et les adolescents. Dans le doute, que faire pour mettre toutes les chances de son côté ?

Les téléphones portables seraient-ils dangereux pour la santé ?

La communication par téléphone mobile se fait par transmission de radiofréquences grâce à un réseau d’antennes relais. Ces téléphones ne transmettent de l’énergie électromagnétique que lorsqu’ils sont allumés. Cette énergie (et par conséquent l’exposition de l’utilisateur aux ondes) est plus importante lorsque le téléphone a du mal à capter le réseau (dans un véhicule, dans un tunnel, loin des antennes relais, dans un bâtiment aux murs épais, par exemple).

À l’inverse des rayons X ou de la radioactivité, ces ondes ne peuvent ni rompre les liaisons chimiques des molécules ni causer d’ionisation dans le corps humain. Dans le cadre de la téléphonie, leur puissance est telle qu’elles sont rapidement arrêtées par la peau et les organes, mais aussi par l’air (donc la distance entre l’appareil et l’utilisateur).

Que dit la recherche sur la toxicité des ondes ?

À court terme, un certain nombre d’études ont recherché les effets des radiofréquences sur l’activité électrique du cerveau, les fonctions intellectuelles, le sommeil, le rythme cardiaque et la pression artérielle, sans montrer d’effets néfastes.

Les études sur les risques à long terme ont essentiellement recherché un lien entre les tumeurs cérébrales (de la tête et du cou) et l’utilisation du téléphone mobile. La plus grande étude épidémiologique à ce jour, INTERPHONE, coordonnée dans 13 pays par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC, en lien avec l’OMS), n’a montré aucune augmentation du risque de gliome ou de méningiome (deux types de cancer du cerveau) en relation avec l’utilisation d’un téléphone mobile sur une période supérieure à 10 ans.

Il existe néanmoins quelques signes d’un risque accru de gliome pour les 10 % d’usagers dont le nombre d’heures cumulées d’utilisation était le plus élevé (plus de 30 minutes par jour, ou 1640 heures sur 10 ans, toujours du même côté de la tête).
Sur la base de ces données, le CIRC a classé les radiofréquences de la téléphonie mobile dans la catégorie des cancérogènes « possibles » pour l’homme (Groupe 2B), c’est-à-dire qu’il considère comme possible un lien entre l’usage intensif d’un téléphone mobile et le risque de gliome, mais sans qu’il puisse éliminer l’effet du hasard ou d’autres facteurs qui seraient responsables de l’augmentation de ce risque.

Pour cette raison, et compte tenu de l’augmentation de la durée potentielle d'exposition aux radiofréquences tout au long de la vie, l'OMS a lancé une nouvelle grande étude épidémiologique, MOBI-KIDS, portant plus particulièrement sur leurs effets potentiels sur la santé des enfants et des adolescents. Les résultats de cette étude sont attendus pour 2017.

Que faire pour mettre toutes les chances de son côté ?

Dans l’attente de la confirmation définitive de l’innocuité des téléphones mobiles, quelques mesures simples peuvent permettre de réduire un risque potentiel.

  • Choisissez un appareil avec un DAS (Débit d’Absorption Spécifique) le plus bas possible. Cette valeur traduit le niveau de rayonnement électromagnétique des téléphones mobiles. Les fabricants sont obligés de le mentionner et il doit être inférieur à 2 W/kg. Une valeur faible du DAS correspond à une exposition aux ondes électromagnétiques plus faible.
  • Ne gardez pas votre téléphone allumé dans une poche ou contre votre peau.
  • Lorsque c’est possible, utilisez un kit mains libres ou le mode haut-parleur.
  • Ne laissez pas les enfants de moins de 12 ans utiliser un téléphone portable sauf en cas d’urgence.
  • Évitez de téléphoner dans une zone ayant un faible signal ou dans un véhicule. Pour savoir si la réception est bonne, vérifiez le nombre de barres ou de points sur l’écran.
  • Avant de mettre le téléphone contre votre oreille, attendez que votre correspondant ait décroché. Lors d’un appel, changez d’oreille régulièrement.
  • Privilégiez les SMS plutôt que les appels, ce qui vous permettra de garder l’appareil à distance du corps (et l’échange d’informations est plus court).
  • La nuit, ne laissez pas votre téléphone allumé trop près de vous (ou activer le mode avion)

Sources

"Radiofréquences et santé", rapport de l’ANSES, octobre 2013.

"Téléphones mobiles : santé et sécurité", Ministère de la Santé, 2012

"Quels sont les risques sanitaires associés aux téléphones portables et à leurs stations de base ?", Organisation mondiale de la santé, septembre 2013

"Champs électromagnétiques et santé publique: téléphones portables", Aide-mémoire, Organisation mondiale de la santé, octobre 2014.

Les résultats de l’étude INTERPHONE, CIRC et Organisation mondiale de la santé, 2010.

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