17e baromètre AXA Prévention : quels constats sur les routes en 2021 ?

Chaque année depuis 17 ans, le baromètre AXA Prévention du comportement des Français sur la route fait plein feu sur nos habitudes de déplacement. Nouveaux modes de transports, augmentations des risques, tendances encourageantes : autant d’indicateurs qui en disent long sur notre rapport à la route.

En 2021, les chiffres de l’accidentologie en voiture vont dans le bon sens, grâce aux efforts de tous. Nous pouvons encore faire mieux en respectant davantage l’interdiction du téléphone au volant, et les règles de circulation lorsque nous roulons en trottinette électrique.

Selon le 17e Baromètre AXA Prévention, le pourcentage de bons conducteurs atteint d’ailleurs 53 % en 2021, soit une hausse de 6 points par rapport à 2019 même si l’usage du téléphone au volant reste bien trop élevé.

 

En parallèle, de plus en plus de Français privilégient les mobilités douces lors de leurs déplacements. Ces nouvelles habitudes font toutefois émerger de nouveaux risques, notamment chez les trottinétistes…

Comportement des usagers de la route : moins de conduites à risques en 2020

La crise sanitaire nous a mis face à une approche collective des risques : « si je porte un masque, ce n’est pas seulement pour me protéger mais c’est aussi pour protéger les autres ».

 

Les principes de co-attention et d’interdépendance sont devenus clés dans la lutte contre le virus. Et ils sont également clés dans la réduction des accidents de la route.

 

Il semble que la prise de conscience soit amorcée, puisque les automobilistes ont fait preuve de davantage de prudence et de souci des autres en 2020, comparé aux années précédentes. Les conduites à risques diminuent, et les résultats montrent que :

 

  • 74 % des conducteurs roulent à 10 ou 20 km/h au-dessus de la vitesse autorisée. Or en 2019, ils étaient 81 % à être régulièrement en dépassement de la vitesse-limite. Soit 7 points de moins en une année… ;
  • 65 % ne s’arrêtent toujours pas au feu orange. C’est le taux le plus bas enregistré par notre Baromètre depuis 17 ans. Ils étaient 71 % en 2019 ;
  • 34 % doublent ou tournent sans avoir mis leur clignotant, soit 7 points de moins que l’année précédente (41%) ;
  • 14 % conduisent en ayant pris des médicaments pouvant altérer la vigilance au volant, contre 21 % en 2019

Téléphone au volant : une habitude persistante

L’étude réalisée par Kantar pour AXA Prévention montre également que, malgré une amélioration globale du comportement des conducteurs, le téléphone au volant reste une mauvaise habitude très ancrée chez les usagers de la route. 69 % de ces derniers l’ont utilisé en conduisant en 2020, contre 70 % en 2019.

 

Ces chiffres gagnent à être largement diffusés, pour la sécurité de tous : l’usage du téléphone au volant multiplie par 3 le risque d’accident. Entre conduire ou surfer, il faut donc faire un choix…

 

Sans justifier le phénomène, l’explication peut se trouver dans la diffusion du syndrome dit de FOMO (pour "Fear Of Missing Out"), qui renvoie à un besoin irrépressible d'être constamment en relation avec les autres. Il concerne aussi la nécessité de ne rien manquer des dernières actualités ainsi que d'être joignable à tout moment.

 

Anxieux à l’idée d'être coupés du monde, les utilisateurs de smartphones résistent difficilement à l’appel de l’écran qui sonne ou qui vibre, a fortiori dans un monde qui, en temps de crise sanitaire, limite nos contacts physiques et nous invite à privilégier les contacts virtuels.

 

Pour aller plus loin, consulter notre article dédié à la prévention de l’usage du téléphone au volant.

Trottinétistes : les « mauvais élèves » de la mobilité douce

Les confinements successifs et les périmètres de déplacement limités ont incité les Français à adopter de nouvelles habitudes. Les trottinettes électriques ont ainsi de plus en plus la cote pour se déplacer en ville, et effectuer les petits trajets du quotidien.

 

Et c’est une bonne nouvelle, car cette les mobilités douces répondent à de nombreux enjeux :

 

  • moins de pollution,
  • moins d’embouteillages,
  • une diminution de la saturation des transports en commun,
  • moins d’encombrement de l’espace public etc.

 

Toutefois, nous devons tous être vigilants pour minimiser la généralisation des comportements dangereux. Des constats doivent nous inciter à sensibiliser nos proches, pour leur sécurité :

 

  • 40 % des propriétaires ou usagers des trottinettes en libre-service ne connaissent pas en détail la réglementation pour les EDPM (engins de déplacement personnel motorisés) ;
  • 8 sur 10 conduisent sur les trottoirs ;
  • 59 % passent à vive allure à côté de piétons.

 

Ils sont également :

 

 

Vous aussi avez décidé d’adopter ce mode de déplacement ? Découvrez notre guide dédié à la sécurité en trottinette électrique. Des informations à consulter et à partager, sans modération !

Depuis le début de la crise sanitaire, le taux de bons conducteurs est passé de 47 % à 53 %. Globalement, les Français respectent davantage le Code de la route et se montrent plus soucieux des autres usagers.

17e Baromètre : certains chiffres moins satisfaisants pour la sécurité rou-tière…

Les résultats encourageants ne doivent cependant pas occulter un problème persistant : l’usage du téléphone au volant, qui reste encore trop important et dangereux.

 

Certains conducteurs ont également modifié leurs habitudes et privilégient les EDPM pour les courts trajets. Or la multiplication de ces mobilités douces s’accompagne d’une augmentation des risques, en particulier chez les adeptes de la trottinette électrique… Retour en chiffres sur ces différents aspects.

Face à la pandémie, notre réponse a donc été collective, et la bienveillance s’est souvent imposée dans nos comportements, auxquels nos modes de déplacements ne font pas exception.

L’attitude plus vertueuse des usagers de la route : bon point pour la sécurité routière en 2021

Le 17e Baromètre AXA Prévention permet de constater une amélioration notable des comportements des automobilistes entre 2020 et 2021, sur plusieurs aspects :

 

  • La vitesse, avec une baisse sur les différents types de route. 74 % des conducteurs roulent à 10 ou 20 km/h au-dessus de la vitesse autorisée, contre 81 % en 2019 ;
  • La communication entre usagers, ils sont moins nombreux (34 %) à doubler ou tourner sans mettre leur clignotant, contre 41 % l’année précédente ;
  • Le respect de la signalisation, avec de moins en moins de conducteurs (65 %) qui ne s’arrêtent pas au feu orange. Avant la crise sanitaire, ce taux était établi à 71 % ;
  • Les conduites à risques, diminuent elles-aussi : 14 % de conducteurs prennent le volant après avoir consommé des médicaments contre-indiqués lorsque l’on conduit, contre 21 % en 2019.

Téléphone au volant : le point faible des automobilistes français

Un bémol toutefois… Si les conducteurs ont globalement amélioré leur comportement au volant, l’usage du téléphone reste courant pour bon nombre d’entre eux.

 

Ainsi, ils sont 69 % à reconnaître l’utiliser en conduisant, contre 70 % en 2019. 44 % s’en servent pour passer des appels : avant la crise sanitaire, ce taux s’établissait à 46 %. La baisse est donc anecdotique, contrairement aux risques, qui eux, demeurent bien réels… Le smartphone reste un distracteur responsable de nombreux accidents de la route.

 

Utiliser son téléphone en roulant multiplie par trois le risque d’accident. Lire un message s’avère encore plus dangereux, puisque cette action le multiplie par 23.

 

De leur côté, les kits mains libres, les oreillettes ou les casques sont interdits : leur utilisation diminue tout autant la concentration du conducteur. Le Code de la route proscrit également le fait de tenir son téléphone dans la main en conduisant.

 

Vous souhaitez en savoir davantage sur les risques du téléphone au volant, les sanctions possibles et la meilleure solution pour les éviter ? Consultez notre article dédié, et partagez-le autour de vous pour contribuer, à votre niveau, à la sécurité routière de tous les usagers…

Sources

17e baromètre AXA Prévention du comportement des Français sur la route

Trottinettes électriques, EDPM et accidents de la circulation : un risque bien réel en 3 chiffres clés

En 2020 :

 

  • 7 usagers d’engins de déplacement personnels motorisés ont perdu la vie.
  • 431 victimes d’accidents causés par un EDPM ont fait une demande d’indemnisation auprès du Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO).
  • la trottinette électrique est impliquée dans 95 % de ces accidents. [2]

Une consommation de drogues et d’alcool significative associée à la conduite de trottinettes électriques

Parmi les usagers concernés, 44% ont entre 18 et 34 ans, et 87% d’entre eux ont leur permis de conduire en poche. Ils connaissent donc les règles qui s’appliquent à la circulation automobile.

 

Pourtant, le Baromètre AXA Prévention 2021 [lien article relais CP] révèle qu’en 2020, 49 % des conducteurs de trottinettes électriques ont conduit après avoir bu 2 verres d’alcool, et 45 % ont circulé après avoir consommé des stupéfiants.

 

Pour faire baisser ces chiffres, n’hésitez pas à en discuter avec vos proches qui utilisent des trottinettes électriques, et à les interroger sur leur perception des risques encourus.

Téléphone et trottinette électrique : un combo dangereux

L’usage du smartphone pendant les déplacements s’est également accentué depuis le début de la crise sanitaire. S’il était déjà très élevé sur tous les types de trajets, on sait désormais que 78 % des conducteurs de trottinettes électriques téléphonent en roulant. En janvier 2020, ils étaient 55 %, soit 23 points de moins.

 

En dehors des conversations de vive voix :

 

  • 72 % des usagers de trottinettes électriques envoient des SMS en roulant,
  • 65 % consultent les réseaux sociaux, alors qu’il est interdit de circuler avec le téléphone à la main.

 

Le danger associé à ce comportement est directement lié aux informations visuelles auxquelles l’usager n’accède pas, si ces yeux sont rivés sur l’écran. Nous ne le répèterons jamais assez… « Levez les yeux, vous avez la vie devant vous. »

 

Le regard n’est pas le seul sens utile à la conduite en sécurité, notamment en trottinette électrique. L’ouïe est également indispensable pour appréhender son environnement et rester alerte. Or, bien qu’ils soient interdits par la réglementation encadrant les EDPM, les écouteurs sont utilisés par 69 % de trottinétistes.

Sources

[1] Étude Smart Mobility Lab octobre

[2] https://www.fondsdegarantie.fr/?s=trottinette+%C3%A9lectrique

3 chiffres clés de la nouvelle réglementation encadrant l’utilisation des engins de déplacement personnels motorisés [1] :

  • l’engin est exclusivement à usage personnel, le transport de passagers est interdit
  • 25km/h : la vitesse maximale autorisée sur la voie publique
  • 1 500 euros : l’amende pour non-respect de la limitation de vitesse de l’engin

La sécurité autour des trottinettes électriques, enjeu majeur de la nouvelle ré-glementation.

L’utilisation des engins de déplacement personnels motorisés (EDPM) comme les trottinettes électriques, les monoroues, gyropodes ou hoverboards nécessite l’adoption d’un cadre règlementaire pour la sécurité des utilisateurs et pour celle des usagers des trottoirs et des différentes voies de circulation.

Cette nouvelle réglementation est entrée en vigueur le 25 octobre 2019, date de publication du décret. Elle définit les voies de circulation à utiliser par les usagers, la vitesse à adopter, et l’équipement obligatoire à utiliser pour chaque déplacement sur ces engins [1].

Quelles sont les règles de sécurité routière à appliquer ?

1.    La première règle en matière de prévention et de sécurité routière concerne la vitesse autorisée en circulation, en ville notamment. Pour se déplacer sur la voie publique, la vitesse maximale de l’engin doit être limitée à 25km/h.

2.    En agglomération, s’il existe des pistes et voies cyclables, les utilisateurs doivent les emprunter prioritairement .
Si ces voies réservées sont inexistantes ou non praticables, ils peuvent emprunter :
- les chaussées dont la vitesse maximale autorisée est inférieure ou égale à 50km/h
- les aires piétonnes, seulement si cela ne gêne pas les piétons et que les utilisateurs circulent à une allure modérée.

3.    Hors agglomération, l’usager peut utiliser les voies vertes et pistes cyclables.

4.    Enfin, les engins de déplacement personnels motorisés sont strictement interdits de circulation sur les trottoirs, sauf s’ils sont conduits à la main et moteur coupé. Les utilisateurs pourront stationner sur les trottoirs à condition de ne pas gêner la circulation des piétons. Chaque mairie peut cependant choisir d’interdire ce type de stationnement.

Le non-respect de ces règles de sécurité routière entraîne des amendes allant de 35 à 1500 euros.

Y a-t-il un équipement obligatoire de prévention routière applicable aux trotti-nettes électriques ?

Oui, et la nouvelle réglementation définit également des normes d’équipement afin de favoriser la prévention routière. À partir du 1er juillet 2020, l’engin motorisé doit donc être muni :

- d’un système de freinage,

- de feux de position avant et arrière,

- de dispositifs rétroréfléchissants (catadioptres)

- d’un avertisseur sonore [2].

Pour assurer votre sécurité comme celle des autres usagers, le port d’un casque et de vêtements ou accessoires rétroréfléchissants est désormais nécessaire de nuit  (et de jour en cas de visibilité réduite) que ce soit en agglomération ou en dehors [lien article conseils dataviz].

Quelles mesures de sécurité spécifiques pour les enfants en trottinette élec-trique ?

Les enfants de moins de 12 ans ne peuvent conduire de trottinettes électriques ni aucun autre engin de déplacement personnel motorisé [1].

Et pour un usage prudent et responsable de ces dispositifs de mobilité, enfants comme adultes n’ont pas le droit d’utiliser d’appareil audio comme les casques ou les écouteurs pendant leur conduite.

Le saviez-vous ?

Il est obligatoire d’être assuré pour utiliser les engins de déplacement personnels motorisés (y compris les trottinettes en libre-service) avec une assurance responsabilité civile. Cette assurance couvre les dommages causés à autrui (blessure d’un piéton, dégâts matériels sur un autre véhicule, etc.).

Contactez votre assureur pour :

-  adapter votre contrat d’assurance habitation, si nécessaire ;

-  souscrire un contrat d’assurance spécifique afin de vous déplacer sereinement.

Sources :

[1] https://www.interieur.gouv.fr/Espace-presse/Dossiers-de-presse/Les-trottinettes-electriques-entrent-dans-le-code-de-la-route

[2] https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A13647

[3] https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/reglementation-des-engins-deplacement-personnels-motorises-edpm

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