Troisième cancer en termes de fréquence globale en France, le cancer du côlon et du rectum fait l'objet d'un dépistage systématique chez les plus de 50 ans. Lié à des facteurs génétiques, à l'alimentation et à l'hygiène de vie, le cancer colorectal est essentiellement une maladie des pays industrialisés. L'amélioration de son dépistage précoce et de ses traitements a fortement augmenté le taux de guérison ces dernières années.

Le cancer colorectal, longtemps silencieux

Le cancer colorectal touche le gros intestin ou le rectum. Avec une estimation de 45 000 nouveaux cas par an, il est le troisième cancer le plus fréquent et le deuxième plus meurtrier en France, avec environ 17 700 décès annuels. En France, l'âge moyen au moment du diagnostic d’un cancer colorectal est de 70 ans.

Les symptômes restent longtemps silencieux, avant l'apparition des premiers signes (troubles du transit, sang dans les selles, fatigue, amaigrissement…). On estime qu’une lésion précancéreuse de l’intestin se transforme en cancer en 10 à 15 ans, ce qui laisse un temps considérable pour le dépistage.

Un cancer issu de la transformation de polypes

Dans 60 à 80 % des cas, le cancer colorectal se développe à partir de petites excroissances bénignes de la paroi de l'intestin, les polypes. Ceux-ci peuvent être visualisés et éliminés lors d'un examen de l'intestin (coloscopie). Pour dépister et enlever préventivement d'éventuels polypes à risque cancéreux, il est conseillé aux personnes à risque, et à celles dont les selles contiennent des traces de sang, de pratiquer cet examen.

Un cancer dont on connaît les facteurs de risque

Certains facteurs de risque de cancer colorectal ont été identifiés.

Certains ne peuvent pas être modifiés par nos comportements :

  • l'âge : la quasi-totalité des cancers colorectaux sont observés chez des personnes de plus de 50 ans
  • une prédisposition familiale : le risque de cancer colorectal est multiplié par deux à trois si l'un des parents du premier degré (parents, frères et sœurs, enfants) a développé un cancer colorectal 
  • des antécédents personnels : les personnes qui ont déjà eu un cancer colorectal sont plus à risque d'en développer un autre 
  • certaines maladies héréditaires du côlon : par exemple, la polypose familiale adénomateuse ou le syndrome de Lynch
  • les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique.

D’autres facteurs de risque peuvent être évités par des mesures d’hygiène de vie :

  • une alimentation riche en viandes rouges, charcuteries et aliments fumés 
  • une alimentation pauvre en fibres alimentaires (dans les fruits, les légumes, les céréales complètes) 
  • le tabagisme
  • un excès de consommation de boissons alcoolisées
  • l’obésité.

Le cancer colorectal est plus fréquent dans les pays industrialisés, probablement à cause des modes alimentaires adoptés (apport calorique élevé, consommation insuffisante d'aliments riches en fibres) et de la sédentarité qui y règne.

Un dépistage organisé et gratuit de 50 à 74 ans

En France, un test de dépistage du cancer colorectal est systématiquement proposé, tous les deux ans, aux personnes âgées de plus de 50 ans et de moins de 74 ans (l'âge au-delà duquel le dépistage systématique ne semble plus avoir d'intérêt).

Ce test de dépistage, appelé FIT ou test immunochimique, est gratuit. Il repose sur la détection de traces de sang dans les selles (un signe de cancer colorectal, mais également d'autres maladies). Lorsque ce test est positif, une coloscopie (un examen de la paroi du côlon à l'aide d'une sonde souple) est effectuée afin de déterminer l'origine des saignements.

Tous les deux ans, les personnes concernées reçoivent une invitation à aller retirer un kit de dépistage chez leur médecin traitant. Le test consiste à effleurer des selles fraîches avec un bâtonnet qui sera placé dans un liquide spécial et envoyé par la Poste.

Le cas particulier des personnes qui ont des antécédents

Les personnes qui ont des antécédents personnels (détection de polypes ou de cancer colorectal par le passé) ou familiaux (cas de cancer colorectal chez un parent, un frère ou une sœur, maladies auto-immunes ou génétiques prédisposant à ce cancer) ne doivent pas faire le test de dépistage organisé.

Dans leur cas, le dépistage passe par des coloscopies régulières (qui permettent d’enlever préventivement les polypes qui pourraient dégénérer), le plus souvent dès l’âge de 40 ans.

En cas de doute, demandez conseil à votre médecin traitant.

Lire la suite