Seulement le risque d’ostéoporose et de chute chez la personne âgée.

La question posée est relativement vague. Essayons de faire le point de ce que l’on sait des effets préventifs d’une supplémentation en vitamine D.

Qu’est-ce que la vitamine D ?

La vitamine D regroupe plusieurs substances dont les deux plus courantes sont la vitamine D2 ou ergocalciférol, produite par les végétaux, et la vitamine D3 ou cholécalciférol, d’origine animale et produite par la peau sous l’action des rayons ultraviolets B. La vitamine D est essentielle au métabolisme du calcium et du phosphore. Elle augmente leur absorption dans l’intestin et diminue leur élimination dans l’urine, favorisant ainsi la minéralisation des os et des dents.

La vitamine D se trouve dans les poissons gras comme, par exemple, le maquereau, la sardine ou le hareng, le foie de poisson et les huiles qui en sont extraites, ainsi que dans les jaunes d’œuf si les poules ont été nourries avec des aliments riches en vitamine D.

Récemment, il a été établi que l’alimentation, même équilibrée, et la lumière du soleil ne sont pas assez efficaces pour apporter suffisamment de vitamine D chez les personnes âgées de plus de 60 ans. Pour cette raison, les autorités sanitaires et l’Académie de médecine recommandent désormais la prescription de suppléments de vitamine D (entre 800 et 1000 UI par jour), en particulier chez les personnes de plus de 60 ans.

Les allégations santé autorisées pour les compléments alimentaires contenant de la vitamine D

Les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) se sont prononcées sur certaines allégations santé des aliments et des compléments alimentaires contenant de la vitamine D. Après examen des données scientifiques, elles ont estimé que ces produits peuvent prétendre contribuer :

  • à l’absorption intestinale et à l’utilisation du calcium et du phosphore,
  • au maintien de taux sanguins de calcium normaux,
  • à la croissance normale des os des enfants,
  • au maintien de l’état normal des os, des muscles, des dents et du système immunitaire,
  • à la division cellulaire,
  • au fonctionnement normal du système immunitaire des enfants de 3 à 18 ans,

si et seulement si ces produits contiennent au moins 0,75 microgrammes de vitamine D pour 100 g, 100 ml ou par emballage si le produit ne contient qu’une portion.
De plus, les denrées et suppléments alimentaires apportant au moins 15 microgrammes de vitamine D par portion journalière peuvent prétendre contribuer à réduire le risque de chute associé à l’instabilité posturale et à la faiblesse musculaire, chez les hommes et les femmes de 60 ans et plus. Le consommateur doit être informé que l'effet bénéfique est obtenu moyennant la consommation journalière de 20 microgrammes de vitamine D, toutes sources confondues.

Les allégations santé interdites pour les compléments alimentaires contenant de la vitamine D

Par contre, selon les autorités européennes, les aliments et les compléments alimentaires contenant de la vitamine D ne peuvent PAS prétendre :

  • contribuer au fonctionnement normal de la thyroïde,
  • contribuer au fonctionnement normal du cœur ou des vaisseaux sanguins.

Ces revendications d’effet sont désormais interdites pour les aliments et les compléments alimentaires contenant de la vitamine D.
De plus, le rôle de la vitamine D dans la stimulation du système immunitaire n'est pas démontré (mais elle est indispensable au fonctionnement normal de l’immunité chez les enfants et les adolescents, comme indiqué ci-dessus).

Quand le médecin prescrit-il un supplément de vitamine D ?

L’administration de vitamine D fait partie des traitements préventifs de l’ostéoporose, en particulier chez les femmes ménopausées habitant des régions peu ensoleillées. La vitamine D est parfois prescrite aux personnes de tous âges qui s’exposent peu à la lumière du jour, comme les grands malades, les invalides, les personnes âgées ou les habitants des pays nordiques, particulièrement en hiver.
De plus, une administration de 400 à 800 UI (unités internationales) par jour de vitamine D est également recommandée chez l’enfant au sein ou consommant moins de 500 ml de lait pour nourrissons par jour.

La supplémentation en vitamine D ne prévient ni les maladies cardiovasculaires, ni les cancers

Il y a quelques années, une analyse croisée de dix-huit études avait suggéré qu’une supplémentation médicalement contrôlée de vitamine D pendant plusieurs années pourrait réduire le risque de développer des maladies cardiovasculaires et même certains cancers.

Récemment, le New England Journal of Medicine (NEJM) a publié les résultats de l’étude VITAL, une vaste étude randomisée contre placebo évaluant les effets de la vitamine D3 sur la santé cardiovasculaire et le risque de cancer. Dans cette étude, 25 871 participants américains âgés de plus de 50 ans (hommes) ou plus de 55 ans (femmes) ont reçu soit de la vitamine D (2000 UI par jour), soit un placebo, pendant 5,3 ans en moyenne (entre 3,8 et 6,1 années).
Selon les résultats de l’étude VITAL, la supplémentation en Vitamine D3 ne réduit pas le risque de maladie cardiovasculaire (396 événements ou décès cardiovasculaire, infarctus du myocarde ou AVC sous vitamine D3 contre 409 sous placebo).

Ce que montre également l’étude VITAL, c’est que la supplémentation en vitamine D3 ne diminue pas non plus le risque de cancer (en général, mais aussi de manière spécifique sur le cancer du sein, le cancer de la prostate ou le cancer colorectal) : 793 cas de cancer sous vitamine D3 contre 824 sous placebo. 

En conclusion, la supplémentation en vitamine D ne semble intéressante que dans le cadre de la prévention de l’ostéoporose et des chutes chez les personnes âgées.

Sources

Les allégations autorisées et interdites de l’EFSA

« EU Register on nutrition and health claims », EFSA

Le rapport de l’Académie de médecine sur les apports journaliers de vitamine D

« Statut vitaminique, rôle extra osseux et besoins quotidiens en vitamine D », Bull. Acad. Natle Méd., 2012, 196, nos 4-5, 1011-1015, séance du 15 mai 2012

Les résultats de l’étude VITAL sur les effets de la vitamine D3 sur le risque cardiovasculaire et de cancer

Manson JE, Cook NR, Lee IM et al. « Vitamin D Supplements and Prevention of Cancer and Cardiovascular Disease. » N Engl J Med. 2018 Nov 10.

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