La piétonnisation de l’espace urbain englobe un certain nombre d’enjeux : mobilités douces, changement climatique, santé publique, ou encore développement économique des centres-villes...

Selon une enquête sur la mobilité des Français réalisée en 2019, 23,5% de nos déplacements quotidiens s’effectuent à pied [1]. Et d’après le Baromètre AXA Prévention 2021, les confinements successifs liés à la crise sanitaire ont augmenté la marche de 20%, rendant le sujet des « villes marchables » plus d’actualité que jamais.

Focus sur l’initiative « Baromètre des villes marchables »

Plusieurs organisation (dont la Fédération Française de Randonnée) mènent actuellement une grande enquête visant à mieux comprendre les besoins et les aspirations des piétons dans l’espace urbain.

 

Cette initiative, soutenue par l’ADEME, mais aussi les ministères des Sports, de la Transition écologique et des Transports, livrera ses résultats au printemps 2021.

 

En la matière, chacun a son mot à dire : vous pouvez participer en complétant le formulaire en ligne.

Comment évaluer la « marchabilité » d’un lieu ?

Depuis le début des années 2000, l’ensemble des conditions de circulation à pied dans un lieu donné est évalué à l’aide de différents outils par les pouvoirs publics.

 

Ces derniers, conscients de l’importance du développement des mobilités douces au sein des villes, compilent différentes données. Il peut s’agir notamment de relever :

 

  • La largeur des trottoirs, et l’existence d’aménagements dédiés aux personnes circulant à pied (passages piétons, rues piétonnes) ;
  • Le sentiment de sécurité ou de danger perçu par les usagers de la voie publique ;
  • La pertinence et l’efficacité de la signalétique mise en place.

Piétonnisation et sécurisation des déplacements : des réflexes simples à adopter

Lors de nos déplacements à pied, l’adage « voir et être vu » est à prendre en compte en toutes circonstances, pour faire gagner la prévention.

 

Bien voir, c’est avant tout être attentif à son environnement et donc disponible. Pourtant l’usage du téléphone portable pendant nos déplacements à pied est extrêmement fréquent : 85% des piétons [2] ont les yeux rivés sur l’écran en marchant. SMS, photos, mails ou consultation des réseaux sociaux… le bon réflexe est de faire une courte pause afin de ne pas vous mettre en danger. Attention également aux écouteurs dans les oreilles, ils nous isolent des bruits extérieurs et nous empêchent d’entendre des signaux d’avertissement importants pour notre sécurité.

 

Et pour être vu ? La nuit, ou par temps pluvieux, nous pouvons privilégier les tissus aux coloris clairs, plus visibles de loin. Ou enfiler un vêtement réfléchissant par-dessus notre tenue.

 

Avant de nous engager sur un passage protégé, même si les piétons sont prioritaires, il ne faut pas hésiter à chercher du regard les conducteurs de voiture et autres usagers de la route, afin de nous assurer qu’ils nous ont vu.

 

Enfin, on ne peut que trop recommander de porter une attention toute particulière aux sorties de garages, aux pistes cyclables ou encore aux parkings : dans certains cas, les autres usagers doivent s’avancer pour avoir un minimum de visibilité…

 

Des bonnes pratiques de sécurité routière à rappeler à nos proches, lorsque l’occasion se présente, pour la sécurité de chacun.

Accidents en ville : les piétons particulièrement vulnérables

Les piétons sont, avec les cyclistes, les principales victimes des collisions dans les espaces urbanisés. Parmi les près de 500 piétons tués en France en 2019, la majorité circulait en ville [1]. Les seniors représentent plus de la moitié de ces victimes.

Marche à pied en ville : les droits et les devoirs du piéton

On l’oublie souvent, mais le code de la route encadre également les droits et devoirs du piéton.

 

Ainsi, l’article R412-34 stipule que la personne circulant à pied a l’obligation de marcher sur les trottoirs et accotements. En l’absence de ce type d’aménagements, le piéton peut emprunter les autres parties de la route. Par extension, il n’est donc pas autorisé de marcher sur les pistes cyclables, or 45% des piétons admettent circuler sur ces voies [2].

 

Si le piéton est prioritaire lorsqu’il s’engage sur la chaussée (article R.415-11), cela ne signifie pas qu’il doit s’imposer au détriment de sa sécurité.

Enfin, selon l’article R.412-37, s’il existe un passage piéton à moins de 50 mètres, vous avez l’obligation de l’emprunter : votre sécurité passe par le respect de cette règle simple. En adoptant tous un comportement plus responsable, faisons baisser le chiffre de 75% des piétons déclarant traverser régulièrement en dehors des passages prévus à cet effet [2].

 

Et si un feu tricolore régule la circulation, vous ne devez vous engager sur la chaussée que lorsque le pictogramme piéton de couleur verte s’affiche.

Villes marchables : les bienfaits pour la santé et la planète

Réduction de certaines maladies chroniques, diminution du stress, maintien du poids de forme… Les bienfaits de la marche sur notre santé sont démontrés depuis longtemps.

 

Côté écologie, chaque déplacement à pied permet également de ne pas contribuer à l’intensification des embouteillages, et à l’émission de gaz à effet de serre.

 

En bonus, la marche reste le mode de déplacement le plus économique qui soit. Des arguments en faveur de la piétonnisation à faire valoir aussi autour de vous, pour le bien-être de vos proches.

Sources

[1] https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/comment-les-francais-se-deplacent-ils-en-2019-resultats-de-lenquete-mobilite-des-personnes

[2] Baromètre AXA Prévention 2021 du comportement des Français sur la route.

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