15ème baromètre du comportement des Français sur les routes

Au fil de ces 15 dernières années, entre les évolutions technologiques de la voiture et réglementaires, le sentiment de sécurité sur la route s’est accru.

La grande vitesse et la forte alcoolémie, les deux risques historiques dont l’ampleur avait conduit à désigner la sécurité routière Grande Cause Nationale en 2002, sont en très net recul.

Mais les Français minimisent les petits comportements dangereux. Au jeu du « pas vu, pas pris », les Français excellent.

Hyper connectés dans leur vie, ils le sont tout autant au volant. En 15 ans, ils sont 2 fois plus nombreux à téléphoner au volant (45% vs 22% en 2004) et 70% à utiliser leur smartphone quel qu’en soit l’usage (SMS, GPS …).

Enfin, face à l’apparition de nouvelles formes de mobilité (trottinettes, segway, monoroues), apprendre à partager les voies de circulation devient un enjeu crucial de société.

Au fil des ans, les Français se sentent de plus en plus en sécurité sur les routes

En 2006 (la question n’a pas été posée avant), 1 Français sur 2 déclarait se sentir en sécurité sur les routes. Désormais, ils sont 7 sur 10.

En effet depuis 2004, l’équipement des véhicules s’est largement modifié. Au volant de leurs voitures de plus en plus connectées et équipées (limiteurs de vitesse, détecteurs de fatigue, alertes de franchissement de ligne…), les Français se sentent comme dans un vrai cocon. 

La forte alcoolémie et la grande vitesse, les deux plus grandes causes d’accidentalité sont enfin en baisse

En 15 ans, l’action conjuguée des campagnes de prévention et le durcissement de la réglementation ont frappé les consciences des Français. En 2004, 19% des Français déclaraient prendre le volant après avoir bu plus de 4 ou 5 verres d’alcool. En 2019, on n’en compte plus que 6%. Il en est de même pour les grands excès de vitesse. En 2019, 11% reconnaissent rouler à 160-170 km/h sur autoroute. Ils étaient 29% en 2004. En ville malgré une baisse significative de 18 points, les Français sont encore 30% à avouer rouler à plus de 65 km/h. Il y a 15 ans, ils étaient 48%.

Aucune évolution pour le « pas vu, pas pris », ou comment pratiquer des infractions comme si de rien n’était

D’autres comportements, plus fugaces, ne se sont malheureusement pas améliorés. Quelques secondes d’infraction, sitôt oubliées, durant lesquelles 71% des conducteurs avouent passer au feu orange (vs 73% en 2004) ou franchir une ligne blanche pour doubler (19% en 2019 vs 18% en 2004). Enfin, sur l’utilisation du clignotant, malgré une légère baisse, ils sont toujours 41% à oublier de le mettre (vs 48% en 2004).

En 15 ans, le téléphone est devenu un véritable fléau de la route (2)

En 2004, 22% des conducteurs avouaient téléphoner au volant. Aujourd’hui, avec la progression fulgurante du taux d’équipement (3), la 4G et les applications GPS sur le téléphone devenu smartphone, les usages sont bouleversés : 70% des Français reconnaissent utiliser leur mobile au volant dont presque 1 sur 2 pour passer un appel (46%). De plus, 1 conducteur sur 4 textote ou lit un SMS au volant, et 1 sur 2 concède avoir l’œil rivé au GPS de son smartphone … un « distracteur » pourtant non sans danger. L’usage intensif des jeunes est alarmant : 83% reconnaissent l’utiliser en conduisant.

Apprendre à partager les voies de circulation devient un enjeu crucial de société

En 2004, les Engins de Déplacement Personnel (EDP) n’étaient pas d’actualité : vélos en libre-service, monoroues, segway … La trottinette était un jouet et non un engin alternatif de mobilité douce. L’arrivée de ces engins aux côtés des traditionnels deux-roues (vélos, motos, scooters) impose de trouver une nouvelle équation pour partager la route (infrastructure, réglementation etc.).

 En 2019, 51% des Français placent toujours les conducteurs de deux-roues motorisés comme les plus dangereux de la route, suivis des voitures (47%) et des trottinettes (36%).

Sur les trottoirs, 4 piétons sur 10 se sentent en insécurité. Pas étonnant quand on sait que 61% des conducteurs de trottinettes frôlent les piétons à vive allure.

Pour sensibiliser les conducteurs de trottinettes au partage de la route, nous menons une grande opération de sensibilisation à Paris, Port de Solférino le 19 Juin 2019 de 12h30 à 20h. Elle permettra à chacun de repartir avec de précieux conseils pour circuler en sécurité et un kit de prévention comprenant 2 équipements indispensables pour être protégé et visible en trottinette électrique : un casque customisable ainsi qu’un gilet de visibilité connecté avec indicateurs de trajectoire.

Ces chiffres sont issus du 15ème Baromètre AXA Prévention 2019 du comportement des Français sur les routes Etude Kantar TNS pour AXA Prévention réalisée du 25 janvier au 14 février 2019 auprès d’un échantillon de 1996 personnes représentatif de la population résidente en France métropolitaine âgée de 18 à 75 ans.

(1) 2004 : 5 530 tués sur les routes - 2018 : 3 258 tués, soit 33% de vies épargnées.

(2) Pour rappel : une conversation téléphonique multiplie par 3 le risque d’accident / Ecrire un SMS au volant augmente par 23 le risque d’accident / Un conducteur enregistre entre 30% et 50% d’informations en moins sur la route lorsqu’il est au téléphone.

(3) 94% des Français possèdent aujourd’hui un téléphone mobile. Les smartphones se sont imposés comme le téléphone mobile de référence équipant 3 personnes sur 4 en 2018 contre seulement 17% en 2011. Le taux d’équipement en téléphone mobile est de 100% lorsqu’il s’agit des 18-24 ans. (Baromètre du Numérique 2017 et 2018 du Credoc)

Télécharger le communiqué de presse

Prévenir les risques, avec nos partenaires de confiance

Nous pouvons encore compter, 15 ans après la création de notre baromètre, sur le soutien de la délégation interministérielle à la sécurité routière. Son représentant, Emmanuel Barbe, était d’ailleurs à nos côtés ce matin.

La Gendarmerie Nationale, avec qui nous travaillons mains dans la main, nous accompagne aussi dans le déploiement de nombreuses actions de prévention des risques. Celles-ci répondent aux besoins mis en avant par certains chiffres officiels issus, notamment, de la quinzaine de missions de contrôle-interception menées quotidiennement sur les routes de chaque département, par les gendarmes.

Dans l’exercice de leur fonction, ils réalisent sur le terrain des efforts considérables pour accompagner avec pédagogie les automobilistes et les contrevenants. Et la sensibilisation aux risques porte ses fruits…

Les indicateurs de ces 15 derniers baromètres ont donné

  • plusieurs centaines de milliers de kits de préventions, d’éthylotests et de livrets pédagogiques ont été distribués aux conducteurs, aux écoliers, etc. 
  • des dizaines de programmes de prévention ont été diffusés, notamment à la télévision et sur les plateformes en ligne 
  • plus de 60 radars pédagogiques ont été installés partout en France à l’initiative des pouvoirs publics.

Coup d’œil sur l’évolution des comportements à risque

Baisse considérable des excès de vitesse en ville et sur autoroute, diminution de la grande alcoolémie au volant (délictuelle à partir de 0,80 g/litre de sang), stagnation des comportements dits « pas vu pas pris », (passage au feu orange, non-usage du clignotant, etc.) sont quelques-uns des enseignements du baromètre 2019*.

Et 2 comportements dangereux qui augmentent encore. Le fait de prendre la route en dépit de la fatigue et d'utiliser son smartphones. Il nous faut continuer à diffuser nos messages de prévention pour inverser la tendance et réduire le nombre de victimes d’accidents liés à ces facteurs largement évitables.

Prévenir les risques face aux nouvelles mobilités

Le trafic routier a augmenté de 12 % en 15 ans. Il s’est aussi enrichi de nouveaux équipements comme les trottinettes électriques ou encore les gyropodes avec lesquels piétons, automobilistes, cyclistes et conducteurs de deux-roues doivent composer.

La récente mise en circulation massive de trottinettes électriques, en free-floating, rebat les cartes de l’utilisation des routes et des trottoirs. Elle convie de nouveaux usagers (souvent plus jeunes) sur les voies de circulation.

Il est important de mener des actions efficaces auprès des publics concernés. Les familles et les adolescents qui ont tendance à monter à deux ou plus sur ces engins dotés de moteurs électriques sont particulièrement ciblés. Ne perdons pas de vue que certains de ces véhicules non bridés atteignent rapidement une vitesse conséquente, largement au-delà des 25 km/h bientôt règlementaires.

« Quand on est plus nombreux sur une trottinette, on est aussi plus lourds donc on met plus de temps à freiner », ajoute Catherine Chazal.

Là encore, chacun peut à son échelle sensibiliser ses proches pour les inviter à adopter un comportement responsable dans l’usage de ces dispositifs (utiliser une trottinette par personne, porter un casque, un gilet rétroréfléchissant, laisser son téléphone dans sa poche…) 

Comprendre les sentiments de sécurité et d’insécurité sur la route pour mieux orienter la prévention des risques

L’amélioration du confort et des équipements (connectés ou non) des voitures ainsi que certaines mesures autour des limitations de vitesse augmentent le sentiment de sécurité sur la route.

Les trottinettistes font en effet leur entrée parmi les utilisateurs dont on se méfie particulièrement (historiquement, les deux-roues motorisés et les vélos), dans la rue comme sur les trottoirs…

Le partage des voies de circulation s’invite donc nécessairement dans les débats autour des nouvelles mobilités, et d’autant plus dans l’univers de la prévention des risques.

Smartphone et sensibilisation au risque routier

L’usage du smartphone est au centre de toutes les attentions en matière de prévention des risques sur la route, car 11 % des accidents mortels en France sont associés à un facteur causal « inattention ou téléphone » [1]. En voiture comme sur les Engins de Déplacement Personnel (EDP), ils entravent la concentration des conducteurs et sont responsables de bon nombre d’accidents.

Le Général Bitouzet présente ces téléphones polyvalents comme des « distracteurs ». Les gendarmes constatent d’ailleurs en moyenne 800 infractions par jour engageant l’usage des smartphones au volant, au fil de leurs opérations de contrôle et de surveillance.

Souvent mal fixés lorsqu’ils sont utilisés depuis le poste de conduite via des applications GPS, ils représentent effectivement une aide autant qu’un danger. Ils attirent l’attention du conducteur au travers des nombreuses notifications d’autres applications, des SMS, des appels, etc.

De la même manière, la lecture d’un SMS de 4 ou 5 lignes en ville à 50 km/h nous déconcentre 9 secondes… pendant lesquelles nous parcourons 125 mètres [2] ! La conduite en sécurité requiert donc toute notre attention. Adaptons notre comportement et parlons-en autour de nous !

Vous trouverez le détail des modifications des usages de la voiture et de la route en général en consultant l’article dédié aux résultats chiffrés de notre baromètre, disponible ici.

Sources :

[1] Bilan ONISR 2017

[2] Sécurité routière / calcul : Le Parisien

Le 15ème baromètre en vidéo

Comportements à risque et dangers perçus autour de la trottinette électrique en quelques chiffres [2] :

  • 61 % des usagers de trottinettes électriques déclarent frôler les piétons à vive allure ;
  • 36 % des Français considèrent que les trottinettistes sont les usagers de la route les plus dangereux ;
  • 41 % des trottinettistes transportent des passagers, qui dans 72 % des cas ont moins de 11 ans ;
  • 41 % des usagers utilisent également leur smartphone en roulant ;
  • 1 piéton sur 4 ne se sent pas en sécurité sur les trottoirs

Les trottinettistes de tous âges sont au rendez-vous !

Par cette belle journée, le quai Anatole France ne désemplit pas. Les curieux s’approchent du stand coloré de La Bonne Voie. Pris en charge par les intervenants, ils sont rapidement équipés d’un casque et d’un gilet rétroréfléchissant connecté – doté de flèches lumineuses jouant le rôle d’indicateurs de direction.

Ceux qui le souhaitent font customiser leur casque par un artiste présent sur place : trottinettes ailées, papillons, flammes ou initiales… Les premiers dessins personnalisés se succèdent et ne se ressemblent pas. L'objectif est de rendre le casque (qui n'est pas porté par 81% des trottinétistes) fun et attrayant pour inciter le plus grand nombre à le porter.

Les volontaires grimpent alors sur une trottinette adaptée à leur taille : mécanique pour les plus jeunes, électrique pour les ados et adultes. Vient ensuite le moment d’entrer en piste pour une session ludique de sensibilisation aux risques « spéciale trottinettes », dans le cadre de l’essor des micromobilités et de la tendance grandissante pour les Engins de Déplacement Personnel (EDP) motorisés, qui auparavant étaient de simples jouets. Quelques derniers conseils prodigués par l’équipe et on se lance sur un parcours de 200 m2…

Arrêt sur image et explications sur chaque comportement à risque

À chacun des 5 obstacles, un intervenant nous invite à freiner et à observer le trompe-l’œil. Il en profite pour distiller des conseils visant nous faire :

  • adapter notre allure
  • respecter les autres usagers et notamment les piétons
  • manier correctement la trottinette pour aborder un dos-d’âne ou un nid de poule en toute sécurité.

Focus : la double compétence du « bon trottinettiste »

Prévenir les risques en trottinette électrique nécessite une double compétence :

1 – être attentif à la signalisation et aux autres usagers ;

2 – observer continuellement et en détail l’état de la chaussée, car même les petites irrégularités peuvent vous déséquilibrer.

À l’arrivée : des trottinettistes souriants… et bien équipés !

Une fois franchie la ligne d’arrivée, les trottinettistes désormais aguerris repartent avec leurs équipements de sécurité : un casque et un gilet rétroréfléchissant connecté avec indicateurs de trajectoire, réunis dans un sac à dos arborant lui aussi une bande réfléchissante.

« Je ne connaissais pas ce type de gilet. C’est comme un sac à dos d’ailleurs. Je n’hésiterai pas à le réutiliser à vélo ou pour mes balades en rollers », confie Claire, 29 ans, tout sourire sous son casque orné de son prénom aux couleurs de l’événement.

Après cet après-midi de sensibilisation, notre parcours mettant les trottinettistes sur La Bonne Voie quitte Paris pour rejoindre Lyon et ses amateurs d’EDP et de micromobilités, le 26 juin prochain.

Sources :

[1] https://www.paris.fr/actualites/trottinettes-velos-scooters-la-ville-va-mieux-reguler-les-operateurs-de-free-floating-6604

[2] Baromètre 2019 du comportement des Français sur la route, AXA Prévention & Kantar

Prévenir les risques en trottinette électrique en 4 points clés

Retour sur #LaBonneVoie en trottinette

15ème baromètre du comportement des Français au volant

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