Les deux principaux risques domestiques liés au chauffage sont les intoxications au monoxyde de carbone et les incendies. Il existe des solutions simples pour vous prémunir de ce type d’accidents.

Partageons avant tout une certitude relayée par l’ensemble des acteurs de l’énergie : bien chauffer son logement, c’est d’abord bien l’isoler, afin de limiter les pertes d’énergie et par extension, diminuer les risques associés au chauffage. Un bon usage des différents modes de chauffage vous permet également de réduire le risque d’incendie et d’intoxication au monoxyde de carbone. Explications… 

 

En France, on dénombre en moyenne près de 4000 intoxications au monoxyde de carbone chaque année, ce qui en fait la première cause de mortalité par substance toxique. Ce gaz inodore, incolore et donc toxique se répand en cas de combustion incomplète, quel que soit le combustible utilisé. Durant l’hiver 2016-2017, il a par exemple causé [1] : 

  • 3354 intoxications et accidents ; 
  • 2295 hospitalisations ; 
  • et une centaine de morts. 

Cheminées et poêle à bois : un risque d’intoxication au monoxyde de carbone bien réel

Quand on parle d’intoxication au monoxyde de carbone, on pense le plus souvent à une chaudière mal entretenue. Pourtant, le risque est tout aussi présent avec une cheminée ou un poêle à bois. La meilleure manière de s’en prémunir, et d’éviter par la même occasion les risques d’incendie liés à un conduit obstrué, est de faire régulièrement ramoner son installation

 

Le ramonage des cheminées ou des poêles à bois est encadré par une réglementation fixée au niveau local, via un arrêté préfectoral ou municipal. Cette réglementation impose en général deux ramonages par an, dont un pendant la période d’utilisation. 

Ramonage et prévention des risques associés, notamment au monoxyde de carbone

Du côté du Code des Assurances, la loi stipule que le ramonage de l’ensemble des conduits doit être fait au minimum une fois par an par un professionnel certifié. 

 

En parallèle de l’entretien régulier de votre installation, veillez à : 

 

  • Maintenir propre le conduit de vos appareils durant les périodes de chauffe, notamment en utilisant du combustible de qualité (bois sec et adapté, granulés), 
  • Aérer votre habitation plusieurs fois par jour, 
  • Stocker les combustibles à distance de la cheminée ou du poêle, et utiliser un pare-feu. 

Ramonage : attention aux pièges !

Le ramonage reste donc un moyen efficace d’éviter une intoxication au monoxyde de carbone ou un incendie. Mais afin que celui-ci soit optimal, et en conformité avec la loi, il faut éviter de tomber dans certains pièges : 

 

  • Les kits de ramonage que l’on trouve dans le commerce peuvent être utiles pour entretenir votre installation entre deux ramonages, mais ne remplacent en aucun cas l’intervention d’un professionnel. 
  • Méfiez-vous également des ramoneurs se présentant spontanément à votre domicile, et qui souhaitent vous proposer leurs services. De nombreuses arnaques dans ce domaine ont été signalées ces dernières années. Renseignez-vous en amont sur les sites officiels pour vous prémunir de toute tentative d’escroquerie. 

Monoxyde de carbone : un risque accru avec les chauffages d’appoint

Les chauffages d’appoint portent bien leur nom, et ne devraient être utilisés que sur un temps court, environ 10 minutes par demi-heure [2], hors temps d’absence ou de sommeil. Car au-delà des risques d’incendie, ces appareils présentent un risque d’émanation de monoxyde de carbone élevé (hors équipements électriques).  

 

Vous en utilisez un dès que les températures sont à la baisse ? Avant de l’allumer, prenez le temps de vérifier : 

 

  • le bon état du dispositif de chauffage, 
  • l’absence de contact direct avec des matériaux inflammables, 
  • la bonne ventilation de la pièce, par le contrôle de la propreté des grilles d’aération du logement notamment.  

 

Enfin, nous ne le dirons jamais assez : ne vous endormez pas en laissant allumé l’un de ces appareils dans votre chambre. Partagez cette bonne pratique autour de vous, sans modération, pour limiter les risques chez vos proches également. 

Le saviez-vous ?

La nouvelle règlementation environnementale des bâtiments neufs, baptisée RE 2020, prévoit de diminuer le seuil d’émission de gaz à effet de serre pour les maisons et appartements.  

 

Cela implique de réduire le recours à l’installation de chaudières à gaz, pour favoriser les énergies moins carbonées. Concernant les logements individuels, elle entrera en vigueur à l’été 2021.

Chauffage au fioul : un impact écologique des plus lourds

En France, plus de trois millions de foyers sont chauffés au fioul [3]. Ce mode de chauffage est aujourd’hui reconnu comme étant l’un des plus pollueurs. Il produit deux fois plus d’émissions de gaz à effet de serre qu’une installation au chauffage électrique. 

 

Comme pour tous les types de chaudières, une chaudière au fioul doit être obligatoirement contrôlée une fois par an.  

 

En dehors de cet entretien annuel, vous pouvez vérifier régulièrement votre chaudière au fioul, en essayant de débusquer les traces de rouille, de suie ou encore de corrosion, qui sont des signes annonciateurs de l’émanation de monoxyde de carbone. 

Comment identifier une intoxication au monoxyde de carbone ?

Il existe plusieurs paliers lors d’une intoxication au CO (monoxyde de carbone) 

 

  • La personne commence par ressentir des maux de tête et des nausées. 
  • Lors d’une exposition plus longue, elle peut développer des vertiges, des étourdissements et être prise de vomissements. 
  • En cas d’intoxication aiguë, des convulsions et une perte de connaissance sont observées.

En cas d’intoxication, d’incendie ou d’accident lié à un mode de chauffage, contactez immédiatement le : 

112 numéro d’urgence européen 

18 sapeurs-pompiers 

15 SAMU 

Sources

Sources :  

[1] Site www.santepubliquefrance.fr 

[2] Site www.centreantipoisons.be 

[3] Site de presse www.lesechos.fr  

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